Hymne au soleil de Edmond Rostand

Hymne au soleil

 

Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !

Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !

Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails !

C’est toi qui, découpant la sœur jumelle et sombre
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !

Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéose !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu’elles sont !

Edmond Rostand (1868-1918)

Editions Zulma

Les Editions Zulma proposent l’envoi d’un roman, nouvelle par jour. Pour cela, il suffit de s’inscrire :

Une nouvelle pour échapper aux nouvelles

J’ai reçu :

Belles découvertes et Prenez soin de vous !!

 

Festival Quais du polar 2020 virtuel

Annulée pour cause de confinement, la manifestation lyonnaise se réinvente sur Internet avec plusieurs événements prévus ce week-end.

Du 3 au 5 avril, nous vous invitons à vivre le festival de votre canapé, en toute sécurité.

Auteurs, éditeurs, libraires se sont prêtés au jeu, voici le programme que nous vous proposons pour ce week end polar :

L’ Azur de Stéphane Mallarmé

 L ‘ Azur

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poète impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

– Le Ciel est mort. – Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angélus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !

 

Le Mystérieux évadé de Daniel Devaux

Au Siècle des Lumières, en 1756.
Imaginez un homme, jeune, intelligent et bien de sa personne, un peu retors et emprisonné — injustement évidemment — dans la célèbre Prison des Plombs à Venise.
Il se réveille un matin en France, de nos jours, complètement nu et au milieu d’une vaste pelouse.
Tout lui est étranger.
Comme cet objet étonnant, plat et orné au dos d’une gravure représentant une pomme croquée. Il s’illumine parfois en émettant un son et — le croirez-vous ? — son possesseur le porte alors à l’oreille et parle !
Naturellement, son comportement atypique et ses réactions curieuses étonnent tout le monde.
Trop. Car on le traque.
Mais par bonheur, il peut compter sur l’aide de Sébastien et de ses deux amies.
Lui — mais est-ce bien lui ? — il n’a qu’une seule envie, une obsession : retourner avec leur aide à Venise…et en 1756.
Est-ce raisonnable, ou même sensé ?
Réussira-t-il enfin à revenir chez lui ? Et surtout à son époque ?

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Cette lecture est une lecture imposée. Ce livre est en lice pour le Prix de la Reine Mathilde de Cheux.

Que diriez-vous de vous réveiller un matin sur une pelouse, alors que la veille vous vous trouviez dans une cellule de prison à Venise, en 1756 ? C’est ce qui est arrivé à cet homme qui se nomme Giacoma Girolamo Casanova .

Ce thriller fantastique va nous plonger dans la Venise du XVIII siècle et la Normandie du XXI siècle.

Giacoma a tenté une expérience insolite, être propulsé dans la Venise du XVIII siècle. Il oscille entre deux mondes, et là le retour est plutôt inattendu, Giacoma au XXI siècle est inconnu de ses concitoyens , comment est-ce possible, alors qu’il était célèbre dans sa Venise ?

Dans la Normandie du XXI siècle, cet homme présente deux identités, il peut être soit Giacomo, soit le célèbre Jacques Cazeneuve qui a tenté et réussi son voyage dans le temps.

«  Tu te rends compte Jacques Cazeneuve en italien peut se traduire par Giacomo Casanova « 

Les us et coutumes sont différentes.

P 161 « Dans la société qu’il connaissait les femmes dévoilaient volontiers la naissance, et même parfois plus, de leur poitrine. Mais elles dissimulaient leurs jambes et la vue d’une cheville dévoilée fugitivement provoquait, chez les hommes, les plus vifs émois.

Ici, c’était l’inverse. Anne exhibait généreusement ses jambes, semblant trouver cela normal, alors que ses épaules et sa poitrine étaient recouvertes d’un mantelet léger. Pourtant, malgré sa mine hardie, elle ne se conduisait pas comme une courtisane. »

Qui sera -t -il demain au réveil ? l’homme du XVIII siècle ou celui du XXI siècle ? Chaque soir, il écrit des notes afin de les trouver le lendemain matin suivant son identité en ayant une trace de la veille.

Une histoire loufoque mais agréable à lire, un voyage dans le temps qui nous fait réfléchir sur les us et coutumes de ces époques si différentes.

Daniel Devaux – Le mystérieux évadé – ISBN : 2378737904 – Éditeur : Ex Aequo (30/10/2019)

Ballade de printemps de Antoine Livic

Dites-moi, gentille hirondelle
Que j’attends depuis si longtemps,
Tu viens de loin à tire-d’aile
Sur un nuage, portée par le vent.
Sous ma fenêtre, cette nacelle
C’est ton abri, ta citadelle,
Ton château fort d’un autre temps.
Je t’aperçois, petite oiselle,
Et demain sera le printemps.

Dites-moi, blanche tourterelle,
Etes-vous la colombe d’antan
Qui chantait la paix perpétuelle
En refrain gai et roucoulant ?
C’est le ramage d’une pastourelle
Ou bien l’écho, la ritournelle
Dans la bouche du petit enfant.
Sa voix chante comme une crécelle
Que demain sera le printemps.

Dites-moi, gente demoiselle,
Mon âme en peine depuis trois ans
N’a céans revu votre ombrelle
Ni entendu vos rires charmants,
Vous n’êtes plus cette jouvencelle
Qui jouait jadis à la marelle.
Oh, donnez-moi quelques instants
De vrai bonheur sous cette tonnelle
Quand demain sera le printemps !

Poète, si la Muse t’ensorcelle,
Après l’hiver, son mauvais temps,
Prends le pinceau et l’aquarelle
Et vient donc peindre le printemps !

Antoine Livic, Chants d’écume suivi de Fleurs fanées, 2017

 

Né en 1951 à Villers-Canivet dans le Calvados, Antoine Livic, ancien élève du Lycée Louis Liard de Falaise, après une carrière dans la Marine nationale, est entré dans l’Administration tout en reprenant ses études. Passionné de littérature et de poésie classique, la retraite lui permet de se consacrer davantage à l’écriture en remettant en forme ses cahiers de poésie regroupés dans un premier recueil publié en septembre 2017.

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