Sur le ciel effondré de Colin Niel

Quatrième de couverture

En raison de sa conduite héroïque lors d’un attentat en métropole, l’adjudante Angélique Blakaman a obtenu un poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, là où elle a grandi, côtoyant le peuple des Wayanas. Alors qu’un jeune garçon disparaît, elle mène l’enquête
avec le capitaine Anato dans ce territoire amérindien que se disputent âprement orpailleurs et évangélistes.

Mon avis

Colin Niel nous embarque dans un lointain pays , dépaysement garanti. Il nous emmène en Guyane, au milieu des diverses ethnies, Sur le ciel effondré offre une incroyable vue d’ensemble sur la complexité et les paradoxes de la Guyane française.

Le Haut-Maroni, les monts Tumuc-Humac, la forêt amazonienne, Cayenne, Le Suriname, le Brésil. Que de zones géographiques visitées dans ce livre, et ce n’est pas tout. La culture amérindienne est mise en valeur avec les communautés de Wayanas, Tekos, Ndjukas, leur mythologie, leurs croyances médico-religieuses et leurs difficultés à trouver une place dans la Guyane moderne.

Au milieu de tout ceci la misère sociale règne, l’exploitation aurifère, le problème des jeunes , la cohabitation avec les différentes ethnies. La religion sépare aussi les peuples.

Le capitaine Anato , lutte contre l’ensorcellement dont il a été victime. est confronté à un meurtre d’un métropolitain et à la disparition inquiétante d’un jeune amérindien . L’adjudante Angélique Blakaman , arrivée de la métropole, après un attentat qui lui a laissé des traces sur le visage. Elle prend le relais en local du capitaine Anato afin de tenter de retrouver le jeune , Tipoy , et tenter de comprendre si plusieurs investigations en cours ne seraient pas finalement liées.

C’est toute cette déclinaison de problèmes sociaux qui frappent cette région de la Guyane que l’auteur dépeint autour d’une intrigue policière à la fois réaliste et exotique qui prenant son temps pour s’installer afin d’en livrer tous ses ressorts qui se révéleront plutôt surprenants.

Je vous recommande cette lecture – C’est le quatrième opus de la série Guyanaise après les Hamacs de carton – Ce qui reste en forêt – Obia

Colin Niel : Sur Le Ciel Effondré. Editions du Rouergue Noir 2018.

Challenge Thrillers et Polars chez Sharon du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023 – Lecture N 7

« Challenge Halloween 2022 »

Je participe pour la première fois à ce challenge. Les portes du manoir de Hilde et de Lou s’ouvrent pour la 13 édition.

Halloween , À l’origine, une fête celtique, La fête celtique de Samain dont les origines remontent à plus de 2 500 ans, est considérée comme l’ancêtre d’Halloween. Cette fête célébrait la fin de l’année et l’entrée dans la nouvelle année. Les Celtes pensaient que, durant la nuit de Samain, les frontières entre le monde des morts et celui des vivants étaient ouvertes et que les esprits venaient rendre visite aux vivants.

Ma participation , je n’ai pas de pile à lire. Je choisirai mes livres en fonction des livres disponibles à la médiathèque.

Je n’oublierai pas les rendez-vous cuisine du dimanche avec des recettes automnales, fruits et légumes de saison.

Je pourrai présenter quelques réalisations Zéro déchet.

Un petit tour dans la nature le jeudi !

Bon challenge « Halloween  » 2022

Les nominés du Prix Reine Mathilde 2022

Parmi eux, le Prix Reine Mathilde 2022

Le Prix Reine Mathilde est remis lors du salon du livre de Cheux, petite localité Normande. L’auteur reçoit un chèque de 1000 euros.

Pour participer à ce prix, soit l’auteur est né en Normandie, ou y réside depuis quelques années, soit le récit se déroule en Normandie. Le livre doit être sorti entre le 1 juillet de l’année et le 1 juillet de l’année suivante, année du salon.

Alors si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à proposer vos livres à prixreinemathilde14210@gmail.com.

Le Mont-Blanc se souviendra des hirondelles de Alain Pyre

Quatrième de couverture

Nathalie est la mère comblée d’un unique fils, Mathieu, étudiant brillant promis à une belle carrière d’avocat jusqu’à ce que ce dernier trouve la mort dans un accident de montagne pendant l’été 2012. Instantanément, Nathalie tient Léa Lambert, la compagne de ce fils adoré, pour responsable. N’ayant jamais accepté la jeune femme et encouragé par divers moyens son fils à mettre un terme à leur relation, elle accuse Léa d’avoir entrainé son fils dans une ascension trop difficile et surtout, ne supporte pas qu’elle ait survécu.
Anéantie, incapable de faire son deuil, Nathalie ressasse et nourrit sa rancœur jusqu’au confinement général du printemps 2020 où elle retrouve Léa Lambert sur Facebook. Non seulement celle-ci a l’indécence d’y étaler sa joie de vivre mais en plus, elle y parle de son projet pour l’été une randonnée alpine autour de la Mer de Glace. La haine de Nathalie entre en éruption !
Elle doit agir, venger son fils et tous les rêves qu’elle avait bâtis pour lui.

Mon avis

Une belle couverture , un récit qui se passe dans les montagnes, le dépaysement est assuré.

Une mère Nathalie a perdu son fils accidentellement. Elle ne vit plus depuis ce jour. Elle vit repliée sur elle-même .Elle incombe la faute à l’ex petite amie de son fils . Elle retrouve Léa sur les réseaux sociaux. Elle apprend qu’elle doit faire une excursion non loin du lieu où son fils a disparu. Elle décide de s’inscrire à celle-ci sous un faux nom. Elle va tout faire pour lui faire payer le malheur qu’elle lui fait subir. Un faux pas, une chute est si vite arrivée…Arrivera -t-elle à venger son fils ?

Le cadre est magnifique, l’histoire traîne en longueur. Pourtant l’auteur décrit la montagne et ses alentours avec une précision inégalée. L’écriture est ciselée, les descriptions sont très détaillées. . L’auteur a su étoffé son récit par du vécu, l’histoire des alpinistes, le premier qui a réussi à gravir le toit de l’Europe, l’histoire de la statue qui se trouve à Chamonix et montre le Mont-Blanc. L’auteur évoque aussi avec beaucoup de justesse l’écologie, de la fonte de la mer de Glace, de ce qui pourrait être fait.

Si vous aimez les descriptions poétiques et être immergés dans le décor, vous serez comblés. Mais l’enjeu principal de cette randonnée de plusieurs jours. Nathalie, elle, y pense tout le temps.

Alain Pyre dans ce livre nous invite à comprendre qu’un sourire peut cacher une douleur, que la souffrance a besoin de coupables et que l’agressivité peut être une protection.

Une fin inattendue clôt le roman.

Le mont Blanc se souviendra des hirondelles – Alain Pyre – Éditions de BoréeCollection Terres d’écriture – ISBN 9782812938443- Parution 13/01/2022

A propos de l’auteur :

Alain Pyre est un romancier français publié aux éditions de Borée. Ingénieur en aérospatiale et formateur, ses romans explorent les comportements humains lors de passages clefs de l’existence. La nature — la montagne en particulier — occupe une place centrale dans ses ouvrages.

Rentrée Littéraire 2022, Les Oiseaux des marais de Lisa Sandlin

Je remercie NetGalley et les Editions Belfond de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur. #LisaSandlin #NetGalleyFrance

Delpha Wade est dans de sales draps. Quelques mois seulement après sa sortie de prison, la voici qui risque une nouvelle fois de se retrouver derrière les barreaux. Son crime : avoir assassiné un serial killer sur son lieu de travail. Par chance, Delpha a un ange gardien : son patron, le fringant détective Tom Phelan, qui va remuer ciel et terre pour obtenir la libération de son étonnante secrétaire.
Un coup de peinture pour masquer les traces de sang, du mobilier de récup : Phelan et Delpha sont prêts à rouvrir l’agence. Et le premier client à se présenter est Xavier Bell, un vieillard au regard fuyant qui les charge de retrouver son frère Rodney, perdu de vue depuis des décennies. Mais quel genre de dispute peut avoir poussé cet homme à couper tout contact avec sa famille et à changer d’identité ?
Un cas d’école que Phelan décide de confier à Delpha pour la remettre doucement en selle. Il ignore cependant qu’il vient une nouvelle fois d’envoyer sa secrétaire préférée sur une piste mortellement dangereuse…

Le début fut un peu complexe à comprendre, je n’ai pas lu le premier tome. Mais peu à peu , j’ai réussi à suivre le fil de l’histoire.

Tom Phelan , détective veut donner un coup de neuf à son agence. Les murs ont été tâchés de sang lors d’une altercation. Il y a quelques temps, Delpha Wade, son assistante, a tué un homme, à coup de tessons de bouteille, quand il l’a agressée alors qu’elle était seule dans les locaux. Son employée Delpha Finalement ne connaîtra pas la prison, elle réintègre l’agence.

Un vieil homme, Xavier Bell, demande à Tom de retrouver son frère, Rodney, il n’a plus aucune trace de lui. Il sait juste que ce frère a changé de nom plusieurs fois. Tom va confier l’enquête à Delpha La recherche semble plus compliquée que prévu. Elle commence à consulter, les annuaires, les registres de Naissance de la Nouvelle Orléans . Les difficultés s’enchaînent les unes après les autres.

Nous allons suivre aussi une autre enquête, il se dit qu’il y aurait du trafic dans les bayous ( réseaux navigables).

On retrouve avec plaisir l’ambiance des années 70, dans le vieux sud des États Unis, au fin fond du Texas. Les personnages sont bien sympathiques et attachants. Les thèmes abordés dans ce roman sont le racisme et la place des femmes dans la société.

Je ne peux pas dévoiler trop l’enquête à vous de la découvrir ce roman noir psychologique et sociologique.

Les oiseaux des marais – Editions Belfond – Lisa Sandlin – Traducteur Claire-Marie Clévy – EAN : 9782714493859 – Parution ; 15/09/2022

A propos de l’auteur :

Lisa Sandlin a grandi au cœur des puits de pétrole, dans la ville de Beaumont au Texas, avant de s’installer au Nouveau Mexique, puis dans le Nebraska, où elle a enseigné l’écriture à l’université de Omaha pendant vingt ans. Auteure de nombreuses nouvelles plusieurs fois primées, elle découvre le succès avec Les Samaritains du bayou (Belfond, 2021 ; Pocket, 2022), son premier roman, récompensé des prestigieux Dashiell Hammett Prize 2015 et du Shamus Award 2016, prix majeurs de la littérature suspense américaine.
Les Oiseaux des marais est son deuxième roman.

Lundi, c’est poésie !

Automne

Vois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil,

Se gonfler doucement aux regards du soleil !

Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde,
L’emplit, on le dirait, de volupté profonde.

Sous les feux d’un soleil invisible et puissant,
Notre cœur est semblable à ce fruit mûrissant.
De sucs plus abondants chaque jour il enivre,
Et, maintenant mûri, il est heureux de vivre.

L’automne vient : le fruit se vide et va tomber,
Mais sa gaine est vivante et demande à germer.
L’âge arrive, le coeur se referme en silence,
Mais, pour l’été promis, il garde sa semence.

Ondine Valmore

Ondine Valmore est une poétesse et femme de lettres française née à Lyon le  2 novembre 1821 et morte le 12 février 1853 (à 31 ans)

Ondine publia quelques courts recueils de poèmes et de contes. Ayant passé une grande partie de sa vie avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, le thème de la mort et du cycle de la vie, symbolisés par le motif de l’automne et de l’hiver, sont très présents dans ses œuvres, attestant aussi d’une écriture paradoxale de la joie des instants précieux à savourer.

Dimanche gourmand !

Aujourd’hui je vous présente un gâteau de ma région natale. C était un gâteau de fête servi aux mariages, baptêmes et communions. Aussi, même si les ingrédients sont quasiment identiques dans toutes les familles, chacun y apporte sa touche personnelle. Autrefois il était donné comme pain béni lors des offices religieux.

Une variante est dans ce livre.

Quand je fais cette recette, j’ en fais trois, mais je vais vous donner la recette pour un. Pour un moule de 25 cm.

Ingrédients :

125 g de beurre – 250 g de farine de blé – 125 g de sucre en poudre – 2 œufs 1 pincée de sel – 1/2 paquet de levure.

Préparation :

Préchauffer votre four à 180°
Dans une jatte, faites un puits avec le sucre, y ajouter les deux jaunes d »œufs, la pincée de sel et commencez à mélanger. Ajouter le beurre fondu, la farine et la levure peu à peu Et en dernier les blancs battus en neige.

Un plus

Ajouter une cuillerée à soupe d’angélique confite coupée en petits morceaux.

Disposez la pâte dans un moule beurré et fariné. N’hésitez pas à aplatir la pâte dans le moule. Puis vous pouvez passer du jaune d’œuf délayé dans un peu de lait, et faire des croisillons avec une fourchette.

Enfournez pour 20 minutes.

Laissez le refroidir avant de le déguster ! Bon appétit !


Allons voir chez Isabelle ce qu’elle a préparé.


Lundi, c’est poésie !

L’automne

Voici venu le froid radieux de septembre :

Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;

Mais la maison a l’air sévère, ce matin,

Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

Comme toutes les voix de l’été se sont tues !

Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?

Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois

Que la bise grelotte et que l’eau même a froid.

Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;

Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,

Mais le vent les reprend et barre leur chemin

Elles iront mourir sur les étangs demain.

Le silence est léger et calme ; par minute

Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,

Et puis tout redevient encor silencieux,

Et l’Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S’en revient pour chauffer devant le feu qui flambe

Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,

Et la vieille maison qu’il va transfigurer

Tressaille et s’attendrit de le sentir entrer.

Anna de Noailles (1876-1933)

D’origine gréco-romaine, Anna de Noailles est née à Paris, où elle vécut de 1876 jusqu’à sa mort, en 1933. À partir de son premier recueil, Le Cœur innombrable (1901), couronné par l’Académie Française, Noailles composa neuf recueils de poèmes, trois romans (dont le savoureux Visage émerveillé, en 1904), un livre combinant histoires courtes et méditations sur les relations hommes-femmes (Les Innocentes, ou La Sagesse des femmes, 1923), un recueil de proses poétiques (Exactitudes, 1930), et une autobiographie couvrant son enfance et son adolescence (Le Livre de ma vie, 1932).

Lecture en hommage à Goran

Je n’ai pas lu le livre proposé en lecture commune, mais un autre de Paul Auster. Vous pouvez trouver d’autres lectures sur le blog de Marie-Anne du blog , La Bouche à Oreilles, en hommage à Goran.

Nathan Glass a soixante ans. Un divorce, un cancer en rémission, trente ans de carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le der-nier versant de son existence avec sérénité.
Chaque jour, Brooklyn et ses habitants le séduisent davantage, il prend ses habitudes, tombe sous le charme d’une serveuse et décide de faire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses faiblesses de langage, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés.
Un matin de printemps, le 23 mai de l’an 2000, ce livre intitulé Le Livre de la folie humaine prend une autre dimension. Ce jour-là, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood. Perdu de vue depuis longtemps, ce garçon de trente ans reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur de son oncle. Et c’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur histoire, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout, le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…

Il y a quelques mois que j’ai lu ce livre. J’avais pris les notes que je vous partage maintenant.

Nathan Glass revient à Brooklyn pour y vivre ses derniers jours. Il aura bientôt 60 ans et a souffert d’un cancer du poumon. Il ne croit pas à sa rémission, vient de divorcer et est à la retraite. Il décide donc d’écrire un livre : « The Book of human folly, » où il écrit ses anecdotes, ses pensées… Souvent, il se rend à la librairie Brightman’s Attic. C’est là qu’il va rencontrer son neveu, Tom Wood, qu’il a perdu de vue depuis la mort de sa sœur, June. Comme lui, Tom est paumé, n’a pas supporté d’échouer à son doctorat de littérature. Après avoir été chauffeur de taxi, il s’est vu offrir un job d’assistant par le propriétaire de la librairie, Harry Brightman.. La rencontre avec son neveu Tom Wood va réveiller en lui des sentiments enfouis, l’amour filial

Autour des héros, Nathan et Tom, gravitent de nombreux personnages qui ont tous quelque chose de particulier, ils sont tous touchants : Harry bien sûr, Rufus, Nancy Mazzuchelli, Lucy et Aurora Wood. De ces rencontres naitra  » l’hôtel Existence » un endroit intemporel, un refuge pour les âmes égarées.

Ce livre est une véritable ode à l’amour et à l’amitié, en dépit des différences ethniques, des préférences sexuelles. Les personnages sont magnifiquement mis en valeur et nous les voyons évoluer avec grand bonheur.

C’est également une ode à la littérature et au pouvoir d’évasion des livres. De nombreuses références littéraires parsèment l’histoire : citons Nathaniel Hawthorne, Thackeray, Poe, Kafka…

Paul Auster nous délivre un pur moment de bonheur , véritable conte philosophique.

J’ai passé un bon moment de lecture.

Brooklyn Follies – Paul Auster – Christine Le Bœuf (Traducteur) Acte Sud – EAN 9782742765317 – 363 pages.

A propos de l’auteur :

Paul Auster est un écrivain américain. Paul Auster écrit des articles pour des revues, débute les premières versions du « Voyage d’Anna Blume » et de « Moon Palace », travaille sur un pétrolier, revient en France pour un séjour de trois ans (1971-1974) où il vit de ses traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon), et écrit des poèmes et des pièces de théâtre en un acte. Il publie un roman policier sous le pseudonyme de Paul Benjamin (« Fausse balle »). Son premier ouvrage majeur est une autobiographie, « L’Invention de la solitude », écrite après la mort de son père. De 1986 (sortie de « Cité de verre » ; premier volume de la « Trilogie new-yorkaise ») à 1994 (« Mr. Vertigo »), il publie des romans majeurs comme « Moon Palace » et « Léviathan » (Prix Médicis étranger). Il revient alors au cinéma, en adaptant avec le réalisateur Wayne Wang sa nouvelle « Le Noël d’Auggie Wren ». Smoke et Brooklyn Boogie sortent en salle en 1995. Paul Auster réalisera lui-même Lulu on the Bridge (1997). Il revient au roman avec « Tombouctou » (1999), « Le Livre des illusions » (2002), « La Nuit de l’oracle » (2004) et « Brooklyn Follies » (2005). ( Source Babelio)

Lundi, c’est poésie, La Forêt de François-René de Chateaubriand

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,


Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

François-René de Chateaubriand, Tableaux de la nature, 1784-1790

F.R.de Chateaubriand ; né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo. Issu d’une famille aristocratique aisée, il entame une carrière militaire, puis fait son entrée à la cour à l’âge de 19 ans. À Paris, il fréquente les écrivains de son époque. Il est témoin des premiers signes d’agitation de la Révolution française, et assiste, deux ans plus tard à la prise de la Bastille. Après un voyage d’un an en Amérique, Chateaubriand rentre à Saint-Malo et se marie. Blessé alors qu’il combat les armées de la République naissante, il s’exile à Londres. Sa femme est emprisonnée, et une partie de sa famille, restée en France, est guillotinée. Il rentre en France en 1800 et s’installe à Paris, loin de sa femme et de sa sœur, restées dans le château familial de Combourg en Bretagne. ( source L’internaute)