La Bête de Jean-Christophe Guelpa

Roman Policier – La bête – Jean-Christophe Guelpa – Éditeur Librinova – ISBN: 9791026237471

Ce roman s’ouvre sur la mort étrange d’un chat dans le parc qui surplombe la ville de Montréal. Suite à cet incident plutôt banal, plusieurs personnes sont violemment agressées et tuées. Les victimes ont subi des morsures et de profondes griffures. Une enquête est alors ouverte, mais une question demeure : quel animal a bien pu faire une chose pareille ? Face à ces questions sans réponses, des zoologistes, une informaticienne au look déjanté, un sergent géant et même un profileur anglophone se joignent au travail des enquêteurs. Et si les agressions n’étaient pas l’œuvre d’un simple animal ? Un roman envoûtant, qui plonge le lecteur dans une ambiance mystérieuse !

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Merci à NetGalley et aux Éditions Librinova pour ce partenariat.

L’histoire se passe à Montréal, au Québec . L’auteur est né à Paris et vit dans ce pays depuis quelques années. Des expressions québécoises parsèment le récit, ce qui ne m’a pas gênée .

Mimolette était une petite chatte tranquille, sortie juste se promener. Elle n’est pas rentrée dans son foyer, où sa maîtresse fut désemparée de ne pas la voir revenir. Ce pauvre animal fut tuée de façon atroce, quel animal peut tuer de la sorte, en laissant une odeur nauséabonde ?

Le vétérinaire évoque l’attaque d’un carcajou, tout en restant perplexe. Y – a -t – il cette sorte d’animal à Montréal. Il semble ne pas pouvoir résoudre cette affaire seul. Après le chat, un homme cette fois a été attaqué. Est-ce possible qu’un carcajou s’en prenne à un humain. « Un carcajou n’a pas de griffes si grosses. »Une spécialiste va être contactée afin de clarifier la situation et de trouver le coupable. D’autres morts s’ensuivent toujours aussi mystérieuses, et ayant toutes le même point commun. Les contours des plaies sont toutes griffées et les phanères du chat et des hommes dégagent une odeur nauséabonde.

Une éthologue va se joindre à cette équipe pour déterminer qui peut être l’auteur de ces morts.

L’enquête est intéressante, pleine de rebondissements. Des chapitres courts en italique  se glissent à travers les autres pages. D’un côté il y a l’enquête et de l’autre la vie de ceux qui mènent celle-ci. Les conjoints subissent les inquiétudes, et parfois se les approprient un peu trop.

Le mystère s’intensifie…jusqu’à la révélation finale.

j’ai passé un bon moment de lecture, j’ai appris beaucoup de choses concernant certains animaux. je vais regarder les écrits précédents de cet auteur.

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Septembre de Henri de Rénier

Septembre

Septembre ! Septembre !
Cueilleur de fruits, teilleur de chanvre,
Aux clairs matins, aux soirs de sang,
Tu m’apparais
Debout et beau,
Sur l’or des feuilles de la forêt,
Au bord de l’eau.
En ta robe de brume et de soie,
Avec ta chevelure qui rougeoie
D’or, de cuivre, de sang et d’ambre
Septembre !
Avec l’outre de peau obèse,
Qui charge tes épaules et pèse,
Et suinte à ses coutures vermeilles
Où viennent bourdonner les dernières abeilles !
Septembre !
Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne
Aux cruches ;
La cave embaume, le grenier ploie ;
La gerbe de l’été cède au cep de l’automne,
La meule luit des olives qu’elle broie.
Toi, Seigneur des pressoirs, des meules et des ruches,
O Septembre ! chanté de toutes les fontaines,
Écoute la voix du poème.
Le soir est froid,
L’ombre s’allonge de la forêt
Et le soleil descend derrière les grands chênes.

Henri de REGNIER

Petits morceaux de vie rock’ambolesques de Fanny Simon

Roman – Librinova – 10 octobre 2018.

ISBN :9791026223719

Quand Lucie reprend son poste de conseillère entreprise après son congé maternité, elle est loin de se douter que cette année va être mouvementée. Elle réalise que la quarantaine se rapproche vite, trop vite. Elle fait le bilan de la dernière décennie et se pose beaucoup de questions sur sa vie, sur la vie en général. Entre nostalgie et angoisse du futur, elle chemine dans son quotidien : mésaventures professionnelles, gestion de sa tribu, son mari qui s’éloigne, son collègue qui se rapproche, sa famille et ses secrets et son amie d’enfance fidèle et délurée.
Un jour, elle commence à recevoir des messages mystérieux qui vont la chambouler et la mener bien plus loin qu’elle ne peut s’imaginer. Entre curiosité, peur, émotions, rires, colère, surprise, sa quête prend des allures comiques sur fond de palpitations.
La vie de Lucie va changer radicalement.

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Si vous voulez une lecture « feel good « , vous pouvez prendre ce livre. Ce fut une lecture imposée, mais très agréable à lire.

On va suivre la vie d’une jeune femme , Lucie, une vie banale. Sa vie n’est pas calme, elle a trois enfants et un mari à la maison. Ce n’est pas du repos à longueur de journée. Elle travaille.

Nous voilà sur la route du travail, pour Edouard, comme pour moi. Encore une longue journée fatigante pour lui. Moi je ne sais pas trop ce qui m’attend. Je ne sais pas ce qui m’attend pour la simple et bonne (ou pas d’ailleurs) raison qu’aujourd’hui, c’est la rentrée pour moi aussi. Je reprends le travail après neuf mois d’arrêt. Un cumul « congés pathologiques, congé maternité,  congés payés ».

Alors quand elle commence à recevoir des lettres d’un anonyme qui lui veut du bien, on sent que cela la touche, la bouleverse .

Imaginez si vous receviez une lettre d’un anonyme, quelle serait votre réaction ? Cet « ami » va lui proposer des défis à réaliser, bien sûr sans en parler à sa famille. Lucie va renaître à la vie.

D’ailleurs, j’ai été ravie de voir qui écrivait ces fameuses lettres. En tout cas, chaque nouvelle aventure vécue par Lucie m’a vraiment plu et j’ai été très touchée par sa quête du bonheur perdu.

Ce roman est une bouffée d’oxygène qui se lit très vite. Le roman est court. C’est un premier roman . L’écriture est fluide, roman d’humour et d’émotions.

 

La Rochelle, la Rebelle de Nadège Gorek

Enfermée dans un bureau gris
Barbara, Anis ou Muse comme seule compagnie
Des heures à hurler les chansons sans trouver le tempo
Effluves montagnardes persistantes qui vous collent à la peau
Ragots et rancœur en cadeau
Stress et épuisement comme fardeau

Je me souviens du jour où j’me suis dit
Que si je ne partais pas, je serais engloutie

Soirée déconnectée du réel de ma vie
Nous marchions main dans la main
Ravis et émerveillés comme des gamins
L’air était doux, d’embruns envahis
Sur les pavés historiques tendrement
Nous marchions les yeux scintillants 
Privilège de l’âge et des amants

Je me souviens du soir où j’me suis dit 
Que si je n’osais pas, c’est une part de moi qui serait trahie

Soumise ou plutôt perdue trop longtemps
Libération momentanée, suspendus instants
Nous avancions dans la ville 
Réunis le temps d’un été, divine idylle

Les tours devant moi
Les lumières en reflet sur l’océan
Les cliquetis des mâts 
L’effervescence du mois d’août trépidant 
Les bars et restaurants au mille couleurs
Les fruits de mer et poissons à profusion
Et ces étoiles dans le ciel
Promettant mille merveilles

Je me souviens de cette nuit où j’me suis dit
Que j’allais partir et vivre ici

Si j’y suis, c’est un peu grâce à toi
Mon tendre et bel ami 
Qui m’aura conquis 
Comme une jeune femme d’autrefois 
La Rochelle, dite La Rebelle
C’est une part de moi
Douce, passionnée et indisciplinée
Elle me ressemble et rassemble
Les morceaux de mes récits et de mes émois

La Rochelle, dite La Rebelle
Que j’ai découverte dans tes yeux
Au travers desquels je me sentais si belle
Et y ont ajouté cet océan voluptueux 
Les années ont passé 
Mais ce moment je ne l’ai pas oublié.

Nadège Gorek

Après la Bretagne, je continue par ma région natale. La Rochelle est la ville où j’ai vu le jour. J’aime y retourner de temps en temps.

Enquête sous les galets de Marc S.Masse

Dieppe, 19 août 1942. L’opération Jubilee est lancée. Les troupes alliées sont clouées sur les plages de Dieppe par la riposte des Allemands. Terrible échec, dont la moitié des troupes engagées ne reviendra pas. Alan Carpenter, un soldat canadien, recueilli et caché par une famille française, parvient à échapper à cet enfer.
Soixante-quinze ans plus tard, Lionel Darsan, un consultant indépendant est chargé de retrouver cette famille. Cette démarche réveille un passé que certains ont intérêt à ne pas voir revenir au grand jour.

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Nous sommes en Normandie, et 75 ans plus tard, Lionel Darsan est chargé de retrouver la famille qui a hébergé ce jeune soldat canadien.  Mais au fur et à mesure que son enquête avance, une série de meurtres se propagent, jusqu’à ce qu’il soit lui aussi accusé de meurtres.

Le motif de la guerre est un bon sujet pour un thriller, mais l’auteur nous mène à une réflexion, sur le « poids » du passé.  Les secrets de famille sont-ils toujours dévoilés aux descendants, si oui en accepte t-on toujours les conséquences ? Est-il plus facile de mentir pour échapper à la vérité ?

J’ai aimé suivre cette enquête dans ce coin de Normandie. J’ai voyagé de Dieppe à Notre Dame-de-Bonsecours ou encore Neufchâtel-en-Bray. J’ai appris un pan d’histoire que je ne connaissais pas.

« Enquête sous les galets » de Marc S. Masse, éditions Les Falaises, 319 pages. 18 €.

Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac

Roman Noir  – JCLattés -04/09/2019

Au centre, il y a Philippe. Philippe qui vit dans une cité et passe ses journées à traîner, fumer et piquer des bières au centre commercial. Philippe, entouré d’une mère qui le déteste ouvertement, d’un père effacé qui a renoncé depuis longtemps et d’un frère aussi beau que bête.À côté, il y a Bruno, son pote baroudeur et destroy. Bruno qui raconte qu’il a fait le tour du monde, a connu les plus belles femmes, qu’il n’est là que de passage, avant son prochain voyage.Autour, il y a Gros Riton, P’tit Louis, Mme Piccini, La Vieille, Flora avec ses seins d’enfant et Anne, la plus moche des moches. Et puis il y a les canards du parc qui s’étouffent avec des bouts de plastique, les grues et les murs qui tiennent avec les dealers, les gamins qui crient trop fort aux pieds des barres d’immeubles.Les petites violences du quotidien n’atteignent pas Philippe, tant qu’il y a de la bière et les histoires de Bruno pour inventer un autre horizon que celui des tours de béton.Jusqu’à ce qu’un drame vienne pulvériser son équilibre de papier et déclenche la bombe à retardement..

Je remercie NetGalley et les éditions JCLattés pour ce partenariat.

J’avais aimé le premier roman de Nathalie Sauvagnac, celui-ci est un roman noir. Immersion totale dans la vie de banlieue avec Philippe, jeune homme qui erre, il ne sait pas quoi faire. Il n’a pas de travail . Il a une famille qui ne s’intéresse pas à lui. Une mère qui ne voit que son fils ainé, Arnaud, qui  lui  travaille. Le père ne dit jamais rien, les jumeaux  reçoivent des gifles tout le temps.

Il a des amis qui n’en sont pas vraiment. Il partage avec eux  des moments de beuveries. Sa vie se résume à pas grand chose. Quel sera donc son avenir ? Continuer de squatter , de rencontrer ses potes qui espèrent un avenir meilleur, de glaner quelques caresses auprès de jeunes filles. Est-cela la vie ?

«  »Je ne me construis aucun souvenir, je ne serai pas différent dans vingt ans, ni même le jour où je mourrai. Rien ne changera ce jour-là, pour personne. »

L’auteur nous décrit une vie de banlieue, une vie dans la cité. Elle décrit cette vie avec des mots durs et violents. Elle maitrise l’art de nous immiscer dans cette vie, de nous montrer les méandres de cette banlieue.

Philippe n’est que souffrance, et un événement va le faire basculer. tout s’enchaîne, et la fin inéluctable arrive.

Roman coup de poing que je vous recommande de lire !!

Les yeux fumés- Nathalie Sauvagnac – JCLattés -04/09/2019

Vous voulez en savoir plus sur l’auteur, lisez son blog : Le Petit Théâtre de Nath

Les mains de mon père de Naig Rozmor

Les mains de mon père

Les larmes me montent aux yeux
quand je pense aux mains de mon père
des mains de paysan,
rousses et crevassées,
comme la terre quand elle se fendille
Sous l’âpre vent du nord.

Elles étaient larges
comme des battoirs,
Déformées par les rudes labeurs
Mais quand elles nous coupaient le pain,
Comme celles du prêtre à l’offertoire,
Les mains de mon père
versaient des grâces.

Naïg Rozmor