Alberède et le roi de Claire Ruelle

Ce livre clôt une trilogie, mais peut se lire indépendamment.

Alberède est la fille d’un seigneur normand et d’une noble saxonne, elle a épousé Hugues de Montmirel, vassal de l’Évêque don de Bayeux. Elle accueille le roi, avec tout le faste qui lui est dû.Hugues est parti en 1096 à la première croisade, en compagnie de Robert Courteheuse, fils de Guillaume le Conquérant et duc de Normandie. Il ne reviendra pas..

De nombreuses batailles se livrent en ces temps moyenâgeux.

Alberède prend le pouvoir, elle combat aux côtés des hommes. Elle est très avant-gardiste, elle s’impose. Elle est aussi très féministe, elle ne supporte pas qu’une femme soit dévalorisée. Une femme doit recevoir le même salaire qu’un homme pour la même tâche.

Elle est souvent placée au premier plan, chevauchant sur les routes. Elle brave les batailles lors de la prise de Bayeux ou autre endroit prestigieux. Le roi aimerait qu’Alberède accepte de l’épouser. Elle ne le souhaite pas, elle ne veut pas être dans l’ombre du roi, ou soumise. Elle est une femme libre et souhaite le rester pour le moment. Elle lui indique une autre solution, le roi l’acceptera -t-il ou non ?

Claire Ruelle retrace la vie de l’époque, nous entraîne à voyager dans ce temps du Moyen-Age. Le fil historique est authentique. Il gravite autour d’Alberède des personnages imaginaires. Un glossaire est indiqué en fin de livre.

Je ne regrette pas ma lecture, j’ai juste été perturbée par les nombreux noms. Ce livre est dans la sélection du Prix Reine Mathilde 2021.

Alberède et le roi – Claire Ruelle – Éditions Corlet – ISBN : 9782847067415

Le pèlerinage d’Overlord de Francis La Carbona

Le titre est évocateur de l’histoire qui va se dérouler en Normandie.

Le mois d’Avril est sur le point de tirer sa révérence , tout le village est poisseux d’une humidité ambiante qui s’insinue partout, donnant la sensation, que l’hiver ne cédera pas sa place.

L’anniversaire du D-Day approche , ce jour mémorable où deux êtres vont se rencontrer, ou plus exactement se retrouver, Barbara, infirmière et Matthias, le soldat. Ils se sont déjà vus mais ne se reconnaissent pas. Ils ont combattu chacun à leur façon. Ils se confient peu à peu, se dévoilent et évoquent ces années de guerre. Matthias, le blessé et Barbara qui l’a soigné , sans savoir qui il était .

C’était la destinée de tous ceux qui se sont rencontrés le temps d’une blessure.

Les émotions affluent, 40 années ont passé. L’amour s’était invité mais la guerre avait séparé ces deux êtres.

La guerre est là, elle est la toile de fond du récit. Les faits de guerre sont relatés à petite dose. La peur, la résistance sont présentes. L’écriture est riche, un vocabulaire adapté, une poésie omniprésente dans les mots. Les mots sont choisis, l’écriture est maîtrisée. Les recherches historiques sont fondées.

Je fus agréablement surprise, j’ai aimé ce livre. Je l’ai lu en peu de temps en numérique, puis suis revenue sur la version « papier ». Je me suis imprégnée des mots. J’ai arpenté les rues de Colleville- Montgomery, ressenti la joie et la peine aux côtés de Barbara et de Matthias.

Ce livre est sélectionné, il est en lice pour être le Prix Reine Mathilde 2021. Il sera lu par le comité de lecture.

Le pelerinage d’Overlord – Francis La Carbona – 5sens éditions – ISBN : 9782889492398

Quatrième de couverture :

1984, dans le petit village bas-normand de Colleville-Montgomery, une succession de circonstances réunit une femme et un homme qui ont eu vingt ans pendant le deuxième conflit mondial. Quarante ans ont passé depuis le D-Day, Barbara et Matthias vont s’immerger dans “leur” guerre à l’occasion de la première célébration internationale du Jour le plus long. Commence alors un vertigineux plongeon dans une tranche d’existence où se côtoyaient les abnégations, les trahisons, les amours ; les résistances et les renoncements aussi. Comme tous ceux qui en ont réchappé, ils ont pris des virages et des directions qu’ils n’avaient pas prévus. Empêtré à jamais dans son secret, le bien vieux Baptiste va être l’involontaire cheville ouvrière d’une extravagance du destin. Quelque chose comme l’appendice d’une histoire mise entre parenthèses pendant quatre décennies.

Les battements d’elles de Annie Pétrel – Mathieu

Milly vit à Paris. Elle est une petite main de l’atelier Flou de l’Opéra Garnier. Comme dans une maison de haute couture, elle confectionne les tutus pour le prochain ballet. Avec ses aiguilles, elle fait des entrechats du bout de ses doigts, surtout depuis sa rencontre avec Noé…
Marah vit à Honfleur et travaille au musée Eugène Boudin. A quelques mois de son mariage, un tableau découvert dans la galerie de peinture de son grand-père va venir tout bouleverser… Deux histoires que rien ne semble relier et pourtant…

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Que dire de ce livre, c’est ma première rencontre avec cet auteur. Je fus ensorcelée par la poésie de ses mots. Ils sont douceurs, ils s’harmonisent avec les couleurs, les couleurs des fleurs du jardin, les couleurs des toiles peintes.

J’ai aimé suivre le cheminement de vie de Marah, retrouver avec elle, les souvenirs de son grand-père aujourd’hui disparu. J’ai parcouru les rues de Honfleur à ses côtés.

«  En rentrant chez moi, je fais un détour sur le port de Honfleur. Sur le Vieux bassin, étrange miroir inversé, les maisons étroites et le ciel regardent leurs reflets. Ses eaux accueillent les façades bigarrées, elles ont pris les couleurs animées, éclatantes des bateaux. Il y flotte du rouge, du gris, du beige au milieu du bleu. Couleurs changeantes au fil des heures, ce paysage d’eau se redessine, se décline à l’infini. »

©Claude

De nombreuses références littéraires parsèment le livre, j’ai trouvé cela agréable d’associer l’histoire racontée dans le temps. Des personnages, tel Van Gogh, Emma Livry se glissent entre les lignes.

Vraiment ce fut un bon moment de lecture.

Les battements d’elles – Annie Petrel – Mathieu – éditeur A&H  – ISBN 9791085857624

Les loups et l’agneau de Christophe Dubourg

Parution aux éditions Ravet-Anceau en aout 2017

1981. Borg traque inlassablement sa princesse. Il a l’espoir de trouver en de très jeunes filles la pureté et l’innocence auxquelles il aspire tant. Mais, invariablement, ses proies le déçoivent. Surgit alors Slavko, son double diabolique. Lui se charge du sale boulot. Pour multiplier les chances de trouver une véritable princesse, Borg décide de gagner une grande ville : Caen. C’est là que son destin croise celui de Jean. L’homme est un ancien mercenaire aguerri rongé par les fantômes de son passé. Sa nouvelle cible ? Robert Chevallier. L’homme est marié et père d’Alice, huit ans et demi. En acceptant ce contrat, le tueur d’élite ne se doutait pas qu’à son tour, il deviendrait une proie.

(Source : Ravet-Anceau – Pages : 192 – ISBN : 9782359736533 – Prix : 14,00 €)

 

Un synopsis alléchant,  Borg est obsédé, il veut trouver sa princesse. Mais ce jour-là  tout bascule, il ne va pas se contenter d’une enfant, il emmène avec lui, son père, une prostituée et un inconnu. L’inconnu se prénomme Jean, il avait une mission précise. Toutes ces personnes se retrouvent prisonnières. Elles seront des victimes, les proies de Borg et de son double Slavko.

L’horreur est à chaque page, la brutalité de Borg est réelle. On est au cœur du drame qui se joue. Les personnages évoluent dans des lieux sordides, où la promiscuité des rats, de cadavres renforcent l’insécurité.

« Alice patauge dans un gros tuyau, une canalisation. Ce n’est pas normal, elle le sait. L’eau croupie laisse place à un mélange fétide comme en grande partie de déjections et d’un tas de déchets qu’elle n’identifie pas. »

L’auteur a su manier les mots, faire monter la tension chez le lecteur. Il joue avec le huis-clos . Il crée un univers angoissant, où personne n’aimerait y être . C’est noir, c’est humide.

L’ambiance est glauque, mais on n’a qu’une hâte : arriver à la fin du livre et savoir qui est la proie et le prédateur.

Christophe Dubourg signe là son premier roman. Je recommande vivement ce roman.

Lu dans le cadre du challenge de Sharon