Que ferais-je sans ce monde de Samuel Beckett

Que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s’engloutissent

Que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures

haletant furieux vers le secours vers l’amour
sans ce ciel qui s’élève
sur la poussière de ses lests Que ferais-je comme hier comme aujourd’hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moiEt on passe maintenant à la version anglaise de ce même poème :

What would I do without this world faceless incurious
where to be lasts but an instant where every instant
spills in the void the ignorance of having been
without this wave where in the end
body and shadow together are engulfed

What would I do without this silence where the murmurs die

the pantings the frenzies towards succour towards love
without this sky that soars
above its ballast dust What would I do what I did yesterday and the day before
peering out of my deadlight looking for another
wandering like me eddying far from all the living
in a convulsive space
among the voices voiceless
that throng my hiddenness
 Samuel Beckett (1906-1989), né à Dublin, est sans doute, avec James Joyce , le plus connu des écrivains irlandais. C’est un romancier, dramaturge (En attendant Godot, 1952) et poète. Il quitte son pays à la veille de la Seconde Guerre mondiale et choisit de vivre en France, où il participe activement à la Résistance. Prix Nobel de Littérature en 1969, il a écrit en français une grande partie de son œuvre et la plupart de ses poèmes.

 

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Par deux fois tu mourras de Eric Fouassier

Un rappel de l’Histoire de France est nécessaire, Clovis a son empire divisé en trois royaumes Francs qui revient à ses trois petits fils, Chilpéric règne sur la Neustrie, Sigebert sur l’Austrasie et Guntrann sur la Burgondie. Ces trois rois vont s’affronter.

Nous sommes en l’an 569, sur les berges de la Seine, dans le palais de  Rouen. Galswinthe est une princesse Wisigoth, qui devint reine en épousant Chilpéric. Ce roi ne se contentait pas d’une seule femme, il avait Frédégonde pour concubine. Une nuit, quelqu’un s’introduit dans la chambre de la reine, et l’a poignardée et étouffée avec un oreiller . Cette personne était surveillée, et à son tour, il a succombé sous le coup d’une dague. Le roi Chilpéric va être accusé du meurtre de sa femme.

Quatre ans plus tard, un fait divers va relancer l’enquête de l’assassinat de Galswinthe. Les vents violents sur la région, vont faire tomber une porcherie. En nettoyant les soldats découvrent des ossements. Wintrude, esclave des Francs et ancienne princesse thuringienne, voit un collier constitué de griffes d’ours. ayant appartenu à son frère. Elle décide alors d’en informer la reine Brunehilde. Elle décide de demander à Arsénius d’enquêter.

Arsénius, introduit à Rouen, en tant que filleul de l’évêque Grégoire Ce roman de Tours, va trouver une histoire complexe à élucider. Wintrude a trouvé refuge au couvent.

Arsenius se rend compte que son séjour à Rouen indispose, il est victime d’une tentative d’assassinat. Il décide alors de quitter la région avec Wintrude.

Un important travail documentaire a été effectué par l’auteur, pour nous immerger dans ce Haut-Moyen-Age, si peu connu.

Le pouvoir est au cœur de l’histoire. Le rôle des femmes est primordial, j’ai aimé le personnage de Wintrude, qui se dévoile peu à peu. Je me sens prête à lire la suite de cette trilogie.

Cette lecture m’a été imposée dans le cadre d’un Prix Littéraire.

Editeur : JC Lattès – Date de sortie : 27 février 2019 -ISBN-10 : 2709663902

Quatrième de couverture :

Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé. Quatre ans plus tard, la soeur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence. Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne. Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instrument de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante.

 

 

Promenade anglaise

Aujourd’hui, mercredi si on allait se promener, juste de l’autre côté de la Manche.

Quelques photos de mon dernier séjour en Grande-Bretagne.

La première photo est à Heathford,  puis à York, et la dernière est le cimetière de Long Bennington.

Laura Theresa Alma-Tadema

Fille d’un éminent docteur londonien, George Napoleon Epps, Laura Theresa Epps est née en à Londres.

Très jeune, elle s’exerce à la copie de tableaux anciens au British Museum de Londres puis devient plus tard élève de William Cave Thomas et William Bell Scott à l’école de ce musée. Elle s’intéresse également à la musique, s’exerce à composer et fait partie des cercles de Ford Madox Brown (1821-1893) et de Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) qui sont ses amis.

En 1870, elle devient l’élève de Sir Lawrence Alma-Tadema. Celui-ci a perdu son épouse Marie-Pauline Gressin de Boisgirard l’année précédente et épousera Laura en secondes noces, en 1871.

Laura s’est principalement consacrée à la représentation de scènes enfantines dans des décors à la manière des maîtres néerlandais du XVIIe siècle qu’elle aimait imiter. À partir de 1873 elle a exposé régulièrement à la Royal Academy de Londres ainsi que dans différentes galeries londoniennes et britanniques et à Berlin et à Paris. À Berlin, elle obtint une médaille d’or pour son tableau Satisfaite. En 1878, elle fut l’une des seules femmes artistes invitées à participer à l’Exposition Universelle de Paris ; elle y fut primée d’une médaille d’argent .Elle est morte le à Hindhead dans le Surrey, au sud de Londres. (source Wikipédia)

 

 

Bright star de John Keats

Bright Star

Bright star, would I were stedfast as thou art—
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors—
No—yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever—or else swoon to death.

Étincelante étoile

Étincelante étoile, constant puissè-je à ton instar
Non pas naviguer seul dans la splendeur du haut de la nuit
À surveiller de mes paupières pour l’éternité désunies,
Comme de la nature l’ermite insomnieux et patient,
Les eaux mouvantes dans le rituel de leur tâche
D’ablution purifiante des rivages humains de la terre,
Ni contempler le satin du masque frais tombé
De la neige sur les montagnes et sur les landes –
Non, mais toujours constant, toujours inaltérable,
Avoir pour oreiller le sein mûr de mon bel amour,
Afin de sentir à jamais la douceur berçante de sa houle,
Éveillé à jamais d’un trouble délicieux,
Toujours, toujours ouïr de sa respiration le rythme tendre,
Et vivre ainsi toujours – ou bien m’évanouir dans la mort.

John Keats : Un exemple de sonnet de type shakespearien

(Londres, – Rome, ) est un poète britannique considéré comme un romantique de la deuxième génération, celle de Lord Byron et de Percy Bysshe Shelley. Il commence à être publié en 1817, soit quatre années avant sa mort de la phtisie, à vingt-cinq ans.