Rentrée Littéraire 2022, Dis-moi pour qui j’existe de Abdourahman A.Waberi

Présentation de l’éditeur ;

Aden est un professeur épanoui et un père heureux.
Mais la maladie subite de sa fille réveille des souffrances anciennes. Lui aussi, enfant, est tombé malade et soudain, son corps se souvient de tout : de la vie à Djibouti, du garçon solitaire qu’il était, de la seule douceur d’une grand-mère, du réconfort des livres.
Chaque jour, il téléphone et écrit à sa fille. Il lui raconte les paysages de sa jeunesse, convoque les mânes de ses ancêtres, faiseurs de pluie ; elle lui parle de son quotidien, l’impatience de courir à nouveau. Le père retranscrit leurs mots pour garder une trace de la lutte et vaincre le mal grâce à ce qu’ils ont de plus précieux : l’espoir.

Mon avis :

J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Abdourahman A.Waberi, c’est la première fois qu’il se confie, qu’il écrit une auto-fiction. Il nous parle de sa vie passée, et de sa vie présente, avec sa fille, Béa qui connait comme lui les affres d’une maladie.

Écrire un livre c’est prolonger une vibration profonde et souterraine ; lorsqu’on met le doigt sur la corde, beaucoup.sa vibration s’arrête, de nombreuses personnes m’ont aidé à maintenir la résonance vivante, palpitante.

Ce livre révèle la bienveillance, l’amour d’un père à sa fille. Nous allons lire alternativement les récits de vie de Aden, le papa et de Béa, sa fille, sous la plume poétique et charmeuse de Abdourahman A.Waberi.

Aden, né à Djibouti, il a passé son enfance avec sa grand mère qu’il a surnommée Cochise en hommage au grand chef indien. Sa mère ne sait que faire de ce petit qui pleure et qui souffre. Son père rentrait tard le soir, et ne s’occupait guère de son enfant. Quand il est rentré à l’école, il est affublé de toute sorte de surnom.A sept ans une maladie fut diagnostiquée, poliomyélite. Il ne sera pas comme les autres enfants, il vivra toujours avec un handicap.

Aden est nostalgique de sa vie passée à Djibouti. Il raconte beaucoup . Il souhaite transmettre à sa fille, l’amour des livres, mais aussi son amour pour cette belle langue française, qu’il chérit. Il aimait emprunter des livres à la bibliothèque , afin de pouvoir rêver.Il lui dira que ce sont les livres qui lui ont permis des voyages, d’échapper à la souffrance tant morale que physique. Il offre un beau cadeau à sa fille, le récit de sa vie, toute en poésie.

Alternativement, le récit d’ Aden est coupé par celui de Béa.

Béa se bat se bat contre la maladie qui l’empêche de marcher, de vivre comme une petite fille. Elle est entourée de parents aimants. Même si son papa vit la plupart du temps à Washington, elle échange soit par écrit, soit en direct avec lui. Bien qu’ayant seulement 7 ans, Béa est lucide. Elle ne vit pas comme les autres petites filles. Elle est entourée de bienveillance et d’amour.

Cette belle leçon de transmission révèle que la littérature est aussi un art.

J’ai aimé ce livre, en savoir un peu plus sur cet homme. Je l’ai rencontré il y a quelques années, et j’avais lu certains de ses livres. Ce livre révèle une belle histoire de famille , de génération, et surtout de nos origines.

Merci à NetGalley et aux Editions JC Lattés , de m’avoir permis de découvrir cette auto-fiction de Abdourahman A.Waberi .

#Dismoipourquijexiste #NetGalleyFrance

Abdourahman A. Waberi a « l’ identité multiple ». Né français en 1965 à Djibouti, alors toujours sous l’autorité de la France, il se retrouve djiboutien au moment de l’indépendance du pays en 1977. Étudiant puis professeur d’anglais dans l’hexagone, il recouvre la nationalité française après son mariage en 1991 en Normandie. Critique politique proche de l’opposition, il garde des rapports complexes et tendus avec la République de Djibouti et ses publications, engagées, dénoncent avec virulence les déchirements et les errances d’un pays à la dérive, ( Source – Étonnants Voyageurs)

Extraits :

Aden :Écrire c’est dérober du temps à la routine, si écrire c’est tourner le dos à la vie pour la plupart des gens, pour moi c’est tout le contraire. L’écriture est le terreau où mes jours sont plantés, l’humus où la poudre de mes os est jetée. Et le silo où l’or de mes Songes est enfoui. Écrire c’est ouvrir un atelier permanent pour apprendre à vivre, page après page, jour après jour.

Papa,Aujourd’hui, j’ai eu une journée super ennuyeuse. Je n’aime pas les mercredis. On a attendu longtemps le passage du médecin et il n’est arrivé qu’à 14 heures. C’était un nouveau. Il avait une casquette ridicule, je crois qu’il est chauve mais il a quand même une petite mèche qui lui tombe sur le front en virgule. Il m’a pris la température. Puis, il n’a rien dit, et il ne m’a rien donné. Maman est presque fâchée mais je crois qu’elle est surtout morte d’inquiétude. On a attendu longtemps pour rien. Nous étions comme deux petites mouches prises dans une toile d’araignée. Ma journée a été super ennuyeuse jusqu’au bout.

Buongiorno mio papa ,Mamma est contente. Elle dit qu’elle sort la tête de l’eau depuis que la nonna est avec nous. Hier, elle nous a laissées ensemble. Nous nous sommes bien débrouillées. La présence de la nonna et les histoires sur ta grand-mère me font du bien, pense-t-elle. Elle dit que depuis que je ne peux plus quitter cette foutue chambre, je m’accroche à tout ce que je peux. Que j’adorerais quitter cet hôpital qui est une sorte de prison mais que je haïrais par-dessus tout retourner dans la poussette que j’ai utilisée quelques années plus tôt parce que je suis incapable de marcher. Parce que mes articulations ne me laissent pas d’autre choix. Pas moyen de faire quelques pas avec mes genoux douloureux, mes chevilles enflées et mes hanches bloquées. Quand je retournerai dans la poussette, j’avalerai toute sa honte. Je préférerais affronter le regard stigmatisant des autres enfants que de mettre un pas mal assuré après l’autre. Me tenir toute droite me demanderait une grande énergie. D’où la poussette à ressortir du garage. D’où les réflexions stupides de certains voisins : « À son âge, en poussette ? »

Dis-moi pour qui j’existe Abdourahman A.Waberi Editions JC Lattés – 24 août 2022 – ISBN – 9782709669445

Du côté des autres blogs

Vagabondage autour de soi

Nous sommes les chasseurs de Jeremy Fel

Quatrième de couverture :

Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.
Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître. Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

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Un livre surprenant, mais malgré la noirceur de ce qui s’en dégage, j’ai continué ma lecture. Je ne connaissais pas Jeremy Fel, mais il explore le mal sous toutes ces formes. Des chapitres qui s’enchaînent parfois, qui semblent éloignés les uns des autres.. Dix chapitres ayant chacun leurs histoires propres, comme dix nouvelles, mais mais qui finalement , se relient peu à peu.

Un voyage dans le temps, l’histoire débute au Chili, où la terreur règne sous la coupe de Pinochet.Puis, en Allemagne, dans les contrées diverses,le lecteur se promènera du Chili en passant par Los Angeles en passant par la France, du dix-huitième siècle à nos jours. On y croise des personnages immondes, des légendes ancestrales, des demeures hantées dans la forêt jurassienne. Il parlera aussi d’un virus, mais aussi de manipulation mentale.

Un voyage un peu particulier qui explore le paranormal, qui glace le sang . Il n’épargne rien à ses personnages, je crois qu’il y prend un certain plaisir. Il exploite toute sorte de narration. Il n’hésite pas non plus à se servir de ses propres démons, mettre en scène son jumeau décédé.

Son écriture est fluide, son dernier chapitre est un clin d’œil aux cinéphiles, une ode à la douceur revient après des pages où l’horreur, l’angoisse et la mort sont distillés.

Parfois, je me suis arrêtée de lire, mais j’ai terminé ce livre où malgré les images et les mots,, l’auteur réussit à nous « manipuler » afin que nous finissions la lecture. Je n’ai pas écrit la critique aussitôt, l’émotion était intense. Je vais suivre les prochaines parutions de cet auteur, et lire ses deux premiers livres.

je vous invite à vous procurer ce livre, au genre indéfini, roman noir,roman historique, roman d’anticipation.

Date de sortie : 06 octobre 2021

Éditeur : Rivages

Genre : Roman noir

ISBN : 9782743654283

Paz de Caryl Ferey

Caryl Ferey a situé son roman dans une Colombie déchiquetée par la guerre civile. Lautaro Bagader, chef de la police de Bogotá.Sa famille est proche du pouvoir., finit sa soirée en agréable compagnie, lorsqu’un appel téléphonique le force à sortir, et à renvoyer sa belle d’une façon peu cavalière. La jeune femme, Diana, journaliste d’investigation a le temps de voir le nom de celui qui l’a éjectée .

Lautaro rejoint son équipe, et découvre l’abomination, une scène de crime où il ne reste plus que le tronc d’une femme, les membres ont été coupés,et disposés dans le tronc. Cette façon de procéder fait référence à la guerre civile « la Violencia « , acte de provocation.

Ce n’est que pure répétition dans tout le pays où la police a du mal à cacher les faits. Lautaro Bagader doit lutter partout contre ceux qui ne veulent pas baisser les armes.

Une deuxième enquête se mêle au récit, celle du frère disparu, Angel enlevé par des rebelles 15 ans plus tôt. Sa fille fut enlevée par des guerilleros. Les deux affaires se rejoindront et Lautaro découvrira qui se cache derrière ces complots. des histoires d’amour se mêleront à ce récit, pour amoindrir la réalité.

L’écriture de Caryl Ferey est parfois très dure, mais il a des choses à dire sur ce pays, et celles-ci sont essentielles.

Quatrième de couverture :

Un vieux requin de la politique.
Un ancien officier des forces spéciales désormais chef de la police de Bogotá.
Un combattant des FARC qui a déposé les armes.
Un père, deux fils, une tragédie familiale sur fond de guérilla colombienne.

Une évidence de Agnès Martin-Lugand

Reine mène une vie heureuse qu’elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant.
Une vie parfaite si elle n’était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats…
Faut-il se délivrer du passé pour écrire l’avenir ?

 

 

 

Un auteur très souvent demandé en bibliothèque, que je n’avais pas encore pris le temps de lire. Je ne regrette pas mon choix de lecture.

Agnès Martin-Lugand propose une quête difficile, se libérer de son passé. Quand celui-ci est basé sur le mensonge, la tâche n’en sera que plus difficile.

Reine, personnage central du roman, vit à Rouen exerce un métier qui la passionne et vit avec son fils de 17 ans, qu’elle aime par dessus tout.

Un jour sa vie va basculer, elle se trouve confrontée à sa vie passée, qu’elle n’a pas du tout partagée avec son fils. Une rencontre fait remonter un épisode difficile de sa vie passée. Elle risque d’anéantir sa vie et celle de ses proches , ainsi que  de faire voler sa vie en éclats. L’histoire fait voyager, non seulement dans les émotions, mais aussi géographiquement, de Rouen à Saint-Malo mais aussi vers des contrées lointaines.

« Il y a des moments où tout s’arrête, où l’on voit sa vie défiler en l’espace d’un quart de seconde. C’est effrayant, c’est déstabilisant, surtout qu’on ne peut pas lutter contre, il y avait un avant, un après. »

L’auteur exploite bien le mensonge et ses ramifications, comment peut-on bâtir sa vie sur un mensonge ? comment aussi se pardonner des actes passés et pardonner aux autres ?

Ce roman fait réfléchir sur des questions existentielles importantes dans notre vie. J’ai passé un bon moment de lecture, j’ai apprécié l’écriture de l’auteur.

Une évidence – Agnès-Martin – Lugand – Éditeur Michel Lafon – ISBN : 9782749934778

 

Le disparu du Mékong de Marc Charuel

Au Vietnam, Philippe Rohde, correspondant des services français, ne donne plus signe de vie. A Paris, sa hiérarchie missionne le journaliste Vincent Caron pour le retrouver, sous couvert d’un article à écrire sur la culture vietnamienne. A Saïgon, il découvre que d’autres personnes le recherchent. L’homme de la DGSE posséderait des informations compromettantes sur le régime vietnamien.

 

Merci à Babelio et aux éditions du Toucan pour leur partenariat

Marc Charuel nous entraîne au Vietnam, pays qu’il connait bien. Il fut reporter et ancien photographe.  Ce n’est pas un voyage touristique qui attend le lecteur. Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à suivre toutes les péripéties et les coups bas des différents acteurs.

Vincent Caron, proche de la retraite,  baroudeur, ancien reporter va partir missionné par la DGSE sur les traces d’un autre journaliste, Philippe Rhodes dont on n’a plus de nouvelles . Les deux hommes se connaissent, Rhodes a sauvé la vie de Vincent Caron,  dix ans plus tôt à Kandahar (Afghanistan) quand un groupe de jihadistes l’avait intercepté. Il n’a plus qu’une idée en tête le retrouver à tout prix.

Cela ne sera pas chose aisée, surtout quand les services secrets de plusieurs pays, Vietnam, Chine et États-Unis sont en lice pour retrouver Rhodes. Caron sera aussi la cible à ne pas perdre de vue. Caron s’amourache de quelques call-girls, qui servent aussi des pays espions.

Le Vietnam, qu’il avait quitté des années avant, est resté le même. La liberté n’est accessible qu’aux touristes.

Le livre comprend 656 pages, les chapitres sont courts.

J’ai aimé les paysages décrits, la jungle environnante, mais mon avis reste mitigé pour le livre en lui-même.

Marc Charuel – Le disparu du Mékong – EAN : 9782810009404
656 pages – Éditeur : Éditions du Toucan (18/03/2020)

 

Les battements d’elles de Annie Pétrel – Mathieu

Milly vit à Paris. Elle est une petite main de l’atelier Flou de l’Opéra Garnier. Comme dans une maison de haute couture, elle confectionne les tutus pour le prochain ballet. Avec ses aiguilles, elle fait des entrechats du bout de ses doigts, surtout depuis sa rencontre avec Noé…
Marah vit à Honfleur et travaille au musée Eugène Boudin. A quelques mois de son mariage, un tableau découvert dans la galerie de peinture de son grand-père va venir tout bouleverser… Deux histoires que rien ne semble relier et pourtant…

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Que dire de ce livre, c’est ma première rencontre avec cet auteur. Je fus ensorcelée par la poésie de ses mots. Ils sont douceurs, ils s’harmonisent avec les couleurs, les couleurs des fleurs du jardin, les couleurs des toiles peintes.

J’ai aimé suivre le cheminement de vie de Marah, retrouver avec elle, les souvenirs de son grand-père aujourd’hui disparu. J’ai parcouru les rues de Honfleur à ses côtés.

«  En rentrant chez moi, je fais un détour sur le port de Honfleur. Sur le Vieux bassin, étrange miroir inversé, les maisons étroites et le ciel regardent leurs reflets. Ses eaux accueillent les façades bigarrées, elles ont pris les couleurs animées, éclatantes des bateaux. Il y flotte du rouge, du gris, du beige au milieu du bleu. Couleurs changeantes au fil des heures, ce paysage d’eau se redessine, se décline à l’infini. »

©Claude

De nombreuses références littéraires parsèment le livre, j’ai trouvé cela agréable d’associer l’histoire racontée dans le temps. Des personnages, tel Van Gogh, Emma Livry se glissent entre les lignes.

Vraiment ce fut un bon moment de lecture.

Les battements d’elles – Annie Petrel – Mathieu – éditeur A&H  – ISBN 9791085857624

La nuit des lavandières de Guénaël Le Duc

Caen, la ville sombre, se blottit, séduite par les charmes de la nuit. Une nuit au cours de laquelle pourtant, on allume des bûchers ardents. Une maison est retrouvée incendiée. Des jeunes femmes enlevées subissent des autodafés.Qui est ce corbeau qui prévient les gendarmes par des courriers morbides ? Quel est ce fantôme que le lieutenant Bauman de la gendarmerie va chasser, secondé par Clémence Weber sa troublante collègue ? À moins que ce ne soit lui la proie. Les deux gendarmes vont affronter le passé pour faire la lumière, mais faire la lumière, ce n’est pas forcément rendre les choses lumineuses, et la recherche de la vérité est parfois un jeu de dupes.

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L’histoire se déroule en Normandie, avec une petite virée dans le Poitou. Ce roman est lu dans le cadre d’un prix littéraire, donc une lecture imposée.

Qui allons nous rencontrer dans ce polar ? Un lieutenant Bauman et Clèmence son adjointe, un duo fort sympathique qui vont être amené à   ces terribles énigmes.

Disparition inquiétante de deux personnes dont la voiture,  aux portes ouvertes, est abandonnée sur une  route. Leurs papiers, sac et bagages sont restés dans la voiture, des questions surgissent, enlèvement ?

Non loin de ce lieu, une maison est incendiée, deux corps retrouvés carbonisés. Pourquoi ?

Des jeunes filles disparaissent mystérieusement, certaines sont attachées  et brulées sur des bûchers, quelle est la raison de cette barbarie ?

Et si tout ceci remontaient à des temps anciens, autant de pistes données aux lecteurs, et qu’évoque cette couverture, un souvenir de vacances ?

Au commissariat on commence à recevoir des lettres anonymes adressées à Bauman, et il en reçoit même chez lui. Pourquoi, quel est ce lien mystérieux avec  » le corbeau » de tous ces drames ?

L’auteur présente une  une écriture rythmée, et maitrise le suspens .

Je dois dire que j’ai aimé suivre  cet inspecteur parfois dans des situations cocasses, qui permettent de dédramatiser les situations dramatiques.

J’ai hâte de lire la suite des aventures du lieutenant Bauman et de Clémence.

Je vous invite à lire ce premier roman  » La nuit des lavandières »de  Guénaël Le Duc, édité par les Éditions des Falaises  

Paru en Juin 2019 –  isbn : 978-2-84811-422-4

 L’auteur a reçu le Prix Reine Mathilde 2020 pour son livre, au Salon du livre de Cheux en Normandie.

Celle qui pleurait sous l’eau de Niko Tackian

Auteur : Niko Tackian

Éditeur : Calmann-Lévy

Celle qui pleurait sous l’eau

SI CLARA N’AVAIT PAS AIMÉ CET HOMME, ELLE SERAIT TOUJOURS EN VIE.
Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.
Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, veut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.
Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.
QUI RENDRA JUSTICE À CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU ?

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Ce livre  est le troisième d’une trilogie, après «  Toxique » et « Fantazme« . Il peut se lire séparément mais il faut juste savoir que la vie de Kan Tomar n’est pas simple, sa mémoire lui joue des tours, il a des absences qu’il ne contrôle pas.

Ce livre débute par une noyade dans une piscine parisienne, une jeune femme, Clara,  se serait suicidée. Rhonda la coéquipière de Tomar est dubitative, elle ne  croit pas à cette version des faits.

Khan Tomar est pris par ses affaires et souhaite que cette nouvelle affaire soit élucidée vite.

Rhondha ne lâche pas l’affaire, elle veut que la vérité éclate. Elle veut rendre justice à Clara.

Le rythme est soutenu, il y a de l’action et beaucoup d’émotion. Le sujet est grave après les droits des hommes, Tackian s’attaque et défend à merveille les droits des femmes.

A travers  les personnages du livre , on ressent l’empathie et l’intérêt pour la cause féminine que Niko Tackian semble porter. En effet, l’enquête qui obsède Rhonda traite de violence et de maltraitance psychologiques de la part d’hommes qui profitent de la fragilité de certaines femmes.

les aventures de Tomar Khan semblent loin d’être finies et avoir encore de beaux jours devant elles. J’espère retrouver  Niko Tackian et ses acolytes très bientôt dans un prochain roman.

 

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

 Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Fils d’un pasteur danois et d’une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s’est produit le drame……

 

 

Après le Japon, me voici arrivée au Canada, j’ai apprécié et reconnu certains endroits décrits par l’auteur.

Paul Hansen est incarcéré dans le pénitencier de Bordeaux, à Montréal. Le lecteur découvre tardivement quelle peine il purge. Il partage une petite cellule avec  Patrick Horton, fan de Harley, qui s’est fait tatoué sa vie sur le dos, incarcéré pour meurtre.

Jean-Paul Dubois alterne le présent et le passé de la vie de Paul Hansen. On découvre peu à peu les membres de la famille de Paul, son enfance avec  son père, Johanes danois d’origine qui était venu s’installer au Québec, pasteur de son état, sa mère, Anna qui tenait un petit cinéma. . Puis il y a sa compagne Winona, qui pilote un aaéroplane, qui le fera voler avec son inséparable Nouk, sa chienne fidèle. Winona qui savait » lire les messages du vent, les rideaux de la pluie, écouter grincer les arbres ». Notre héros vit dans sa petite cellule avec les fantômes du passé.

La liberté peut se perdre, mais pas la dignité. Qu’est-il arrivé à cet homme, concierge d’un immeuble pour en arriver là ? Paul fut homme à tout faire, gardien d’immeuble, tâche qu’il a toujours pratiquée dans la bienveillance. Il n’a pas fallu grand chose pour déstabiliser l’ensemble, juste l’arrivée d’un gestionnaire manipulateur et autoritaire.

Paul n’est pas de ce monde-là. . Paul est seul mais digne. Il trouve la consolation dans un dialogue très vivace avec les fantômes de son passé qu’il convoque le plus qu’il peut.
Ce livre fait du bien et rassure dans le flot des désillusions. Il est pourtant fort mélancolique et narre l’histoire d’une chute, mais ce qu’on retient, c’est la bienveillance humaniste, la tendresse humaine . L’humour est aussi présent dans ce livre.

Éditeur : L’Olivier (14 août 2019), ISBN : 2823615164

Les fleurs du lac de Christelle Angano

Mebrat est éthiopienne. Dans son village, on pratique encore l’excision. C’est contre cette tradition que la jeune femme, moderne et courageuse, va décider de s’élever en refusant de confier sa cadette à l’exciseuse. Comment réagira le village ?

 

 

 

« Dans le monde, une fillette es excisée toutes les dix secondes « 

En Éthiopie toutes les femmes sont excisées, c’est une coutume. On doit le faire.

Mais un jour, Mebrat refuse. Elle est excisée, sa fille aînée aussi mais pour cette deuxième fille ,Shoaye, elle ne veut plus de ce barbarisme. Elle veut que sa fille soit  une  femme à part entière. Elle refusera de remplacer sa belle – mère qui est l’exciseuse attitrée et qui va devoir arrêter après des années de travail .

« tu seras une femme fière et entière »
Non, on ne te coupera pas.
je n’ai pas eu ce courage pour ta sœur, je l’aurai pour toi. Je n’ai plus peur.»
 
« Les fleurs ne sont pas faites pour être coupées »

Son mari est à ses côtés. Le village va se liguer contre elle.  Ce sera long, mais elle luttera contre tous. Peu à peu d’autres personnes la suivront.

Shoaye  adulte, deviendra médecin. Elle proposera aux femmes mutilées  une reconstruction de leur intimité.

Un sujet malheureusement encore d’actualité de nos jours, que l’auteur aborde avec délicatesse ,  sans jugement, juste des faits.

J’ai aimé ce livre, le sujet est fort mais l’auteur a su nous plonger dans ce pays aux couleurs chatoyantes et aux odeurs de café grillé malgré le sujet du livre.

L’excision est un acte grave, il faut continuer à informer , et à faire prendre conscience qu’il peut être abandonné, le chemin sera très long…

Les fleurs du lac – Christelle Angano – ISBN : 9791093552866 Éditeur : éditions de la Rémanence (05/04/2019).

Lu en décembre 2019.