Les battements d’elles de Annie Pétrel – Mathieu

Milly vit à Paris. Elle est une petite main de l’atelier Flou de l’Opéra Garnier. Comme dans une maison de haute couture, elle confectionne les tutus pour le prochain ballet. Avec ses aiguilles, elle fait des entrechats du bout de ses doigts, surtout depuis sa rencontre avec Noé…
Marah vit à Honfleur et travaille au musée Eugène Boudin. A quelques mois de son mariage, un tableau découvert dans la galerie de peinture de son grand-père va venir tout bouleverser… Deux histoires que rien ne semble relier et pourtant…

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Que dire de ce livre, c’est ma première rencontre avec cet auteur. Je fus ensorcelée par la poésie de ses mots. Ils sont douceurs, ils s’harmonisent avec les couleurs, les couleurs des fleurs du jardin, les couleurs des toiles peintes.

J’ai aimé suivre le cheminement de vie de Marah, retrouver avec elle, les souvenirs de son grand-père aujourd’hui disparu. J’ai parcouru les rues de Honfleur à ses côtés.

«  En rentrant chez moi, je fais un détour sur le port de Honfleur. Sur le Vieux bassin, étrange miroir inversé, les maisons étroites et le ciel regardent leurs reflets. Ses eaux accueillent les façades bigarrées, elles ont pris les couleurs animées, éclatantes des bateaux. Il y flotte du rouge, du gris, du beige au milieu du bleu. Couleurs changeantes au fil des heures, ce paysage d’eau se redessine, se décline à l’infini. »

©Claude

De nombreuses références littéraires parsèment le livre, j’ai trouvé cela agréable d’associer l’histoire racontée dans le temps. Des personnages, tel Van Gogh, Emma Livry se glissent entre les lignes.

Vraiment ce fut un bon moment de lecture.

Les battements d’elles – Annie Petrel – Mathieu – éditeur A&H  – ISBN 9791085857624

La nuit des lavandières de Guénaël Le Duc

Caen, la ville sombre, se blottit, séduite par les charmes de la nuit. Une nuit au cours de laquelle pourtant, on allume des bûchers ardents. Une maison est retrouvée incendiée. Des jeunes femmes enlevées subissent des autodafés.Qui est ce corbeau qui prévient les gendarmes par des courriers morbides ? Quel est ce fantôme que le lieutenant Bauman de la gendarmerie va chasser, secondé par Clémence Weber sa troublante collègue ? À moins que ce ne soit lui la proie. Les deux gendarmes vont affronter le passé pour faire la lumière, mais faire la lumière, ce n’est pas forcément rendre les choses lumineuses, et la recherche de la vérité est parfois un jeu de dupes.

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L’histoire se déroule en Normandie, avec une petite virée dans le Poitou. Ce roman est lu dans le cadre d’un prix littéraire, donc une lecture imposée.

Qui allons nous rencontrer dans ce polar ? Un lieutenant Bauman et Clèmence son adjointe, un duo fort sympathique qui vont être amené à   ces terribles énigmes.

Disparition inquiétante de deux personnes dont la voiture,  aux portes ouvertes, est abandonnée sur une  route. Leurs papiers, sac et bagages sont restés dans la voiture, des questions surgissent, enlèvement ?

Non loin de ce lieu, une maison est incendiée, deux corps retrouvés carbonisés. Pourquoi ?

Des jeunes filles disparaissent mystérieusement, certaines sont attachées  et brulées sur des bûchers, quelle est la raison de cette barbarie ?

Et si tout ceci remontaient à des temps anciens, autant de pistes données aux lecteurs, et qu’évoque cette couverture, un souvenir de vacances ?

Au commissariat on commence à recevoir des lettres anonymes adressées à Bauman, et il en reçoit même chez lui. Pourquoi, quel est ce lien mystérieux avec  » le corbeau » de tous ces drames ?

L’auteur présente une  une écriture rythmée, et maitrise le suspens .

Je dois dire que j’ai aimé suivre  cet inspecteur parfois dans des situations cocasses, qui permettent de dédramatiser les situations dramatiques.

J’ai hâte de lire la suite des aventures du lieutenant Bauman et de Clémence.

Je vous invite à lire ce premier roman  » La nuit des lavandières »de  Guénaël Le Duc, édité par les Éditions des Falaises  

Paru en Juin 2019 –  isbn : 978-2-84811-422-4

 

 

Celle qui pleurait sous l’eau de Niko Tackian

Auteur : Niko Tackian

Éditeur : Calmann-Lévy

Celle qui pleurait sous l’eau

SI CLARA N’AVAIT PAS AIMÉ CET HOMME, ELLE SERAIT TOUJOURS EN VIE.
Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.
Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, veut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.
Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.
QUI RENDRA JUSTICE À CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU ?

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Ce livre  est le troisième d’une trilogie, après «  Toxique » et « Fantazme« . Il peut se lire séparément mais il faut juste savoir que la vie de Kan Tomar n’est pas simple, sa mémoire lui joue des tours, il a des absences qu’il ne contrôle pas.

Ce livre débute par une noyade dans une piscine parisienne, une jeune femme, Clara,  se serait suicidée. Rhonda la coéquipière de Tomar est dubitative, elle ne  croit pas à cette version des faits.

Khan Tomar est pris par ses affaires et souhaite que cette nouvelle affaire soit élucidée vite.

Rhondha ne lâche pas l’affaire, elle veut que la vérité éclate. Elle veut rendre justice à Clara.

Le rythme est soutenu, il y a de l’action et beaucoup d’émotion. Le sujet est grave après les droits des hommes, Tackian s’attaque et défend à merveille les droits des femmes.

A travers  les personnages du livre , on ressent l’empathie et l’intérêt pour la cause féminine que Niko Tackian semble porter. En effet, l’enquête qui obsède Rhonda traite de violence et de maltraitance psychologiques de la part d’hommes qui profitent de la fragilité de certaines femmes.

les aventures de Tomar Khan semblent loin d’être finies et avoir encore de beaux jours devant elles. J’espère retrouver  Niko Tackian et ses acolytes très bientôt dans un prochain roman.

 

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

 Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Fils d’un pasteur danois et d’une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s’est produit le drame……

 

 

Après le Japon, me voici arrivée au Canada, j’ai apprécié et reconnu certains endroits décrits par l’auteur.

Paul Hansen est incarcéré dans le pénitencier de Bordeaux, à Montréal. Le lecteur découvre tardivement quelle peine il purge. Il partage une petite cellule avec  Patrick Horton, fan de Harley, qui s’est fait tatoué sa vie sur le dos, incarcéré pour meurtre.

Jean-Paul Dubois alterne le présent et le passé de la vie de Paul Hansen. On découvre peu à peu les membres de la famille de Paul, son enfance avec  son père, Johanes danois d’origine qui était venu s’installer au Québec, pasteur de son état, sa mère, Anna qui tenait un petit cinéma. . Puis il y a sa compagne Winona, qui pilote un aaéroplane, qui le fera voler avec son inséparable Nouk, sa chienne fidèle. Winona qui savait » lire les messages du vent, les rideaux de la pluie, écouter grincer les arbres ». Notre héros vit dans sa petite cellule avec les fantômes du passé.

La liberté peut se perdre, mais pas la dignité. Qu’est-il arrivé à cet homme, concierge d’un immeuble pour en arriver là ? Paul fut homme à tout faire, gardien d’immeuble, tâche qu’il a toujours pratiquée dans la bienveillance. Il n’a pas fallu grand chose pour déstabiliser l’ensemble, juste l’arrivée d’un gestionnaire manipulateur et autoritaire.

Paul n’est pas de ce monde-là. . Paul est seul mais digne. Il trouve la consolation dans un dialogue très vivace avec les fantômes de son passé qu’il convoque le plus qu’il peut.
Ce livre fait du bien et rassure dans le flot des désillusions. Il est pourtant fort mélancolique et narre l’histoire d’une chute, mais ce qu’on retient, c’est la bienveillance humaniste, la tendresse humaine . L’humour est aussi présent dans ce livre.

Éditeur : L’Olivier (14 août 2019), ISBN : 2823615164

Les fleurs du lac de Christelle Angano

Mebrat est éthiopienne. Dans son village, on pratique encore l’excision. C’est contre cette tradition que la jeune femme, moderne et courageuse, va décider de s’élever en refusant de confier sa cadette à l’exciseuse. Comment réagira le village ?

 

 

 

« Dans le monde, une fillette es excisée toutes les dix secondes « 

En Éthiopie toutes les femmes sont excisées, c’est une coutume. On doit le faire.

Mais un jour, Mebrat refuse. Elle est excisée, sa fille aînée aussi mais pour cette deuxième fille ,Shoaye, elle ne veut plus de ce barbarisme. Elle veut que sa fille soit  une  femme à part entière. Elle refusera de remplacer sa belle – mère qui est l’exciseuse attitrée et qui va devoir arrêter après des années de travail .

« tu seras une femme fière et entière »
Non, on ne te coupera pas.
je n’ai pas eu ce courage pour ta sœur, je l’aurai pour toi. Je n’ai plus peur.»
 
« Les fleurs ne sont pas faites pour être coupées »

Son mari est à ses côtés. Le village va se liguer contre elle.  Ce sera long, mais elle luttera contre tous. Peu à peu d’autres personnes la suivront.

Shoaye  adulte, deviendra médecin. Elle proposera aux femmes mutilées  une reconstruction de leur intimité.

Un sujet malheureusement encore d’actualité de nos jours, que l’auteur aborde avec délicatesse ,  sans jugement, juste des faits.

J’ai aimé ce livre, le sujet est fort mais l’auteur a su nous plonger dans ce pays aux couleurs chatoyantes et aux odeurs de café grillé malgré le sujet du livre.

L’excision est un acte grave, il faut continuer à informer , et à faire prendre conscience qu’il peut être abandonné, le chemin sera très long…

Les fleurs du lac – Christelle Angano – ISBN : 9791093552866 Éditeur : éditions de la Rémanence (05/04/2019).

Lu en décembre 2019.

 

 

Loin de Alexis Michalik

Tout commence par quelques mots griffonnés au dos d’une carte postale : « Je pense à vous, je vous aime. » Ils sont signés de Charles, le père d’Antoine, parti vingt ans plus tôt sans laisser d’adresse. Avec son meilleur ami, Laurent, apprenti journaliste, et Anna, sa jeune sœur complètement déjantée, Antoine part sur les traces de ce père fantôme. C’est l’affaire d’une semaine, pense-t-il… De l’ex-Allemagne de l’Est à la Turquie d’Atatürk, de la Géorgie de Staline à l’Autriche nazie, de rebondissements en coups de théâtre, les voici partis pour un road movie généalogique et chaotique à la recherche de leurs origines insoupçonnées.

Alexis Michalik a décidément le goût de l’aventure : après le succès phénoménal d’Edmond, le comédien, metteur en scène et dramaturge couronné par cinq Molières, nous embarque à bord d’un premier roman virevoltant, drôle et exaltant.

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Vous souhaitez voyager, alors pas d’hésitation, lisez « Loin » de Alexis Michalik.

Un jour, Antoine reçoit une carte postale envoyée d’Autriche vingt-ans plus tôt et qui s’était perdue : elle est signée par son père, Charles, parti un jour sans laisser d’adresse il y a deux décennies. Sans en parler à sa mère ou à sa fiancée, il décide de partir à la recherche de son père, accompagné par sa petite sœur Anna, et par son meilleur ami Laurent.

Nos trois amis vont de pays en pays, de découvertes en découvertes. Partant de France, en passant par  l’Autriche, la Suisse, l’Allemagne, la Turquie….dans chaque pays, les intrigues se mêlent aux situations rocambolesques. L’auteur nous rappelle les faits historiques et l’Histoire qui se rattache à chaque pays visité.

L’écriture est vive, pleine d’humour. Je ne me suis pas ennuyée lors de cette lecture. Les personnages sont sympathiques, en recherche d’eux-même, c’est une quête identitaire en passant par leurs propres origines.

Alexis Michalik est acteur, metteur en scène et scénariste.

Loin, d’Alexis Michalik, 644 pages, Albin Michel, 22,90€, parution le 04/09/2019. Je l’ai lu en décembre 2019.

De pierre et d’os de Bérangère Cournut

De pierre et d’os

Bérangère Cournut

Éditions Le Tripode (29/08/2019)

ISBN : 2370552123

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman).

De pierre et d’os a reçu le prix du roman Fnac 2019.

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Une nuit, dans cette contrée du monde, un choc scinde la banquise en deux. D’un côté  Uqsuralik et de l’autre sa famille. La jeune Inuit doit affronter le froid, la solitude, la faim. Il ne lui reste que ses cinq chiens de sa vie passée.

Elle va rechercher à se rapprocher de ses semblables, elle va devoir composer face à la nature. Elle aidera à pourvoir en nourriture les peuples qu’elle rencontrera sur son chemin. Elle découvrira la sociabilité, son désir de femme ainsi que la maternité. Elle cohabitera avec des tribus comme avec les bêtes peuplant le Grand Nord : baleines, morses, renards arctiques, ours.. Elle sera initiée au chamanisme.

Au milieu des pages, quelques chants s’y glissent, en voici  l’un : Le chant du renard arctique

Je suis un flocon de neige

Qui est tombé du ciel

Jusqu’à une banquise inconnue

Je suis un souffle au creux de la nuit polaire

Je suis un renard blanc qui a fondu.

J’ai vécu moins de deux lunes

Au milieu d’un peuple de lanternes

J’ai vu des hommes qui vivent sous la glace

D’une mer antique à jamais disparue

Je suis le garçon qui cherchait la femme de pierre

Je suis l’enfant de l’ourse et de l’homme lumière

Mon père fait peur aux humains qui ne le connaissent pas

Aucun de leurs défunts n’a voulu me donner

Me donner un nom qui soit le sien

Je reviendrai sous une autre forme, à un autre moment

Je suis une étincelle qui n’a vécu qu’un instant

Sous le ventre  lisse et poreux de ma mère.

C’est un magnifique voyage que nous propose Bérangère Cournut .  Elle a étudié tout ce qui se rapportait au Groenland : le fonds polaire de Jean Malaurie, celui de Paul-Emile Victor, des écrits de missionnaires oubliés, le célèbre récit de Knud Rasmussen, des photographies, cartes et dessins, des livres écrits par les Inuits eux-mêmes. Elle a fréquenté deux ethnologues spécialisées, Bernadette Robbe et Joëlle Robert-Lamblin. De fait, cet ethno-romanest ­augmenté en fin de volume d’un cahier de ­photographies en noir et blanc.

Le récit est aussi captivant que dépaysant. Ce livre  est à la fois un roman d’aventures, un récit d’apprentissage, une expérience ethnographique, un conte poétique, ce fut pour moi  un excellent moment de lecture.