Archives de tags | littérature française

Le grand marin de Catherine Poulain

Une vie de femme peu ordinaire , une femme qui rêve de s’embarquer sur un bateau de pêche. Elle va cohabiter avec des hommes, des marins. Ces hommes , ils pêchent, ils dorment, ils travaillent , accostent sur un port de pêche, prennent une cuite et repartent vers la même vie routinière. Lili est là ,Lili a quitté Manosque-les-Plateaux, Manosque-les-Couteaux, sa France natale, elle veut connaître la liberté, elle veut l’Alaska, elle veut pêcher  elle embarque sur le « Rebel ». Elle va devoir faire sa place, seule femme à bord. Elle va devoir se faire accepter, mener son travail malgré des blessures, une côte cassée, une arête de poisson dans la main, surtout ne pas se plaindre.

Mais ce livre ouvre les yeux sur cette vie qu’on ne soupçonne pas à bord d’un bateau de pêche. Malgré leur rudesse, ces hommes ont un cœur d’or. Ils sont d’une sensibilité, vous la découvrirez en lisant ce livre.

J’ai aimé l’écriture de Catherine Poulain, la musique de ses mots, la musique de la mer. On sait que Catherine Poulain nous livre ici sa propre vie, elle est Lili. Je l’ai lu très vite, déçue de devoir le quitter.

ISBN : 2757864475
Éditeur : Points (06/04/2017)

existe en format numérique.

Publicités

Point cardinal de Leonor de Recondo #RL2017

 « combien de temps pour être soi-même ? « 

Laurent est marié avec Solange, père de deux enfants, Thomas et Claire. Une famille normale, mais Laurent sent qu’il n’en peut plus. Laurent sent au fond de lui qu’il est une femme. Parfois, il se transforme en femme, robe, perruque..il devient Mathilda , il se cache aux yeux des siens. Mais un jour, il décide d’aller au-delà de franchir une étape, d’avouer aux siens, qu’il ne veut plus être un homme, il veut répondre à la demande de son corps et devenir femme.

Léonor de Recondor livre le combat de Laurent, qui deviendra Lauren. Les émotions , tant chez Lauren que dans sa famille sont dévoilées avec beaucoup de sensibilité.

 

« La peau de Lauren, Solange veut la parcourir afin de ne pas oublier sa texture. Elles se sont couchées et sont maintenant front contre front, les yeux fermés. Je ne veux pas oublier celui que tu as été. Je t’ai caressé pendant des années sans y penser. Maintenant, tu es ici et ailleurs. »

 

C’est un sujet troublant qui est traité avec beaucoup de pudeur, j’ai aimé l’écriture de Léonor de Recondo. J’ai été bouleversée par les mots et l’écriture de l’auteur, sans jugement, juste des mots pour appréhender cette transformation.

Un livre que je recommande vivement.

Léonor de Récondo, Point cardinal, Sabine Wespieser, aout 2017, 232 pages, ISBN ;  2848052260 , 20 euros 

La musique du livre :

Le bruit du silence de Léa Wiazemsky

            Laure est venue chercher ses toiles dans la maison familiale, et malgré le temps , elle ne restera pas. Il neige dru. Elle ne peut pas rester, son père, François vit ici, et il l’ignore.

Laure quitte la maison familiale, malgré le froid et la neige. Quelques kilométres plus loin, la voiture dérape. Il ne reste qu’une solution, retourner à la maison.

« Je ne veux pas y retourner, je ne peux pas. J’ai peur de sa réaction, peur de son regard sur moi. Ce regard qui me blesse chaque fois, qui me fait me sentir si nulle…si petite « 

Laure reprend ses esprits et se dirige vers la maison. Simone l’accueillera, elle qui est toujours là, elle veille sur lui et sur la maison. Simone la serre dans ses bras, et son père lui lance sa colère au visage. Et là, Simone n’y tenant plus, réagit. François s’enfuit dans le jardin.

Que se passe -t-il donc dans cette maison ? comment des êtres qui devraient être si proches, laissent-ils la haine les envahir? Quel est ce mal qui régit François ?

Un secret de famille , mais quand sera – t- il dévoilé ? François va enfin puiser la force qu’il a en lui pour laisser éclater la vérité. Et là ses sentiments , pour sa fille Laure, n’en seront que plus forts.

Je suis tombée sous le charme de l’écriture de Léa Wiazemsky, ce huis-clos familial est fort, il est très riche en émotions. C’est un livre qui se lit vite , mais il ne s’oublie pas.

Léa Wiazemsky

ISBN : 2749929059
Éditeur : Michel Lafon  (02/02/2017)
 
Léa Wiazemsky,  est française, romancière et comédienne.
Léa participe à l’Atelier Blanche Salant avant de suivre de 2001 à 2004 les cours de l’école d’art dramatique fondée par Jean Périmony. Non seulement actrice au cinéma (« Eden à l’ouest », 2009), elle joue dans plusieurs pièces de théâtre, on la voit également dans de nombreux téléfilms (« Louis XV, le Soleil noir, 2009).En 2015, elle prend la plume pour raconter la rencontre aussi bouleversante qu’inattendue entre une jeune femme un peu perdue et un vieil homme solitaire: « Le vieux qui déjeunait seul », un premier roman touchant, salué par la critique.En 2017, elle nous revient avec son second roman, « Le bruit du silence »

La beauté des jours de Claudie Gallay

Je l’ai déjà lue, Claudie Gallay. J’ai aimé son écriture, mais là j’ai trouvé son récit long, l’histoire a du mal à se mettre en place.

C’est une vie simple qui est décrite, la vie de Jeanne, femme mariée, deux filles qui  sont parties de la maison. Jeanne travaille, son mari aussi.  Les habitudes se sont installées, la vie est rythmée par le passage des trains. Jeanne a aussi une passion : la vie de Marina Abramovic. Elle suit toute son actualité, elle lui écrit des lettres qu’elle envoie parfois, mais pas toujours. Jeanne aime aussi suivre les gens dans la rue, afin d’agrémenter sa vie routinière. Un jour, elle suit un homme qui n’est pas tout à fait un inconnu.

A partir de ce moment, sa vie va changer. Elle va se dévoiler peu à peu, livrer ses pensées, celles d’une femme dont la vie est routinière, mais qui s’interroge beaucoup.

Elle aimerait changer cette vie mais va – t-elle oser  s’éveiller en révélant en elle la vie ou plutôt sa vie..

 

La beauté des jours, roman de Claudie Gallay, Éditions Actes Sud, Août 2017

Ce livre participe aussi au  :

 

Sharko de Franck Thilliez

Parution aux éditions Fleuve en mai 2017

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.

Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.

Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

(Source : Fleuve – Pages : 576 – ISBN : 9782265115590 – Prix : 21,90 )

Dans cet opus, une fois n’est pas coutume, nous connaissons le nom d’un tueur, ou plutôt une tueuse, et celle-ci n’est pas inconnue des services de police. Il s’agit de Lucie Hennebelle. « Elle avait pénétré chez quelqu’un en pleine nuit et tué avec son arme de service. »
« Flic ou pas, aux yeux de la loi, elle avait commis un homicide. »

Qui a t-elle tué ? Julien Ramirez, un homme qui a déjà été condamné pour agression et tentative de viol.

Elle appelle Sharko, complices de tous les jours, au travail comme à la maison. Ils ont construit ensemble leur vie et ont deux enfants. Sharko ne veut pas que ce bel édifice s’effondre. Il va « maquiller » le crime afin d’épargner Lucie. Il veut surtout récupérer l’enquête afin de préserver au mieux sa compagne.

Mais ils ne sont pas seuls au 36 à être compétents. Nicolas se doute de quelque chose, il mène sa propre enquête. Il risque parfois même de se compromettre.

L’auteur nous présente un roman fort documenté . Il nous parle de la peur. La peur , une émotion que tout être humain possède. Dans ce monde décrit par Thilliez, certaines personnes n’éprouvent plus de peur. Pourquoi ? et sans peur, on peut tout faire?

Alors qu’au début, l’enquête est très portée sur l’ésotérisme, la sorcellerie ou le satanisme. Le roman revient rapidement à une trame scientifique . Son thème principal, c’est cette fois le sang.  Ce sang si convoité, transfusion, groupe sanguin, don du sang, sang contaminé …

« Il y a un rapport très fort au sang dans notre enquête, mais on n’arrive pas à comprendre lequel. »

Vous allez être pris dans un engrenage , vous connaissiez le sang, mais pas présenté comme dans ce livre. Cela fait froid dans le dos. Mais nous lecteurs, nous continuons notre lecture, happés par toutes ces révélations qui sont fictions et réalités mélangées.

Et n’oublions pas notre couple, Lucie et Sharko, il faut qu’ils s’en sortent. Le rythme est infernal..

 

Malgré tout ce qu’il a pu écrire, la dernière phrase du livre est, dans la rubrique  » Remerciements  » «  Et pensez au don du sang. Un geste simple, mais surtout une expérience humaine qui sauve des vies « .

 

Ce livre participe au challenge polar

 

 

 

Seules les bêtes de Colin Niel

ob_bec1af_seules-les-betesSeules les bêtes

Colin Niel

Rouergue noir – 2017

214 pages

 

 

 

Un polar aux allures étranges, l’héroïne de ce polar est la solitude. Cette solitude qui sévit dans ce milieu rural des Causses. Ces Causses où souffle le vent, dans cette campagne où un jour une femme disparaît, sa voiture abandonnée à l’entrée d’un chemin. Evelyne Ducat , épouse sans histoire d’un riche homme d’affaires , n’est pas revenue de sa randonnée.

L’auteur met en scène cinq personnages qui vont tour à tour se livrer, faire part de leurs émotions où surgit toujours la solitude. Alice, l’assistante sociale qui visite les agriculteurs, pour leur apporter un peu d’aide. Mais qui elle se désespère, car son couple se meurt. Joseph qui vit au milieu de ses brebis, qui accepte la visite d’Alice, car depuis la mort de sa mère, il vit seul.. Maribé, la petite parisienne qui recherche l’amour. Le mari d’ Alice, Michel qui s’octroie  des heures de liberté, seul après son travail à la ferme. Et cet autre inconnu d’Afrique, qui est -il ? vous l’avez bien sûr vu, sur la couverture du livre ?

Mais la solitude les ronge tous, au milieu de ces Causses. L’auteur insiste sur ces petites vies qui survivent malgré tout avec peu de bien.

On ferait n’importe quoi, pour aimer et être aimé.

Un livre poignant à lire.

Je l’ai lu en numérique , emprunté sur la BdC.

Je continue le challenge polar, chez Sharon.

 

Tout pour plaire de Ingrid Desjours

Tout pour plaire  

Ingrid Desjours

Thriller

Éditeur : Robert Laffont – 2014

ISBN : 9782221145944 

 

 

 

Après » la prunelle de ses yeux », j’ai voulu lire de nouveau cet auteur et j’ai choisi celui-ci.

Un thriller psychologique, vous aimez ? vous êtes au bon endroit, laissez vous porter par cette histoire. Non, vous ne devinerez pas le coupable.

David est un coach au succès fou,  belle situation, belle femme  belle maison, belle vie. Deborah est une jolie jeune femme, réservée et dévouée à son mari.Tout est sous contrôle .Cela fait rêver, mais ne vous y méprenez pas, il y a l’envers du décor.

Le frère de David, Nicolas, vient perturber ce bel édifice. Lui , il est le mauvais démon . Sa femme a disparu, et il vient  se réfugier chez son frère avec sa petite fille. David et Nicolas ne se sont pas vus depuis des années. Ce n’est pas avec joie que David accepte son frère.

Sacha, un commissaire de police va se charger de la disparition de la femme de Nicolas.

Tous les personnages principaux de ce thriller psychologique sont en place, maintenant, Ingrid Desjours n’a plus qu’à les faire jouer à sa manière. Cela sera une descente aux enfers pour chacun d’eux.

L’auteur maîtrise et ensorcelle le lecteur, je ne m’attendais pas à un tel dénouement.

Ingrid Desjours : Née en 1976,  est psychologue spécialisée en psycho-criminologie. Après avoir pratiqué en Belgique auprès de criminels sexuels, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture romanesque et scénaristique. Elle a déjà publié Echo et Potens (Plon, 2009 et 2010) remarqués et plébiscités par la presse et le public. Elle publie aussi sous le nom de Myra Eljundir, elle a écrit la série Kaleb.

De nouveau une participation au challenge Polar de Sharon

.