Albanie, Fugue pour violon seul de Tedi Papavrami

Ce livre je l’ai lu, il y a quelques années. J’avais apprécié cette lecture. Tedi Papavrami nous raconte son histoire, mais en même temps celle de son pays, l’Albanie. Je n’avais pas écrit de critique de ce livre, mais je me rappelle ceci :

Son père , professeur de violon au conservatoire détecte que son fils est doué pour la musique. Il va le prendre en main d’une manière sévère.

Tedi Papavrami nous raconte comment fut sa vie de petit prodige, ses réflexions, son travail et aussi sa paresse. Son récit s’arrête à 16 ans.  Il nous fait écouter, par l’intermédiaire d’un flash code numérique à la fin de quelques chapitres, ses solos préférés joués par lui.

Pour compléter mes souvenirs, laissons l’auteur nous parler de son livre.

Ce livre finit mon mois de l’Europe de l’Est chez Eva, Patrice et Goran.

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Moi qui ai servi le roi d’Angleterre de Bohumil Hrabal

République Tchèque

Un petit groom tchèque a deux ambitions, devenir grand et riche. Il est engagé à l’hôtel « À la ville dorée de Prague » Il apprend vite et devient , serveur, puis maître d’hôtel. Il côtoie les plus grands.Il se marie avec une allemande .Il devient millionnaire et il recouvre chaque soir le plancher et les murs de sa chambre avec les billets de banque gagnés dans la journée. « L’inconcevable devient la réalité« . Malgré son ascension, il n’est pas reconnu par les siens. Après la grandeur succède la décadence. .
Notre petit homme se retrouve, chargé d’ans, exilé dans un village de montagne, avec pour seuls compagnons un petit cheval, une chèvre, un chien et un chat. Il est livré à lui-même, Il revoit son existence avant de sombrer dans la folie.

Bohumil Hrabal  nous conte cette histoire d’une façon burlesque, qui se déroule des années 1920 aux années 1960. années folles, invasion de la Tchéquie par les nazis, puis les communistes.Son écriture est agréable, sous son ironie, il parle des maux de l’humanité, du nazisme.

J’ai participé, il y a quelques années , à une lecture commune de ce livre. Ce n’est mon genre de lecture, mais je m’en souviens très bien.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran

Une fille dans la jungle de Delphine Coulin

Une seule envie les motive, aller en Angleterre, le pays de toutes les illusions. Ils arrivent de pays différents, mais là, ils sont six, quatre garçons et deux filles. Ils se soutiennent face à la vie, la drôle de vie dans la Jungle de Calais. Ils sont prêts à tout, pour réaliser leur rêve. Ils se cachent des autorités françaises pour ne pas être évacuer, et ramener aux frontières.Ils vivent l’enfer dans ce lieu. Seulement trente-trois kilomètres les séparent de leur destination. Il faut franchir toutes les barrières, ils essaieront mais ..

Ce livre de Delphine Coulin n’est pas fait pour tout le monde. Elle ne ménage pas le lecteur, et le met face à la réalité de la « Jungle de Calais ». ce roman est loin d’être un simple récit documentaire. Delphine Coulin sait manier les mots. Ses descriptions sont sobres, non exhaustives. Il dérange .

Le sujet des migrants fut en 2017 le thème chez de nombreux écrivains, tels que  « entre deux mondes  » de Norek, « on la trouvait jolie » de Bussi et celui-ci. J’en oublie certainement. Ces trois livres sont différents mais ils transmettent tous cette vérité que fut l’horreur dans la « Jungle de Calais ».

Une fille dans la jungle – Delphine Coulin – Grasset –

Je l’ai lu en format numérique.

La nuit des béguines de Aline Kiner

Mes lectures sont diversifiées, ce roman historique fut un moment de plaisir. Nous sommes au Moyen-Age. J’ai découvert un Paris différent, une communauté qui est le béguinage.Celle-ci est voulue et créée par Saint Louis pour les femmes seules et honnêtes chrétiennes, aisées ou nécessiteuses, désirant vivre tranquillement en communauté laïque.

Au cœur du Marais, ces femmes étaient sous la protection du roi. Elles formaient une communauté travaillant, étudiant, qui n’était ni religieuse, ni laïc.  La jeune Maheut va être recueillie par la doyenne des béguines, Isabel. Maheut fuit sa famille, elle a subi un mariage forcé, et ne veut plus vivre avec son mari.

Le franciscain Humbert recherche Maheut, pour la ramener à son mari. Facilement repérable, Maheut est rousse. Elle devra redoubler de prudence lors de ses sorties du béguinage.

A cette même époque,  Marguerite Porette est  accusée de sorcellerie par les évêques. Elle a écrit  » le miroir des âmes simples « , qui ne fut pas compris  des religieux de l’époque. le livre sera détruit à l’exception de quelques rares exemplaires. Elle est donc soupçonnée d’hérésie et brûlée vive.

Avec une trame romancée, Aline Kiner nous plonge au cœur du Moyen-Age. Ce livre repose sur une documentation précise. L’univers de ces femmes est rude mais aussi peut être empreint de douceur.

 

La nuit des béguines_ Aline Kiner – éditeur ; Liana -Levi – 24/08/2017

Dans le jardin de l’ogre de Leila Slimani

Après avoir lu «  chanson douce « , j’étais curieuse de lire le premier roman de Leila Slimani. L’auteur jette son dévolu sur une femme, Adèle, qui ne se contrôle pas, une femme ayant une addiction féminine au sexe. Adèle, journaliste, mariée à Richard, chirurgien, parents d’un enfant. Ils ont tout pour être heureux. Mais Adèle souffre, elle a des manques dans sa vie. Et elle ne voit qu’une solution, les assouvir.

Leila Slimani a su » manier  » la plume pour nous décrire cette descente aux enfers. Le combat du mari est  bien présent. Arrivera -t- il à combler le manque d’amour dont les origines remontent à son enfance et à sa relation frustrante avec une mère incapable d’aimer et également déséquilibrée. . Lui pardonnera t- il d’ avoir succombé ou provoqué de nombreux hommes ?

Tous les aspects difficiles de la vie d’une personne dépendante sont évoqués.

Leila Slimani détaille avec beaucoup de finesse le mal d’Adèle un premier roman, cru et violent.

 

ISBN : 2070468186
Éditeur : Gallimard  – 2016

Lu en version numérique

 

Le grand marin de Catherine Poulain

Une vie de femme peu ordinaire , une femme qui rêve de s’embarquer sur un bateau de pêche. Elle va cohabiter avec des hommes, des marins. Ces hommes , ils pêchent, ils dorment, ils travaillent , accostent sur un port de pêche, prennent une cuite et repartent vers la même vie routinière. Lili est là ,Lili a quitté Manosque-les-Plateaux, Manosque-les-Couteaux, sa France natale, elle veut connaître la liberté, elle veut l’Alaska, elle veut pêcher  elle embarque sur le « Rebel ». Elle va devoir faire sa place, seule femme à bord. Elle va devoir se faire accepter, mener son travail malgré des blessures, une côte cassée, une arête de poisson dans la main, surtout ne pas se plaindre.

Mais ce livre ouvre les yeux sur cette vie qu’on ne soupçonne pas à bord d’un bateau de pêche. Malgré leur rudesse, ces hommes ont un cœur d’or. Ils sont d’une sensibilité, vous la découvrirez en lisant ce livre.

J’ai aimé l’écriture de Catherine Poulain, la musique de ses mots, la musique de la mer. On sait que Catherine Poulain nous livre ici sa propre vie, elle est Lili. Je l’ai lu très vite, déçue de devoir le quitter.

ISBN : 2757864475
Éditeur : Points (06/04/2017)

existe en format numérique.

Point cardinal de Leonor de Recondo #RL2017

 « combien de temps pour être soi-même ? « 

Laurent est marié avec Solange, père de deux enfants, Thomas et Claire. Une famille normale, mais Laurent sent qu’il n’en peut plus. Laurent sent au fond de lui qu’il est une femme. Parfois, il se transforme en femme, robe, perruque..il devient Mathilda , il se cache aux yeux des siens. Mais un jour, il décide d’aller au-delà de franchir une étape, d’avouer aux siens, qu’il ne veut plus être un homme, il veut répondre à la demande de son corps et devenir femme.

Léonor de Recondor livre le combat de Laurent, qui deviendra Lauren. Les émotions , tant chez Lauren que dans sa famille sont dévoilées avec beaucoup de sensibilité.

 

« La peau de Lauren, Solange veut la parcourir afin de ne pas oublier sa texture. Elles se sont couchées et sont maintenant front contre front, les yeux fermés. Je ne veux pas oublier celui que tu as été. Je t’ai caressé pendant des années sans y penser. Maintenant, tu es ici et ailleurs. »

 

C’est un sujet troublant qui est traité avec beaucoup de pudeur, j’ai aimé l’écriture de Léonor de Recondo. J’ai été bouleversée par les mots et l’écriture de l’auteur, sans jugement, juste des mots pour appréhender cette transformation.

Un livre que je recommande vivement.

Léonor de Récondo, Point cardinal, Sabine Wespieser, aout 2017, 232 pages, ISBN ;  2848052260 , 20 euros 

La musique du livre :