Le Lundi, c’est poésie ! Sonnets pour Hélène de Pierre de Ronsard

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle

Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle !

Lors, vous n’aurez servante oyant1 telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard – 1578

En attendant Bojangles de Ingrid Chabert, Olivier Bourdeaut, Carole Maurel

C’est un univers particulier qui s’offre à nous, Georges et sa femme dansent dans le salon sur la chanson de Nina Simone, M. Bojangles , sous l’œil de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique. L’oiseau, qui souvent, est promené en laisse. L’enfant découvre le monde, leur monde où tout est parfait. Les parents reçoivent des amis, laissent le courrier s’accumuler, n’ouvrent pas les lettres.La mère est extravagante.

Mais à l’école , des règles strictes s’appliquent, l’enfant doit s’y soumettre. Une seule solution, l’enfant suivra l’école à la maison, sous la direction de son père.

Le narrateur est le petit enfant, le père intervient parfois dans cette histoire loufoque.L’amour unit tous les membres de la famille.

Les couleurs douces et chatoyantes des planches changent suivant les humeurs du personnage féminin. Sous cette joie de vivre, cette euphorie se cache la maladie, sournoise qui envahit , mais on l’oublie en écoutant l’air de Nina Simone.

Le lecteur retient l’évasion légère, le rythme musical, l’intense liberté des personnages et le merveilleux amour.

J’ai bien aimé la construction du récit qui se fait à deux voix .

Cette BD est un conte fantasque , un récit d’amour fou et tendre. Une écriture musicale où se cache dans un univers décalé, un drame à venir.


EAN : 9782368461099
104 pages
Éditeur : Steinkis Éditions (01/11/2017 )

Le lundi, c’est poésie: Chanson de Pierre de Ronsard

Le printemps n’a point tant de fleurs,
L’autonne tant de raisins meurs,
L’esté tant de chaleurs halées,
L’hyver tant de froides gelées,
Ny la mer a tant de poissons,
Ny la Beauce tant de moissons,
Ny la Bretaigne tant d’arenes,
Ny l’Auvergne tant de fonteines,
Ny la nuict tant de clairs flambeaux,
Ny les forests tant de rameaux,
Que je porte au coeur, ma maistresse,
Pour vous de peine et de tristesse.

Pierre de Ronsard

Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson

L’auteur souhaite traverser les Cévennes, il prépare ses bagages. Le jeune Stevenson n’est pas un grand aventurier, Son compagnon de route sera Modestine, une ânesse, qui portera son fardeau. Les débuts furent difficiles, il l’avait chargée de son bât et ses bagages . Il pestera souvent contre Modestine qui ne veut pas avancer. Il peste contre les locaux, (les Cévenols) ou contre la nuit , qui tombe trop vite.

Je vous prie de le croire, le gourdin ne demeurait point inactif. J’estime que chaque pas convenable que faisait Modestine doit m’avoir coûté au moins deux coups bien appliqués. On n’entendait d’autre bruit dans les alentours que celui de ma bastonnade infatigable. »

Peu à peu la complicité s’installe entre Robert Louis Stevenson et Modestine. Les paysages dévoilent leur beauté. Chaque soir, Stevenson relate sa journée, sur un petit cahier.L’auteur semble tombé sous le charme de la région et, vous l’imaginez, amoureux de sa compagne quadrupède. Stevenson décrit les guerres de religion sévissant dans cette région dans les années 1703.

La lecture est agréable, les lieux traversés empreints de poésie . J’ai eu l’impression de faire partie du voyage. sous la pluie, dans les sous-bois.

Robert Louis Stevenson a une plume alerte, parfois drôle.

Depuis 20 ans , une association fait la promotion de ce voyage pédestre et que tout au long du parcours emprunté par Stevenson, on voit fleurir sur les bars, boutiques ou restaurants un petit panonceau à son effigie.


On vend aussi des guides, des cartes détaillées ou des cartes postales présentant le parcours, une manière de mini chemin de Saint Jacques de Compostelle cévenol pour randonneurs amis des lettres.

Je l’ai lu en version numérique.

Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson.

Robert Louis Stevenson est un écrivain britannique né le 13 novembre 1850 à Édimbourg et décédé le 3 décembre 1894 dans l’archipel des Samoa. Disposant d’une santé fragile, il effectue de nombreux voyages, dont il saura s’inspirer lors de l’élaboration de ses récits comme Voyage avec un Âne dans les Cévennes (1879). Dans l’Angleterre victorienne, il devient rapidement l’un des nouvellistes et romanciers les plus réputés, notamment après l’édition de L’Île au Trésor (1883) et L’Étrange Cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde (1886). 

Quatrième de couverture ;

Ce roman est le compte rendu à la fois nostalgique et espiègle de la randonnée qu’effectua Stevenson avec une ânesse obstinée dans les Cévennes en 1878. Tandis que l’animal réinvente, à mesure de sa fantaisie, le chemin du voyage, son maître se prend peu à peu aux joies de l’errance. Éloge de la lenteur et du goût pour l’inutile, Voyage avec un âne dans les Cévennes nous invite «à voir le monde comme une bohème non pas vraiment raffinée, mais glorifiée et pacifiée.» (Henry James)

Le Lundi, c’est poésie : En automne de François Coppée

En automne

Quand de la divine enfant de Norvège,
Tout tremblant d’amour, j’osai m’approcher,
Il tombait alors des flocons de neige.


Comme un martinet revole au clocher,
Quand je la revis, plein d’ardeurs plus fortes,
Il tombait alors des fleurs de pêcher.


Ah! Je te maudis, exil qui l’emportes
Et me veux du cœur l’espoir arracher!
Il ne tombe plus que des feuilles mortes.


François Coppée, L’Exilée (1877

Le CHAT déambule !

Caen accueille une exposition impressionnante de vingt sculptures monumentales en bronze dans laquelle le Chat, comme à son habitude, fait rire, questionne et touche par les sujets profonds qu’il aborde avec légèreté.

L’exposition s’intitule « Le Chat déambule » et a été auparavant présentée sur les Champs-Elysée à Paris puis sur les quais de Bordeaux. Ce projet, Philippe Geluck, le papa du Chat, le porte en lui depuis de nombreuses années.  » Les premiers dessins que j’ai publiés à l’âge de 16 ans ont été très vite accompagnés de petites sculptures que je fabriquais et qui accompagnaient un tableau, un dessin ou une installation. Sculpter Le chat, je me suis mis à le faire en 1987, quand il a eu quatre ans. C’est venu très vite et ça ne m’a jamais quitté. Si on y réfléchit, tous les sculpteurs ont été des dessinateurs au départ. Rodin a fait des dizaines de milliers d’aquarelles magnifiques – je ne me compare pas à Rodin – et Michel ange, un autre confrère, faisait aussi des tableaux qui étaient pas mal », raconte le dessinateur belge, dans un sourire teinté d’humour qui le caractérise.

Vous trouverez plus de renseignements sur son créateur ici

Les photos ©livresd’unjour.

Le Lundi, c’est poésie : Le poème japonais de Stephen Moysan

Soir d’automne –
Il est un bonheur aussi
Dans la solitude.

De temps en temps
Les nuages nous reposent
De tant regarder la lune.

Rien qui m’appartienne
Sinon la paix du cœur
Et la fraîcheur de l’air.

Buson – Basho – Issa

L’oubliée de Florian Dennisson

Florian Dennisson est un auteur indépendant.

Merci pour ce partenariat à NetGalley, à Florian Dennisson ,et aux Éditions Chambre Noire.

J’ai eu le plaisir de retrouver l’écriture de Florian Dennisson que j’avais appréciée dans « La liste « .

Nous retrouvons dans ce nouvel opus, le gendarme Maxime Monceau, qui va devoir de nouveau se servir de ses connaissances en synergologie et de son étude du langage non verbal.

Victoria a disparu depuis onze ans, aucune trace. Les enquêtes n’ont rien donné. Chaque année, ses parents reçoivent une lettre le jour de son anniversaire qui leur dit que leur fille va bien , mais qu’ils ne la reverront jamais.

« Madame, votre fille va bien. Cette année encore, elle fêtera son anniversaire en ma compagnie. Ayez une pensée pour elle, car vous ne la reverrez jamais. »

Cette année sera une année différente, puisque Victoria est revenue. Victoria réapparait brusquement ; après avoir échappé à son ou ses ravisseurs, une course effrénée en forêt, elle est prise en stop par un pervers, elle provoque un accident de la voie publique, et se retrouve face aux gendarmes. Elle va donc leur raconter son histoire, ce qui lui est arrivé il y a onze ans. Le ou les kidnappeurs sont dans la nature, y – a-t-il d’autres victimes ?

L’interrogatoire est réalisé par Maxime qui exploite tous ses talents. L’enquête s’avère difficile. Boris, son binôme est méfiant quant à ses pratiques. Victoire retrouve ses parents, sa mère l’accueille à bras ouverts, son père est plutôt taciturne. Sa famille semble spéciale, très portée sur la religion, limite adepte d’une secte.

Le rôle de l’adjudant chef Maxime Monceau sera déterminant, car lui aussi a eu une enfance perturbante. Il vivait dans une famille sectaire, auquel il a échappé, non sans lui laisser de terribles souvenirs.

L’enquête est décryptée peu à peu, nous laisse entrevoir une partie de la vérité. Une enquête bien menée, des rebondissements, un style fluide, des personnages attachants.

Maintenant j’attends la suite, cela ne peut pas se terminer comme cela, n’est-ce pas Florian Dennisson ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°10 ]

Le lundi, c’est poésie !

Automne

Vois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil,
Se gonfler doucement aux regards du soleil !
Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde,
L’emplit, on le dirait, de volupté profonde.

Sous les feux d’un soleil invisible et puissant,
Notre coeur est semblable à ce fruit mûrissant.
De sucs plus abondants chaque jour il enivre,
Et, maintenant mûri, il est heureux de vivre.

L’automne vient : le fruit se vide et va tomber,
Mais sa gaine est vivante et demande à germer.
L’âge arrive, le cœur se referme en silence,
Mais, pour l’été promis, il garde sa semence.

Ondine Valmore

Les sanglots longs des violons de l’automne de Michel Ruffin

Le titre du roman historique de Michel Ruffin ne vous est peut-être pas totalement étranger. En effet, « Les sanglots longs des violons de l’automne », est une phrase tirée de l’un des poèmes les plus célèbres de Paul Verlaine, Chanson d’automne. Ils ont servi, en 1944, à annoncer… le Débarquement en Normandie

Ce roman débute en février 1940, à Caen, où de nombreux quartiers ont été détruits. L’auteur raconte les bombardements et surtout ceux de la ville de Caen. Un enfant Lucien, alias Lulu échappe aux bombes.

Il y avait des bombardements jour et nuit, sans cesse : ceux des Américains, les ripostes des Allemands… C’était l’enfer total !

Il va traverser la Normandie pour retrouver des membres de sa famille. Il chapardera pour pouvoir survivre. On va le voir grandir au fil des pages. Bien souvent, il devra fuir pour échapper à des mauvaises situations.

De petit garçon, il est devenu adulte. Il n’oubliera pas les années passées.

Par ce livre, l’auteur rend hommage à ces victimes, et en particulier à son frère. Il ne souhaite pas que tous les faits passés pendant la guerre tombent dans l’oubli. Cette histoire n’est pas seulement sortie de l’imagination de l’auteur, mais elle s’appuie sur des faits historiques.

Ce fut une agréable lecture.

Michel Ruffin EAN : 9782490742264
370 pages
Éditeur : L.B.S (23/03/2021)

Quatrième de couverture :

Un gamin livré à lui-même va vivre l’Occupation puis l’enfer du débarquement sur la côte normande. Il perdra tout, à commencer par sa famille et ses amis. L’apocalypse durera plus de deux mois. C’est un enfer que va connaître la population et la ville sera dévastée. Ce sera ensuite la longue errance de l’orphelin à travers une Normandie en ruines. Ce voyage sans objet, si ce n’est celui de la survie, va le conduire à des situations dramatiques et extraordinaires.