Lundi, c’est poésie !!

Il fait froid

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton cœur ouvert !
Le cœur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l’homme plein d’envie ;
Doute du prêtre et de l’autel ;
Mais crois à l’amour, ô ma vie !

Crois à l’amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l’amour, tison du foyer !
A l’amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l’indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du cœur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

Garde ton amour éternel.
L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

Victor Hugo

La photo provient de Pixabay

Publicité

Autobiographie d’une chamane française de Brigitte Pietrzak

Quatrième de couverture ;

Brigitte Pietrzak révèle ici son parcours intime et personnel, des premières étapes de son cheminement spirituel jusqu’à la découverte de ses dons de chamane en Mongolie.
« Je devais, à travers les mots et les histoires des autres, trouver ma place et accepter de me dévoiler. Je devais, moi aussi, parler vrai. »
Ainsi, c’est une aspiration à la réciprocité qui pousse Brigitte Pietrzak à se raconter. Avançant de découverte en découverte, elle pratique d’abord la peinture, donne longtemps des cours de piano, poursuit une psychanalyse, tombe amoureuse, fréquente assidûment les cercles Gurdjieff, arpente les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle avec sa compagne…
Puis, un jour, mystérieusement, elle ressent un appel puissant qui la mène jusqu’en Mongolie.
« Pourquoi as-tu mis si longtemps ? » lui demande la chamane mongole Enkhtuya, lorsque Brigitte la rencontre enfin. C’est le début d’une grande amitié et d’une longue initiation.
Dans ce livre sensible et sincère, le visible et l’invisible se conjuguent pour révéler le chemin spirituel d’une femme affirmant sa mission de vie avec le cœur.

Mon avis

Brigitte Pietrzak fut à la fois musicienne et artiste. Elle a toujours eu « une petite voix » qui l’emmenait ailleurs, dans son univers spirituel. La musique et la création occupaient ses journées.

J’ai été touchée par le parcours de cette femme hors du commun, qui partage dans ce livre, toutes ses émotions avec beaucoup de sensibilité. Elle a toujours su que l’invisible existait. Elle s’est dirigée naturellement vers des pratiques artistiques.

Elle a aussi expérimenté différentes techniques de peinture allant vers la calligraphie « Zen ».

Elle a donné des cours de piano, qui ont pris aussi une place importante dans sa vie.

Sa rencontre avec Charlotte Calmis lui a permis de faire le lien avec entre son goût pour l’art et son appel pour la spiritualité.Depuis toujours elle aimait le contact direct avec les gens. Elle a aussi suivi la voie du Bouddhisme Zazen; appris à tirer le tarot de Marseille avec Alejandro Jodorowsky; lu les grandes mystiques chrétiennes; étudié l’œuvre de Sri Aurobindo et de Mère et suivi une longue psychanalyse : « J’étais insatiable. Ma curiosité ne semblait pas avoir de fond ». Elle a aimé passionnément et a toujours vécu avec son cœur pour seul guide.

Après avoir suivi le chemin de Compostelle avec sa compagne, Anne, elles se dirigent ensuite vers la Bolivie, puis vers la Mongolie, où là, Brigitte retrouve sa sœur d’âme. Ensemble elles vont pratiquer, pour qu’ensuite Brigitte Pietrzak puisse exercer en tant que chamane en France.

En consultant Internet, j’ai pu lire que Brigitte Pietrzak avait quitté ce monde le 17 septembre, laissant deux nouveaux ouvrages qui seront publiés, en 2023, par ses éditeurs et “amis” : Mama éditions.

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu d’autobiographie, mais en ce moment , je ne suis pas en pleine forme. Je fus loin de mon ordinateur et j’ai besoin de me tourner vers d’autres lectures.

Je remercie NetGalley et Mama Éditions de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur #Autobiographiedunechamanefrançaise #NetGalleyFrance !

Quelques citations ;

On nait chamane, on ne le devient pas. décrète Enkhtuya, chamane mongole qui a initié Brigitte Pietrzak.

À l’époque la musique et la peinture occupaient la plupart de mes journées. Quoi que je fasse, c’est la spontanéité du geste que je privilégiais. La création devait partir d’un mouvement intérieur. (…) Quoi de mieux pour aborder l’invisible que de tenter de le représenter

La musique aussi avait son importance dans ce qu’elle me permettait d’échanger et de transmettre. Depuis mon plus jeune âge, le piano m’avait appris la rigueur et la jubilation de voir courir mes doigts pour harmoniser des sons. Je donnais des cours à domicile, dans un réel goût de partager cette passion, aussi bien aux enfants qu’aux adultes. J’étais attachée à mes élèves. Peinture et musique se conjuguaient dans mon existence pour me rapprocher de ce que je considérais être l’essentiel dans cette tranche de vie

Je me mettais dans un état de vacuité pour recevoir à travers le geste la figure qui souhaiterait s’inviter dans la forme. C’était un exercice spirituel qui me demandait d’être corps et âme en éveil

J’avais l’intuition que la conscience devait rejoindre la matière et abolir définitivement sa séparation avec l’esprit

Sagesse amérindienne

Tout passe, les heures, les nuages dans le ciel,
la vie des hommes emportés de la naissance vers la mort.
Ne t’attache pas à la chronologi affective des choses.
C’est une très mauvaise manière de voir le monde.
Fais de chaque seconde une expérience enrichissante,
sans t’inquiéter du temps qui fuit et des matins
qui ne reviennent plus.
Le présent est la seule chose qui n’ait pas de fin.

Ravel de Jean Echenoz

Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu’en 1914, désireux de s’engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu’un pareil poids serait justement idéal pour l’aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d’ailleurs on l’exempta de toute obligation mais, comme il insistait, on l’affecta sans rire à la conduite des poids lourds. C’est ainsi qu’on put voir un jour, descendant les Champs-Élysées, un énorme camion militaire contenant une petite forme en capote bleue trop grande agrippée tant bien que mal à un volant trop gros. Ce roman retrace les dix dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937).

D’après ce qu’avait lu Jean Echenoz, Ravel était un homme très fermé, peu démonstratif. Il va en tracer un portrait romanesque d’un personnage réel. Il se concentre sur les dix dernières années de Ravel. Il a donc choisi de présenter à travers de petites anecdotes . Il est donc parti de la tournée américaine pour suivre Ravel jusqu’à la fin, en fait jusqu’à la toute fin. Il souhaite que le lecteur ressente comment était Ravel , ce qu’il a vécu. Tout commence par son départ aux Etats-Unis, qu’en retiendra Ravel que c’est un pays où l’on mange mal. Mais il y a aussi toutes les rencontres qu’il pourra y faire. Mais Ravel vieillit mal, parfois il ne se souvient plus, il ne sait plus même écrire son propre nom..

Jean Echenoz évoque une œuvre célèbre, le Boléro, qui n’en a pas entendu parler. il indique de quelle manière il a été crée. Ce Boléro eut un succès immédiat, sans que Ravel ne comprenne réellement pourquoi.

La lecture fut agréable, le livre est plein d’humour et de fantaisie, une bien agréable façon de découvrir la vie de Ravel.

Rien de tel que d’aller écouter ses œuvres, il n’y a pas que le Boléro. : Musique de chambre, musique orchestrale, œuvres pour piano :.

Ce roman entre dans le cadre du défi « Le Printemps des Artistes » proposé par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles d’avril à juin 2022.

Musique sur l’eau de Albert Semain

Oh ! Écoute la symphonie ;
Rien n’est doux comme une agonie
Dans la musique indéfinie
Qu’exhale un lointain vaporeux ;

D’une langueur la nuit s’enivre,
Et notre cœur qu’elle délivre
Du monotone effort de vivre
Se meurt d’un trépas langoureux.


Glissons entre le ciel et l’onde,
Glissons sous la lune profonde ;
Toute mon âme, loin du monde,
S’est réfugiée en tes yeux,

Et je regarde tes prunelles
Se pâmer sous les chanterelles,
Comme deux fleurs surnaturelles
Sous un rayon mélodieux.

Oh ! écoute la symphonie ;
Rien n’est doux comme l’agonie
De la lèvre à la lèvre unie
Dans la musique indéfinie…

Albert Samain.

Extrait du recueil Au jardin de l’infante (1893).

Poète français né à Lille le 3 avril 1858 et décédé à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900.

Une des originalités de Samain est l’utilisation du sonnet à quinze vers. Après sa mort, ses poésies sont réimprimées un nombre considérable de fois. De nombreux musiciens composent des mélodies sur ses textes, parmi lesquelles plusieurs chefs-d’œuvre, comme Ilda de Nadia Boulanger, Arpège de Gabriel Fauré, l’opéra Polyphème de Jean Cras ou La Maison du matin d’Adrien Rougier. Son œuvre a également inspiré le sculpteur Émile Joseph Nestor Carlier (1849-1927) qui réalise à partir de celle-ci La Danseuse au voile et Pannyre aux talons d’or, en 1914.

Gérard Souzay – Topic

… Faure (1950) ℗ 2000 Naxos Classical Archives Released on: 2000-01-01 Composer: Albert Samain Composer: Gabriel Faure .

Ce poème entre dans le cadre du défi « Le Printemps des Artistes » proposé par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles d’avril à juin 2022.

Le mois Latino-Américain !

Notre voyage se continue au Mexique, le mercredi, jour des enfants !

Un ensemble de 26 chansons traditionnelles provenant de pays d’Amérique latine, et interprétées par des enfants et des adultes originaires de ces pays. Avec un code pour télécharger la version MP3 des comptines. Hoarau, Jean-Christophe (1953-….). Compositeur
Grosléziat, Chantal (19..-). Éditeur scientifique | Lopiz, Violeta (1980-….). Illustrateur
Edité par Didier Jeunesse – 2017

Un coloriage pour les enfants !

Cet oiseau est inspiré de l’art précolombien d’Amérique Centrale.

Retrouvez d’autres billets des pays d’Amérique latine chez Ingannmic

Le mois Latino-américain

Musique en Uruguay

Hymne National ;

l’Uruguay est une petite nation : un pays de grandes plaines et de pampas qu’aimait tant le poète français Jules Supervielle…

les premiers colons des Canaries accompagnés d’un Français, l’arrivée des esclaves noirs et la culture afro-uruguayenne toujours très vivace notamment grâce à la musique du Candombe. La France toujours présente depuis le XIXème siècle : les poètes Lautréamont, Laforgue et Supervielle sont nés en Uruguay, les compagnies théâtrales et lyrique venues de Paris sont très populaires. 

Dans son histoire bien tourmentée l’Uruguay a été soutenu par les communautés française, anglaise et italienne. Lors du siège de Montevideo par l’Argentine au XIXème siècle, le pays a pu compter sur la présence de Garibaldi ! Des luttes pour l’indépendance animées par les poèmes et « payadas » chantées par les gauchos avec une danse mythique, « La Media Caña », du nom des bottes à mi chevilles qu’ils portaient.

Le violon de Colette Guinard

LE VIOLON

Toi mon instrument à cordes
Tu es pour moi le plus harmonieux
Langoureuse est ta mélodie
Qui rend les êtres amoureux.

Tes sanglots, complainte d’une passion
Entraînent mon âme à l’unisson
Ton archet caresse sur tes cordes
Tes merveilleux sons et ses accords.

Où s’envolent tes notes de musique
Dans ta caisse de résonance, si magique
Telles ruissellent les larmes de mon cœur
Je pleure sur la fin de mon amour.

Alors que je voulais l’aimer pour toujours
Vibre encore le fleuve de mon bonheur
Grace à tes accords et tes sons
Tu es pour moi ce joli violon
Qui restera le plus beau de tous les altos.

Texte de Colette Guinard

Tedi Papavrami , violoniste et écrivain.

Glenn Gould, une vie à contretemps de Sandrine Revel

Cette Bande-dessinée retrace la vie de ce célèbre pianiste canadien. Pourquoi a -t-il abandonné la scène ?

Ce génie du piano était un solitaire.

Sandrine Revel donne dans cette BD, des indices pour comprendre cet artiste hors du commun. Elle raconte sa chaise, assez basse, fabriquée par son père qu’il ne va jamais quitter alors qu’elle couine – cela s’entend sur certains enregistrements.

Mais aussi son piano fétiche, un Steinway 174, détruit par accident en 1957. Glenn Gould chantonnait quand il jouait, et perturbait certaines captations. Le livre n’oublie pas sa phobie de l’avion ou son besoin d’être toujours dans des pièces surchauffées.

Glenn Gould, né en 1932 à Toronto, donne ses premiers concerts dans les années 1950, avant d’arrêter de se produire en public en 1964 pour ne se consacrer qu’à son travail pour Radio-Canada. Il est l’une des premières personnalités à quitter volontairement la scène médiatique en pleine gloire. Comment un homme va t-il abandonner ses tournées pour se consacrer uniquement aux enregistrements ? Le psychisme de l’artiste est complexe, à la limite de l’autisme.

Avec un dessin subtil, une alternance habile dans le découpage, Sandrine Revel nous emmène avec finesse sur les pas du meilleur interprète des Variations goldberg de Bach. C’est un voyage dans le génie et la solitude.

J’ai lu cette BD dans le cadre du Printemps des artistes.

Bon dimanche !

A vous qui me suivez depuis quelques années, je vous offre ce bouquet de muguet de mon jardin, qu’il vous apporte le bonheur pour les jours à venir,

Bon dimanche !

Un peu de musique aussi pour débuter ce jour ! Merci à Patrick,  pour son article