Flocons de chocolat de Magali Santos

Je remercie NetGalley et les Éditions Rival de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur

#Floconsdechocolat #NetGalleyFrance !

Présentation de l’éditeur ,

Une romance de Noël gourmande, à déguster tout au long de l’année !

Audrey, une jeune femme indépendante et ambitieuse, quitte Lyon pour s’installer à La Rosière. Loin de la grande ville française, une nouvelle vie se prépare : des montagnes, de la neige et un job passionnant dans une chocolaterie-confiserie ! Tout semble paisible et dépaysant, mais c’est sans compter sur son collègue suédois, un certain Maximilian. 

Que cache ce Viking scandinave arrogant ? Il suffit d’une fraction de seconde pour qu’il ne la supporte pas. Leur destin s’annonçait pourtant opposé. Audrey réussira-t-elle à amadouer l’ours polaire ? Parviendront-ils à se rapprocher pour le bien-être de leur entourage ?

Laissez-vous emporter par l’histoire rafraîchissante et tumultueuse d’Audrey et de Maximilian, auprès de leurs amis, Inès et Gabriel, du roman Tempête et Sucre d’orge !

Mon avis

Audrey est une jeune femme, qui veut changer de vie, de ville. Sa famille , ses parents l’ignorent alors elle postule pour un emploi dans une chocolaterie-confiserie à La Rosière.. Elle est acceptée, l’avenir est à elle, les montagnes, un petit village, un univers qu’elle ne connait pas. En route pour l’aventure !

Elle a trouvé un appartement dans une résidence, en arrivant, elle se heurte à un grincheux qui habite aussi l’immeuble. Elle se rend chez Inés et Gabriel, ses employeurs. Et là surprise, le grincheux est là, et le comble , elle va devoir travailler avec lui. Il est pâtissier et seconde Gabriel.

Le grincheux, Maximilian.  est suédois, et n’a qu’un objectif une fois sa mission accomplie, il rentre en Suède. Rien ne le fera changer d’avis.

J’ai tout de suite compris ce qui allait se passer, une ambiance chaleureuse , et cocooning. Audrey et Max, pour les intimes se heurtent souvent, mais …la fin ne surprend pas avec quelques interrogations avant d’arriver à la fin du livre.

Je dois dire que ce n’est pas du tout mon style de lecture, mais j’ai tenté. J’ai besoin de lectures faciles en ce moment, ce fut uniquement une lecture du soir lue très rapidement., et qui malgré tout fait du bien et détend.

Cette lecture peut permettre à des personnes éloignées de la lecture de renouer avec elle. Ce style de livre est tout à fait indiqué pour elles.

A propos de l’auteur ;

Magali Santos a toujours été fascinée par les romans et l’écriture est rapidement devenue sa passion. Dès son plus jeune âge, elle griffonne des histoires sur des bouts de feuille, des vieux cahiers. Puis, en 2014, elle décide de créer un blog, où elle postera des fanfictions. C’est ainsi, que Presque un Conte de Fée est né. La série Théo, Apprenti Loup Garou est, quant à elle, le premier Tome d’une saga jeunesse. ( source Babelio )

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Un homme sans titre de Xavier Le Clerc

« Si tu étais si attaché à ta carte d’ouvrier, c’est sans doute parce que tu étais un homme sans titre. Toi qui es né dépossédé, de tout titre de propriété comme de citoyenneté, tu n’auras connu que des titres de transport et de résidence. Le titre en latin veut dire l’inscription. Et si tu étais bien inscrit quelque part en tout petit, ce n’était hélas que pour t’effacer. Tu as figuré sur l’interminable liste des hommes à broyer au travail, comme tant d’autres avant toi à malaxer dans les tranchées. »En lisant Misère de la Kabylie, reportage publié par Camus en 1939, Xavier Le Clerc découvre dans quelles conditions de dénuement son père a grandi. L’auteur retrace le parcours de cet homme courageux, si longtemps absent et mutique, arrivé d’Algérie en 1962, embauché comme manœuvre à la Société Métallurgique de Normandie.

Mon avis

Ce livre est un hommage émouvant au père de l’écrivain et à toute une génération d’algérien qui ont fui leur pays, et aussi les conditions déplorables pour venir s’installer en France.

Les écrits d’Albert Camus évoqués au début du livre vont permettre à l’auteur de combler sa méconnaissance sur l’Algérie, sur les conditions de vie, sur les non-dits de son père.

Dans ce récit, Xavier Le Clerc évoque la vie de son père, Mohand-Saïd Aït-Taleb qui a grandi, dans un village kabyle, sans eau ni électricité. Son grand-père Saïd est mort pour la France, en 1917, dans les tranchées de Verdun. Son père, Abdallah, marchait des heures et des heures pour aller travailler sur les terres de colons.

Mohand-Saïd Aït-Taleb est arrivé d’Algérie en 1962. Après avoir travaillé cinq ans dans la construction des câblages, il est embauché à la SMN en 1968, il y travaillera 24 ans pour nourrir sa femme et ses neuf enfants. Il sera mis en préretraite forcée.

A travers ce portrait Xavier Le Clerc rend hommage à tous ces hommes , très souvent illettrés qui ont contribué à reconstruire la France d’après-guerre.

Le jeune Hamid -Aid-Taleb , devenu Xavier Le Clerc rend un vibrant hommage à son père Mohand-Saïd,décédé en 2020, cet homme sans titre. Hamid Aid Taleb trouve refuge à l’école, dans la lecture des livres de bibliothèque, chez Camus, Rimbaud …

Ce livre est poignant, c’est le récit de toute une vie. Chaque mot semble avoir été choisi minutieusement. Ce ne sont pas des pages pour dénoncer , mais pour faire réfléchir à mieux cerner ce que fut le colonialisme et ses excès et les révoltes qui ont suivi.

Un homme sans titre – Xavier Le Clerc – Gallimard – Rentrée littéraire 2022 – 01/09/2022 – EAN : 9782072987885

A propos de l’auteur :

Xavier Le Clerc, né en Algérie en 1979, vit aujourd’hui et travaille à Paris. Il a publié De grâce sous son premier nom Hamid Aït-Taleb. Son deuxième roman Cent vingt francs évoquait son arrière-grand-père kabyle, mort pour la France dans les tranchées de Verdun. Puis, l’auteur qui a fait ses études en France, en Normandie, a demandé la nationalité française et est devenu Xavier Le Clerc. Il explique le choix du prénom le X de Xavier comme la croix dont usait son père pour signer. Sachant que Aït-Taleb veut dire le clerc, l’homme savant celui qui aime les lettres, (ce qui est son cas), il se l’approprie, car l’écriture a toujours été son horizon. 

Musique :

Redemption song de Bob Marley m’avait bouleversé sans trop savoir pourquoi Le chanteur du ghetto du Kingston était un messie rasta.

Prix Reine Mathilde 2022

Il y avait cinq nominés . Parmi ceux – là , le Prix Reine Mathilde 2022

Le Lauréat est «  Canicule sanglante  » de Pierre – Guinot Delery .

Les nominés du Prix Reine Mathilde 2022

Parmi eux, le Prix Reine Mathilde 2022

Le Prix Reine Mathilde est remis lors du salon du livre de Cheux, petite localité Normande. L’auteur reçoit un chèque de 1000 euros.

Pour participer à ce prix, soit l’auteur est né en Normandie, ou y réside depuis quelques années, soit le récit se déroule en Normandie. Le livre doit être sorti entre le 1 juillet de l’année et le 1 juillet de l’année suivante, année du salon.

Alors si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à proposer vos livres à prixreinemathilde14210@gmail.com.

Le Mont-Blanc se souviendra des hirondelles de Alain Pyre

Quatrième de couverture

Nathalie est la mère comblée d’un unique fils, Mathieu, étudiant brillant promis à une belle carrière d’avocat jusqu’à ce que ce dernier trouve la mort dans un accident de montagne pendant l’été 2012. Instantanément, Nathalie tient Léa Lambert, la compagne de ce fils adoré, pour responsable. N’ayant jamais accepté la jeune femme et encouragé par divers moyens son fils à mettre un terme à leur relation, elle accuse Léa d’avoir entrainé son fils dans une ascension trop difficile et surtout, ne supporte pas qu’elle ait survécu.
Anéantie, incapable de faire son deuil, Nathalie ressasse et nourrit sa rancœur jusqu’au confinement général du printemps 2020 où elle retrouve Léa Lambert sur Facebook. Non seulement celle-ci a l’indécence d’y étaler sa joie de vivre mais en plus, elle y parle de son projet pour l’été une randonnée alpine autour de la Mer de Glace. La haine de Nathalie entre en éruption !
Elle doit agir, venger son fils et tous les rêves qu’elle avait bâtis pour lui.

Mon avis

Une belle couverture , un récit qui se passe dans les montagnes, le dépaysement est assuré.

Une mère Nathalie a perdu son fils accidentellement. Elle ne vit plus depuis ce jour. Elle vit repliée sur elle-même .Elle incombe la faute à l’ex petite amie de son fils . Elle retrouve Léa sur les réseaux sociaux. Elle apprend qu’elle doit faire une excursion non loin du lieu où son fils a disparu. Elle décide de s’inscrire à celle-ci sous un faux nom. Elle va tout faire pour lui faire payer le malheur qu’elle lui fait subir. Un faux pas, une chute est si vite arrivée…Arrivera -t-elle à venger son fils ?

Le cadre est magnifique, l’histoire traîne en longueur. Pourtant l’auteur décrit la montagne et ses alentours avec une précision inégalée. L’écriture est ciselée, les descriptions sont très détaillées. . L’auteur a su étoffé son récit par du vécu, l’histoire des alpinistes, le premier qui a réussi à gravir le toit de l’Europe, l’histoire de la statue qui se trouve à Chamonix et montre le Mont-Blanc. L’auteur évoque aussi avec beaucoup de justesse l’écologie, de la fonte de la mer de Glace, de ce qui pourrait être fait.

Si vous aimez les descriptions poétiques et être immergés dans le décor, vous serez comblés. Mais l’enjeu principal de cette randonnée de plusieurs jours. Nathalie, elle, y pense tout le temps.

Alain Pyre dans ce livre nous invite à comprendre qu’un sourire peut cacher une douleur, que la souffrance a besoin de coupables et que l’agressivité peut être une protection.

Une fin inattendue clôt le roman.

Le mont Blanc se souviendra des hirondelles – Alain Pyre – Éditions de BoréeCollection Terres d’écriture – ISBN 9782812938443- Parution 13/01/2022

A propos de l’auteur :

Alain Pyre est un romancier français publié aux éditions de Borée. Ingénieur en aérospatiale et formateur, ses romans explorent les comportements humains lors de passages clefs de l’existence. La nature — la montagne en particulier — occupe une place centrale dans ses ouvrages.

Lecture en hommage à Goran

Je n’ai pas lu le livre proposé en lecture commune, mais un autre de Paul Auster. Vous pouvez trouver d’autres lectures sur le blog de Marie-Anne du blog , La Bouche à Oreilles, en hommage à Goran.

Nathan Glass a soixante ans. Un divorce, un cancer en rémission, trente ans de carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le der-nier versant de son existence avec sérénité.
Chaque jour, Brooklyn et ses habitants le séduisent davantage, il prend ses habitudes, tombe sous le charme d’une serveuse et décide de faire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses faiblesses de langage, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés.
Un matin de printemps, le 23 mai de l’an 2000, ce livre intitulé Le Livre de la folie humaine prend une autre dimension. Ce jour-là, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood. Perdu de vue depuis longtemps, ce garçon de trente ans reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur de son oncle. Et c’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur histoire, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout, le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…

Il y a quelques mois que j’ai lu ce livre. J’avais pris les notes que je vous partage maintenant.

Nathan Glass revient à Brooklyn pour y vivre ses derniers jours. Il aura bientôt 60 ans et a souffert d’un cancer du poumon. Il ne croit pas à sa rémission, vient de divorcer et est à la retraite. Il décide donc d’écrire un livre : « The Book of human folly, » où il écrit ses anecdotes, ses pensées… Souvent, il se rend à la librairie Brightman’s Attic. C’est là qu’il va rencontrer son neveu, Tom Wood, qu’il a perdu de vue depuis la mort de sa sœur, June. Comme lui, Tom est paumé, n’a pas supporté d’échouer à son doctorat de littérature. Après avoir été chauffeur de taxi, il s’est vu offrir un job d’assistant par le propriétaire de la librairie, Harry Brightman.. La rencontre avec son neveu Tom Wood va réveiller en lui des sentiments enfouis, l’amour filial

Autour des héros, Nathan et Tom, gravitent de nombreux personnages qui ont tous quelque chose de particulier, ils sont tous touchants : Harry bien sûr, Rufus, Nancy Mazzuchelli, Lucy et Aurora Wood. De ces rencontres naitra  » l’hôtel Existence » un endroit intemporel, un refuge pour les âmes égarées.

Ce livre est une véritable ode à l’amour et à l’amitié, en dépit des différences ethniques, des préférences sexuelles. Les personnages sont magnifiquement mis en valeur et nous les voyons évoluer avec grand bonheur.

C’est également une ode à la littérature et au pouvoir d’évasion des livres. De nombreuses références littéraires parsèment l’histoire : citons Nathaniel Hawthorne, Thackeray, Poe, Kafka…

Paul Auster nous délivre un pur moment de bonheur , véritable conte philosophique.

J’ai passé un bon moment de lecture.

Brooklyn Follies – Paul Auster – Christine Le Bœuf (Traducteur) Acte Sud – EAN 9782742765317 – 363 pages.

A propos de l’auteur :

Paul Auster est un écrivain américain. Paul Auster écrit des articles pour des revues, débute les premières versions du « Voyage d’Anna Blume » et de « Moon Palace », travaille sur un pétrolier, revient en France pour un séjour de trois ans (1971-1974) où il vit de ses traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon), et écrit des poèmes et des pièces de théâtre en un acte. Il publie un roman policier sous le pseudonyme de Paul Benjamin (« Fausse balle »). Son premier ouvrage majeur est une autobiographie, « L’Invention de la solitude », écrite après la mort de son père. De 1986 (sortie de « Cité de verre » ; premier volume de la « Trilogie new-yorkaise ») à 1994 (« Mr. Vertigo »), il publie des romans majeurs comme « Moon Palace » et « Léviathan » (Prix Médicis étranger). Il revient alors au cinéma, en adaptant avec le réalisateur Wayne Wang sa nouvelle « Le Noël d’Auggie Wren ». Smoke et Brooklyn Boogie sortent en salle en 1995. Paul Auster réalisera lui-même Lulu on the Bridge (1997). Il revient au roman avec « Tombouctou » (1999), « Le Livre des illusions » (2002), « La Nuit de l’oracle » (2004) et « Brooklyn Follies » (2005). ( Source Babelio)

Rentrée Littéraire 2022, Stardust de Léonora Miano

« Stardust est le premier roman que j’aie composé dans l’intention de le faire publier. Écrit il y a plus de vingt ans, il relate un moment marquant de ma vie, cette période au cours de laquelle je fus accueillie dans un centre de réinsertion et d’hébergement d’urgence du 19ème arrondissement de Paris. J’étais alors une jeune mère de 23 ans, sans domicile ni titre de séjour. Mon souhait était surtout de me pencher sur ma vie à l’intérieur de ce foyer, de me libérer des histoires, des visages qui, plusieurs années après, continuaient de me hanter.

Mon avis

Par ce livre, Leonora Miano a osé publier sur ses années passées , à 49 ans, elle décide de sortir de ce silence qui la hante. La jeune Léonora, ici présente sous le nom de Louise, arrive de son Cameroun natal à 18 ans, pour étudier à Paris la littérature anglo-saxonne. Elle vit en couple, mais son compagnon ne peut plus assumer la vie à deux et bientôt à trois. Elle doit finalement quitter l’université , elle vient de mettre au monde , Bliss . Mais sans papier, sans domicile, sans carte de séjour, elle ne peut confier Bliss à personne. Le père de Bliss n’assume pas ses responsabilités, elle décide donc de le quitter. Elle se réfugie dans des hôtels minables, avant d’intégrer un premier centre d’hébergement d’urgence et de réinsertion , rue de Crimée à Paris.

Aujourd’hui comme hier, on peut entrer en France de façon tout à fait régulière et perdre le droit d’y résider. Les accidents de la vie poussent des personnes de toutes origines et conditions sociales dans le fossé de l’exclusion; »

Elle découvre ici des femmes désœuvrées, qui se sentent inutiles. Chaque femme a son histoire, mais elles doivent rentrer avant le couvre-feu, autrement elles dormiront dans la rue. Elle a vu mourir Véronique, Prudence et rencontrer le fantôme de Virginie.

Toutes ces femmes ont quitté leur pays pour des raisons diverses, et pour trouver un semblant de bonheur dans « cette France » qui fait tant rêver. Mais la réalité est toute autre, il faut se battre . Les assistantes sociales sont prises dans des démarches administratives qui ne sont pas simples. Ces femmes ressentent un sentiment d’abandon. Il leur est difficile de se construire une nouvelle vie.

Léonora Miano a transmis son passé, avec toute la révolte qu’elle a ressentie face à sa situation précaire.

Ce fut une lecture intéressante, pour comprendre le vécu de toutes ces femmes . Elle fait réfléchir sur les conditions d’accueil , sur les démarches administratives que doivent subir ces femmes. Les mères isolées sont plus exposées à la précarité . La résilience est possible, même si parfois le doute s’insinue. Il faut toujours persévérer. Comme l’a fait Louise

Stardust – Leonora Miano – Grasset – Parution 31/08/2022 – EAN : 9782246831839

Merci à NetGalley et aux Éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur.

#Stardust #NetGalleyFrance

Quelques citations :

« Il n’a fallu qu’un court laps de temps pour sentir le poids de la souffrance qui s’entassait là. Elle a vite compris qu’il faudrait s’en protéger le plus possible. »

Tout le monde sait où se trouve le fossé Tous les jours, on voit quelqu’un s’en approcher un peu trop près. On le regarde . De loin. Tendre la main, c’est déjà côtoyer l’abysse. Parfois cela arrive à ceux que l’on aime. Ça ne change rien. L’amour n’est pas toujours plus fort que la peur. Surtout celle-là de nos jours. La peur du déclassement. La terreur qu’inspire l’exclusion sociale.

Cela , je te le promets. Je marcherai debout. Et quand j’aurai marché, je signalerai ma présence à chacun. Pour que tu ne m’aies pas aimée en vain, rêvée en vain. Je ferai quelques chose. Et je serai libre.

Mhambe…

Tu ne peux me dire, à présent qui je suis. Il me faudra le découvrir. Je ne t’écrirai plus. Sache cependant qu’il ne s’écoulera pas une journée sans que je pense à toi. Pas une journée, sans que je pense à toi.

Ta poussière d’étoiles.

A propos de l’auteur ;

Léonora Miano est née en 1973 à Douala au Cameroun. Elle s’installe en France en 1991, d’abord à Valenciennes puis à Nanterre, pour étudier la littérature américaine. La première œuvre de Léonora Miano, L’intérieur de la nuit, reçoit un bon accueil de la critique francophone. Elle reçoit six prix : Les lauriers verts de la forêt des livres, Révélation (2005), le prix Louis-Guilloux (2006), le prix du premier roman de femme (2006), le Prix René-Fallet(2006), le prix Bernard-Palissy (2006), et le Prix de l’excellence camerounaise (2007). Le magazine Lire le qualifie de meilleur premier roman français de l’année 2005…….( source Wikipédia)

Les ailes collées de Sophie de Baere

« Sa poésie à Paul, c’était Joseph. Et Joseph n’était plus là. »
Suis-je passé à côté de ma vie ? C’est la question qui éclabousse Paul lorsque, le jour de son mariage, il retrouve Joseph, un ami perdu de vue depuis vingt ans.
Et c’est l’été 1983 qui ressurgit soudain. Celui des débuts flamboyants et des premiers renoncements. Avant que la violence des autres fonde sur lui et bouleverse à jamais son existence et celle des siens.
Roman incandescent sur la complexité et la force des liens filiaux et amoureux, Les ailes collées explore, avec une sensibilité rare, ce qui aurait pu être et ce qui pourrait renaître.

Mon avis :

Ce roman, je l’ai écouté. C’est ma première rencontre avec cet auteur. La voix de Bernard Gabay m’a touchée. Il a transmis les sentiments des personnages et les nuances de la narration sans excès.

Le jour de son mariage, Paul a eu une surprise concoctée par sa femme. Cette surprise , elle ne le sait pas, est un cadeau empoisonné. Elle a choisi de rassembler les amis de Paul perdus de vue depuis longtemps, collègues, amis, voisins et collégiens, parmi ceux-ci se trouve Joseph. Les souvenirs affluent . L’été 1983 refait surface…

Paul fut un enfant mal aimé, non désiré, un père trop souvent absent. Sa mère fuit la réalité et se réfugie dans l’alcool pour oublier son mari absent ou parti conquérir d’autres femmes. Paul et sa sœur, Cécile sont délaissés. La vie de famille n’existe pas. Paul souffre, il est bègue A l’école il est la risée des autres enfants.

Et un jour sur la plage, il y a la rencontre avec Joseph. Joseph semble libre et heureux . Et pourtant sa mère mène une vie de bohème, fume de la drogue. Et un père qu’il voit peu, absent . Paul va découvrir la vie avec lui, une vie est lumineuse. Joseph lui apprend la joie de vivre, le bonheur tout simplement. L’amitié se tisse entre les deux garçons . Grâce à lui, Paul ne fut plus le bègue que l’on chahute. Il fut apprécié.

Avant, avec ses camarades du collège, Paul portait une distance de protection.  Avec Joseph, les choses s’avéraient bien différentes. Questions qui tracassent, envies qui taraudent : Paul vivait enfin sa personnalité au grand jour. Enfin il déployait ses ailes…

Mais un jour, se croyant seuls, un baiser fut échangé lors d’une soirée d’ anniversaire, et là les deux adolescents furent surpris par d’autres adolescents. L’enfer commence. Joseph disparaît et Paul subira les insultes, les harcèlements. Il fut mis à l’écart dans l’indifférence générale.

Les chapitres sont courts, bien rythmés.

Sophie de Baere a su décrire les émois amoureux, elle a mis l’accent sur la recherche d’identité chez les adolescents.L’auteur dénonce, à travers le personnage de Paul, le harcèlement scolaire et l’homophobie.

J’ai découvert cet auteur , je vais chercher ses autres romans, afin de la connaître mieux.

Merci à NetGalley et aux Éditions Audible de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur.

#LesAilescollées #NetGalleyFrance

Sophie de Baere a choisi deux titres pour ses deux parties de roman, la première en 1983, correspondant à l’adolescence de Paul : » Here comes the sun » et la seconde « The last rose of Summer  » pour l’âge adulte en 2003, avec une interprétation de Nina Simone.

Bernard Gabay est un acteur français d’origine espagnole, né le 18 mai 1963 à Paris. Il débute au cinéma sous le pseudonyme de Bernard Brieux.

Très actif dans le doublage, il est notamment connu pour être la voix française régulière de Robert Downey Jr., Andy García, Antonio Banderas1, Viggo Mortensen et Ralph Fiennes, ainsi qu’une voix récurrente de Ray Liotta, Gary Sinise, John Leguizamo et Benicio del Toro.

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022. 

Rentrée Littéraire 2022, Dis-moi pour qui j’existe de Abdourahman A.Waberi

Présentation de l’éditeur ;

Aden est un professeur épanoui et un père heureux.
Mais la maladie subite de sa fille réveille des souffrances anciennes. Lui aussi, enfant, est tombé malade et soudain, son corps se souvient de tout : de la vie à Djibouti, du garçon solitaire qu’il était, de la seule douceur d’une grand-mère, du réconfort des livres.
Chaque jour, il téléphone et écrit à sa fille. Il lui raconte les paysages de sa jeunesse, convoque les mânes de ses ancêtres, faiseurs de pluie ; elle lui parle de son quotidien, l’impatience de courir à nouveau. Le père retranscrit leurs mots pour garder une trace de la lutte et vaincre le mal grâce à ce qu’ils ont de plus précieux : l’espoir.

Mon avis :

J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Abdourahman A.Waberi, c’est la première fois qu’il se confie, qu’il écrit une auto-fiction. Il nous parle de sa vie passée, et de sa vie présente, avec sa fille, Béa qui connait comme lui les affres d’une maladie.

Écrire un livre c’est prolonger une vibration profonde et souterraine ; lorsqu’on met le doigt sur la corde, beaucoup.sa vibration s’arrête, de nombreuses personnes m’ont aidé à maintenir la résonance vivante, palpitante.

Ce livre révèle la bienveillance, l’amour d’un père à sa fille. Nous allons lire alternativement les récits de vie de Aden, le papa et de Béa, sa fille, sous la plume poétique et charmeuse de Abdourahman A.Waberi.

Aden, né à Djibouti, il a passé son enfance avec sa grand mère qu’il a surnommée Cochise en hommage au grand chef indien. Sa mère ne sait que faire de ce petit qui pleure et qui souffre. Son père rentrait tard le soir, et ne s’occupait guère de son enfant. Quand il est rentré à l’école, il est affublé de toute sorte de surnom.A sept ans une maladie fut diagnostiquée, poliomyélite. Il ne sera pas comme les autres enfants, il vivra toujours avec un handicap.

Aden est nostalgique de sa vie passée à Djibouti. Il raconte beaucoup . Il souhaite transmettre à sa fille, l’amour des livres, mais aussi son amour pour cette belle langue française, qu’il chérit. Il aimait emprunter des livres à la bibliothèque , afin de pouvoir rêver.Il lui dira que ce sont les livres qui lui ont permis des voyages, d’échapper à la souffrance tant morale que physique. Il offre un beau cadeau à sa fille, le récit de sa vie, toute en poésie.

Alternativement, le récit d’ Aden est coupé par celui de Béa.

Béa se bat se bat contre la maladie qui l’empêche de marcher, de vivre comme une petite fille. Elle est entourée de parents aimants. Même si son papa vit la plupart du temps à Washington, elle échange soit par écrit, soit en direct avec lui. Bien qu’ayant seulement 7 ans, Béa est lucide. Elle ne vit pas comme les autres petites filles. Elle est entourée de bienveillance et d’amour.

Cette belle leçon de transmission révèle que la littérature est aussi un art.

J’ai aimé ce livre, en savoir un peu plus sur cet homme. Je l’ai rencontré il y a quelques années, et j’avais lu certains de ses livres. Ce livre révèle une belle histoire de famille , de génération, et surtout de nos origines.

Merci à NetGalley et aux Editions JC Lattés , de m’avoir permis de découvrir cette auto-fiction de Abdourahman A.Waberi .

#Dismoipourquijexiste #NetGalleyFrance

Abdourahman A. Waberi a « l’ identité multiple ». Né français en 1965 à Djibouti, alors toujours sous l’autorité de la France, il se retrouve djiboutien au moment de l’indépendance du pays en 1977. Étudiant puis professeur d’anglais dans l’hexagone, il recouvre la nationalité française après son mariage en 1991 en Normandie. Critique politique proche de l’opposition, il garde des rapports complexes et tendus avec la République de Djibouti et ses publications, engagées, dénoncent avec virulence les déchirements et les errances d’un pays à la dérive, ( Source – Étonnants Voyageurs)

Extraits :

Aden :Écrire c’est dérober du temps à la routine, si écrire c’est tourner le dos à la vie pour la plupart des gens, pour moi c’est tout le contraire. L’écriture est le terreau où mes jours sont plantés, l’humus où la poudre de mes os est jetée. Et le silo où l’or de mes Songes est enfoui. Écrire c’est ouvrir un atelier permanent pour apprendre à vivre, page après page, jour après jour.

Papa,Aujourd’hui, j’ai eu une journée super ennuyeuse. Je n’aime pas les mercredis. On a attendu longtemps le passage du médecin et il n’est arrivé qu’à 14 heures. C’était un nouveau. Il avait une casquette ridicule, je crois qu’il est chauve mais il a quand même une petite mèche qui lui tombe sur le front en virgule. Il m’a pris la température. Puis, il n’a rien dit, et il ne m’a rien donné. Maman est presque fâchée mais je crois qu’elle est surtout morte d’inquiétude. On a attendu longtemps pour rien. Nous étions comme deux petites mouches prises dans une toile d’araignée. Ma journée a été super ennuyeuse jusqu’au bout.

Buongiorno mio papa ,Mamma est contente. Elle dit qu’elle sort la tête de l’eau depuis que la nonna est avec nous. Hier, elle nous a laissées ensemble. Nous nous sommes bien débrouillées. La présence de la nonna et les histoires sur ta grand-mère me font du bien, pense-t-elle. Elle dit que depuis que je ne peux plus quitter cette foutue chambre, je m’accroche à tout ce que je peux. Que j’adorerais quitter cet hôpital qui est une sorte de prison mais que je haïrais par-dessus tout retourner dans la poussette que j’ai utilisée quelques années plus tôt parce que je suis incapable de marcher. Parce que mes articulations ne me laissent pas d’autre choix. Pas moyen de faire quelques pas avec mes genoux douloureux, mes chevilles enflées et mes hanches bloquées. Quand je retournerai dans la poussette, j’avalerai toute sa honte. Je préférerais affronter le regard stigmatisant des autres enfants que de mettre un pas mal assuré après l’autre. Me tenir toute droite me demanderait une grande énergie. D’où la poussette à ressortir du garage. D’où les réflexions stupides de certains voisins : « À son âge, en poussette ? »

Dis-moi pour qui j’existe Abdourahman A.Waberi Editions JC Lattés – 24 août 2022 – ISBN – 9782709669445

Du côté des autres blogs

Vagabondage autour de soi

Le Grand Monde de Pierre Lemaître

La famille Pelletier.
Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible. Et quelques meurtres.
Les romans de Pierre Lemaitre ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Après sa remarquable fresque de l’entre-deux-guerres, il nous propose aujourd’hui une plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.

L’action se passe après la seconde guerre mondiale, au début des « Trente Glorieuses » Elle débute à Beyrouth où la famille Pelletier, d’origine française, fête l’anniversaire traditionnel de leur savonnerie. La famille Pelletier a trois fils et une fille. Aucun enfant ne veut reprendre l’affaire familiale. Le fils aîné , Jean à qui rien ne réussit, il avait tenté de travailler avec son père. Mais c’est un échec , comme son mariage , sa femme Geneviève est une tête à claques…

Il a décidé de fuir à Paris, où il rejoint François. Celui-ci devait entrer à Normal Sup , mais finalement trouve un emploi dans un petit journal, où il publiera dans les rubriques  » faits divers ».

Le dernier fils, Étienne ira à Saïgon, retrouver l’homme de sa vie, Raymond, son beau légionnaire, parti au combat. Embauché à l’Agence des monnaies, Étienne découvre un trafic lucratif connu de tous (ce qui deviendra, quelques années plus tard, l’affaire des piastres) et décide donc d’en profiter tout en poursuivant ses recherches à propos de Raymond. Mais sa curiosité le perdra.

L’erreur serait de croire que Saïgon est une ville. C’est un monde à part entière. La corruption, le jeu, le sexe, l’alcool, le pouvoir, tout s’y donne libre cours sous l’autorité de la déesse absolue, celle que tout le monde révère, à savoir Sa Majesté la Piastre !

Et Hélène, la petite dernière qui ne rêve que de quitter Beyrouth et ses parents.

Pierre Lemaître nous propose un voyage de Beyrouth à Paris, et de Paris à Saïgon. C’est surtout une saga familiale, où l’auteur nous immerge dans la finance indochinoise, la presse parisienne et le négoce de tissus, pendant le déroulement d’une enquête sur le meurtre sordide d’une jeune actrice de cinéma.

Il intègre la grande Histoire à la petite, avec son lot de personnages truculents, affairistes ou tout simplement, petits, perdus dans un univers qui bascule. Le grand Monde est à la fois un roman historique, mais aussi un roman psychologique et social.

Cette histoire ne se finit pas là, nous aurons la suite dans deux autres tomes !

Bonne lecture !

Quelques citations ;

La paix, c’est quand même mieux que la guerre…

Ça dépend. Parce qu’il y a guerre et guerre. Par exemple, en France, les gens se foutent complètement de ce qui se passe ici (Indochine) parce qu’il n’y a que des militaires de carrière. Tant que les appelés du contingent ne viendront pas crever dans les rizières, pour les Français, la paix ou la guerre, ça sera la même chose, parce que ça ne change rien à ce qu’ils ont dans leur assiette.

Le peu qu’ils nous donnent, c’est uniquement pour nous rabaisser…Nous faire comprendre qu’ils ont de l’argent et que nous n’en avons pas.
La critique de Geneviève, aussi injuste que basse, étouffa Jean, mais ce qui l’empêcha de répondre c’était la nouveauté.
Jamais encore elle ne s’était permis un reproche si frontal.

Le Grand Monde – Pierre Lemaître – Éditions Calmann-Lévy – Parution : Janvier 2022 –

EAN : 9782702180815 – 592 pages

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