Memory de Arnaud Delalande

Merci à NetGalley et aux éditions Cherche Midi pour ce partenariat;

Un prologue qui met le lecteur en haleine, Marcus dépose une enveloppe dans une consigne automatique, puis il prend sa moto et se dirige vers l’aéroport. Très vite, il s’aperçoit qu’il est suivi. Il accélère , et dérape sur l’asphalte mouillée. La moto est à terre, et lui éjecté et vivant, au grand damne de son poursuivant.

L’histoire débute par la mise en terre du père de Jeanne, policier comme elle qui débute dans le métier. Les souvenirs affluent, Jeanne se remémore le temps passé avec lui . Maintenant elle est seule, sa mère est partie elle aussi, trop tôt. Jeanne était leur fille adoptive. Elle revient dans la maison familiale, ses collègues affluent vers le buffet après les funérailles. Peu à peu les policiers partent et elle se retrouve seule. Elle ressent l’absence de son père, ses objets sont encore là.

Les démons de sa petite enfance passée la harcèlent, elle voudrait oublier.

Jeanne regagne son appartement, au bord du lac d’Annecy. Le lendemain, elle rejoint son bureau, ne veut pas rester seule dans la peine et préfère travailler. Son chef lui donne du travail administratif, avant de rejoindre son collègue. Puis elle part seule vers « la clinique de la Forêt-Noire », elle est en pleine forêt, quand elle arrive sur le parking des véhicules de police sont déjà présents. Elle est accueillie par la directrice de l’établissement, Nathalie Hauteville qui lui présente les faits, Jeanne découvre un pendu, et huit personnes hébétées autour de lui. Elle est dans une unité du foyer, bienvenue en Harmonia, pour votre bien-être : l’autonomie contre l’oubli. Ce lieu est un établissement spécialisé dans les amnésies antérogrades, dont les patients ont perdu leur mémoire immédiate.

Suicide ou crime? l’enquête débute. L’identité du pendu est Marcus Kempf.

Dans cet établissement les patients ont un accompagnement personnalisé. Le personnel appelle ce service Memory, et les patients, les Dory. C’est dans un milieu très fermé que l’enquête va évoluer, avec des patients qui ont peu de mémoire. Ils souhaiteraient se souvenir. Chaque patient est un cas particulier qui sera décrypté au fur et à mesure de l’enquête.

Le suspens est maitrisé jusqu’au bout .

Nous sommes dans un huis clos, perdus en pleine forêt où les éléments extérieurs empêchent de sortir, froid et neige. Jeanne sera bloquée sur place. La vie de Jeanne est menacée. Elle est sur la piste du tueur ..

L’auteur domine parfaitement le sujet et nous plonge dans les méandres de la mémoire. Ce roman pose des questionnements sur la mémoire, sur son fonctionnement, sur notre capacité à la gérer. Comment vivre, quand la mémoire n’existe pas ?

L’écriture de l’auteur est fluide, les événements s’enchaînent sans temps mort.

J’ai aimé suivre cette enquête, et me suis plongée dans les explications sur les différentes sortes de mémoires. Je me suis souvenue avec plaisir de mes cours de philosophie.

Lu en Numérique – ce livre sortira le 14 janvier 2021 .

Memory – Arnaud Delalande – Éditions Le Cherche Midi – Nombre de pages 320 – ISBN – 978-2749165523

Quatrième de couverture ;

Un meurtre, huit témoins, pas un ne se souvient de ce qui s’est passé.Elle voudrait tout oublier.
Ils donneraient tout pour se souvenir…

Quelques phrases de cette chanson sont citées dans ce livre.

Le tableau magique de Sandira Quirin

Connaissez-vous Izia ? C’est une petite fille, qui ce soir, a peur, l’orage gronde. Habituellement la compagnie de Monsieur Doug lui suffit. Mais pas aujourd’hui l’ours en peluche a peur aussi.

Les yeux d’Izia se portent vers un tableau, peint par sa maman. Elle focalise et ses pensées s’envolent. Elle rêve , elle est dans un endroit magique, les oiseaux chantent, la neige tombe, son plus fidèle compagnon est là aussi…

Laissez vous bercer par ce conte où se mêlent magie et réalité.

« Les enfants ont besoin de rêver mais aussi de comprendre ce monde d’adulte qui les entoure. De 3 à 103 ans « 

Le tableau magique – Sandira Quirin(auteur) – Nathalie Mossmann (illustrateur)-Éditions Belize- Collection Poussières d’Étoiles- ISBN-9782372040495-Parution :10/04/2018

Sandira Quirin, fille de diplomate, est née en Inde et a parcouru le monde, au gré des mutations de son père.  Mère de famille et commerçante, elle écrit la nuit,   un premier recueil de nouvelles  » l’arbre aux palabres « est édité. D »autres suivront.

Nathalie Mossmann est illustratrice. J’écris depuis l’âge de huit ans, des poèmes le plus souvent, que j’illustre.……

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Quatrième de couverture ;

« Ce soir l’orage gronde. Comme beaucoup d’enfants Izia en a peur. Blottie sous la couette, elle ferme les yeux pour ne pas y penser. C’est alors que la magie opère et l’emporte avec Monsieur Doug, son fidèle ourson dans un endroit féerique. Mais dans les contes de fées il y a parfois un monstre, Izia et monsieur Doug vont devoir lui échapper… »

 

 

 

Beau soir d’hiver de Jules Breton

La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l’horizon désert,
Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,
Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,
Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose.
L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.

Jules Breton, 1883, Les champs et la mer

La peinture  » Paysage d’hiver  » a été crée par Miriam Peters Rouyers

Un goûter en forêt de Akiko Miyakoshi

 Par un matin d’hiver où la neige a recouvert le sol, Kikko regarde son père qui part aider sa Grand-Mère. Malheur, celui-ci a oublié le gâteau pour Grand-Mère ! Kikko décide de le rattraper et s’en va, seule dans la forêt enneigée, avec son gâteau dans les bras. Elle suit ses pas dans la neige ainsi que sa silhouette qu’elle aperçoit au loin. Mais celui qu’elle suit n’est pas son père…

Bien sûr cette histoire fait penser à celle du petit chaperon rouge, c’est un peu inquiétant , cette petite fille qui s’en va seule sur les traces de son père.Cette impression de noirceur est renforcée par les illustrations, noir et blanc, seule touche de couleurs sur les vêtements de Kikko. L’histoire n’est pas triste, Kikko ne va pas rencontrer un loup, mais des animaux gais, un ours, une brebis, des lapins..

 

 

 

La beauté des images au fusain parsemées de quelques notes de couleurs – le rouge des vêtements et des gâteaux, le jaune des cheveux de Kikko- crée un univers où se mêlent rêve et réalité.
Une belle invitation au partage et à l’imaginaire, à proposer à des enfants de 5-6 ans.

Edition / Collection : Syros -Date de parution : 16 juin 2011- ISBN : 9782748511611

Je fus surprise du choix des enfants, en principe ils sont attirés par des albums riches en couleurs. Ils sont restés attentifs lors de ma lecture. J’avais ce jour  huit garçons de grande section de maternelle.

 

Nuit de neige de Guy de Maupassant

Nuit de neige

Guy de Maupassant

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas

Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.