Apporte-moi une plume et de l’encre de Yves Gasc

Apporte-moi une plume et de l’encre
que j’écrive l’histoire de notre rencontre.

Elle sera brève, Ô Khalîl,
(je suis à genoux aux pieds de l’orage)
brève comme l’éclair et la foudre
mais lente à couler comme l’huile labile
de la lampe, goutte à goutte,
car la lampe dans les ténèbres jamais
ne s’éteindra.

Elle éclaire un pan de muraille, une ruelle,
la nuit s’entrouvre et te laisse passer.
Quand le jour te ramène sur ses crêtes
le flot de l’équinoxe te porte à moi.

Ô nuits égales aux jours,
Silence pareil au mouvement des mots,
Regard qui brûle le soleil lui-même,
Sourire qui se fait soleil…

Enlevez-moi cette plume et cette encre,

Je ne veux plus rien dire,
Car maintenant je suis seul à ma table
Les mains nues

 

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Sauvages de Nathalie Bernard

Nathalie Bernard nous entraîne de nouveau au Québec. Nous sommes en pleine forêt , où des pensionnats  autochtones sont installés. Dans ceux-ci, des milliers d’enfants ont été » enlevés » à leur famille, pour qu’ils oublient leurs racines, leur culture. Ils deviennent des numéros. Ils apprennent de force le français, et ne doivent surtout pas parler dans leur langue maternelle.

Ces enfants essaient de survivre dans le froid des hivers canadiens. Ils sont sous l’autorité de trois religieuses et d’un prêtre. Parmi ces enfants, il y a le numéro 5, alias Jonas, qui va bientôt avoir 16 ans.Nous allons suivre avec lui ses derniers jours dans ce lieu , avant  » sa libération « . Il va apprendre à connaître numéro 42, alias Gabriel,  qui jusqu’à maintenant il avait ignoré comme tous les autres. Se retrancher dans la solitude était sa façon de vivre ici, dans ces lieux effroyables.

Les enfants endurent de pires sévices. Jonas et Gabriel sortent et travaillent sous les ordres de Samson. Ils se retrouvent un peu chaque jour dans une semi-liberté. Mais le soir, ils retournent dans ce lieu immonde,  où la peur règne.

Des événements inattendus vont contraindre ces deux enfants à fuir, à reprendre leur liberté. Une course effrénée contre les éléments humains se produit. J’ai été happée par l’histoire, cette course dans des milieux hostiles est sans limite. Jonas et Gabriel s’allient contre les hommes qui veulent les rattraper.

Le roman finit dans un souffle rédempteur qui apaise en même temps qu’il rend justice  à ces enfants et adolescents qui ont enduré de telles souffrances.

Ces pensionnats ont duré jusqu’en 1990.

L’écriture de Nathalie Bernard est poétique. le suspense est parfois entrecoupé par les souvenirs de Jonas. Ceux-là se distinguent par une écriture différente, en italique, une ode à la liberté et à l’issue incertaine jusqu’aux dernières pages.

Sauvages – Nathalie Bernard -Editions Thierry Magnier – isbn : 9781035201852- thriller historique pour Youngs adults –

Quatrième de couverture :

Jonas vient d’avoir 16 ans, ce qui signifie qu’il n’a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté.
Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures.
D’ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu’ils lui demandent d’être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné.
En un mot, leur faire croire qu’ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l’indien dans l’enfant qu’il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt.

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Une mise à nue des pratiques des Canadiens, vis à vis de ces peuples autochtones (les Premières Nations, les Inuits et les Métis). Vous trouverez ici, un article sur ce génocide .

Ce livre participe au challenge:

En quelques mots, elle est de Huguette Bertrand

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Dehors comme dedans

la lumière est partout

dans nos crevasses elle s’insinue

et rayonne dans l’ombre des tourments

et les broussailles du quotidien

elle est poésie dans les plaines

comme sur les balcons

agit dans la mémoire de l’essentiel

elle s’écrit

elle se dit

elle se chante

sur tous les tons

dans le maintenant

et le toujours jamais

sous nos pas désordonnés

Inutile de la chercher

elle est là dehors

et au-dedans

elle est

(2018)

Caen, de Guillaume le Conquérant à la guerre de Cent Ans de Jean-Blaise Djian

Je ne suis pas fan de BD, mais celle-ci, je voulais la lire.

Elle se présente avec des planches , mais aussi avec du texte . Chacun des dix chapitres de cet album est agrémenté de documentaires richement illustrés qui vous feront voyager dans le temps jusqu’à la libération de la ville en 1450 par Charles VII.

L’histoire débute au III siècle après Jésus-Christ, dans une petite bourgade, nommée Catumagos qui deviendra plus tard, Caen….

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Quatrième de couverture ;

Qui aurait parié en l’an 210 que Catumagos, petit village d’artisans, deviendrait en quelques siècles le fief du roi d’Angleterre Guillaume le Conquérant ? À travers une fiction passionnante ancrée dans la réalité historique, suivez le parcours des deux léopards taillés dans la pierre de Caen qui prirent part aux invasions vikings, à la bataille du Val-ès-Dunes et à la guerre de Cent Ans avant d’orner le blason officiel de la Normandie !

Caen , tome 1, Jean-Blaise Djian – Éditions Petit à Petit – 2018 –

ISBN:9791095670537

Nätt de Ragnar Jönasson

Êtes-vous prêts à vous envoler vers un pays froid, aujourd’hui ce sera l’Islande.

Ce livre est le troisième d’une série, c’est dommage de ne pas l’avoir vu écrit sur la quatrième de couverture. Il se lit bien quand même.

En hiver, le village de Siglufjördur, situé presque sur le cercle polaire, est quasiment coupé du monde. Une vie paisible est installée dans ce petit et ancien  village de pêcheurs, jusqu’à ce qu’un étudiant découvre le corps d’un homme mort. L’homme travaillait dans un chantier de nouveau tunnel qui relie la ville à l’extérieur.

Cet homme, Elias a un passé tumultueux, mais qui l’a donc assassiné ?

Violences physiques et morales sont au cœur du drame. Les policiers ont aussi leurs propres traumatismes. Et cette jeune journaliste qui va et vient, et veut être au cœur de l’enquête.

C’est la vie de ces personnages que l’on découvre, tous ont l’air d’avoir une vie un peu compliquée.

Quand à la victime, elle n’est pas épargnée. Elle cachait bien des secrets, ainsi que des millions de couronnes islandaises, et aussi une enfance brisée.

L’auteur entraîne le lecteur dans une sombre et complexe histoire.

J’ai aimé les chapitres courts qui donne un ensemble bien rythmé. J’ai apprécié l’atmosphère qui se dégage de la situation de ce polar. Une atmosphère lourde rendue plus oppressante par l’éruption du volcan. La lave envahit tout.

NattRagnar JonassonEditions de la Martinière (08/03/2018) -ISBN : 2732480487

Quatrième de couverture:

En Islande, les fjords et les volcans dissimulent des secrets macabres. Une seule règle : ne pas se fier aux apparences.

C’est l’été à Siglufjördur. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop près. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ?
Surtout, l’éruption spectaculaire de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres. Cette étrange  » nuit  » – nátt, en islandais – fait remonter les secrets les plus enfouis. Personne ne sera épargné. Pas même Ari Thór, qui doit pourtant boucler son enquête au plus vite, s’il veut éviter de nouveaux crimes.

Les deux premiers livres ;

Snjór, pour «la neige» et Mork pour le second volume («forêt», «limite»)-

 

 

 

 

Le mois du polar 2019

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Tout en continuant le challenge polar, comme l’an passé, j’inclurai mes lectures polar du mois de février.

J’ai quelques critiques polar en retard, si vous aussi vous souhaitez participer ou si vous cherchez des idées « polar « . Cliquez sur la photo.

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Je me souviens d’un paysage de Cécile Sauvage

Je me souviens d’un paysage
Où la neige molle tombait,
Pareille à l’indolent plumage
D’un grand oiseau qui se dévêt.

Assise près de la croisée,
Je regardais le sol blanchir
Et les ramures dénudées
Sous les flocons s’épanouir.

On eût dit une moisson triste
D’herbe pâle qui s’étendait,
Où le cœur perdu somnolait
Sans savoir même qu’il existe ;

Et lointains, les oiseaux nageaient
Dans l’eau dormante de la brume
Comme des oiseaux plus légers
Qui ne seraient faits que de plumes.

Cécile Sauvage.