La Vallée de Bernard Minier

Retrouver Martin Servaz dans son milieu, en étant acteur malgré lui, il est pour le moment suspendu de ses fonctions, en attente  d’un conseil de discipline. Dès que le téléphone sonne en pleine nuit, il ne se pose pas de question. Il accourt . Il a reconnu la voix , il n’a pas oublié Marianne, la mère de son enfant. Il pensait qu’elle n’était plus, disparue depuis huit ans. Il fonce, et se retrouve dans une petite vallée des Pyrénées, dans une forêt, près d’un monastère, d’ une montagne qui tremble et provoque la rupture. Un pan de montagne s’effondre, et toute la vallée se retrouve confinée.

Isolement du village d’ Aiguevives, la Vallée est divisée. Les habitants ne comprennent pas.  Là commence l’angoisse,et plus tard la révolte. A la gendarmerie,  sous les ordres d’Irène Ziegler qu’il croisa  jadis, Servaz mène  l’enquête.

Irène Ziegler enquête sur deux meurtres commis , deux hommes assassinés et mutilés. Marianne occupe l’esprit de Servaz, mais y aurait-il un lien avec ces deux meurtres ? . Le Mal est là.  Une psychiatre manipulatrice et inquiétante, des habitants prêts à lyncher le premier suspect venu, des forces de l’ordre qui tâtonnent à la recherche d’un coupable .

Bernard Minier nous offre un huis clos, les chapitres sont courts. Ils apportent chacun leur part de mystère. Les crimes portent des signatures, et on devine que les victimes n’ont pas été choisies par hasard.

Bernard Minier maîtrise les codes et sait les exploiter jusqu’au dénouement final.

 

Quatrième de couverture :

 » Je crois que quelqu’un est en train d’agir comme s’il se prenait pour Dieu…  »
Un appel au secours au milieu de la nuit.
Une vallée coupée du monde.
Une abbaye pleine de secrets.
Une forêt mystérieuse.
Une série de meurtres épouvantables.
Une population terrifiée qui veut se faire justice.
Un corbeau qui accuse.
Une communauté au bord du chaos.

La Vallée – Bernard Minier – Éditions XO  – ISBN – 9782374481906

Le disparu du Mékong de Marc Charuel

Au Vietnam, Philippe Rohde, correspondant des services français, ne donne plus signe de vie. A Paris, sa hiérarchie missionne le journaliste Vincent Caron pour le retrouver, sous couvert d’un article à écrire sur la culture vietnamienne. A Saïgon, il découvre que d’autres personnes le recherchent. L’homme de la DGSE posséderait des informations compromettantes sur le régime vietnamien.

 

Merci à Babelio et aux éditions du Toucan pour leur partenariat

Marc Charuel nous entraîne au Vietnam, pays qu’il connait bien. Il fut reporter et ancien photographe.  Ce n’est pas un voyage touristique qui attend le lecteur. Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à suivre toutes les péripéties et les coups bas des différents acteurs.

Vincent Caron, proche de la retraite,  baroudeur, ancien reporter va partir missionné par la DGSE sur les traces d’un autre journaliste, Philippe Rhodes dont on n’a plus de nouvelles . Les deux hommes se connaissent, Rhodes a sauvé la vie de Vincent Caron,  dix ans plus tôt à Kandahar (Afghanistan) quand un groupe de jihadistes l’avait intercepté. Il n’a plus qu’une idée en tête le retrouver à tout prix.

Cela ne sera pas chose aisée, surtout quand les services secrets de plusieurs pays, Vietnam, Chine et États-Unis sont en lice pour retrouver Rhodes. Caron sera aussi la cible à ne pas perdre de vue. Caron s’amourache de quelques call-girls, qui servent aussi des pays espions.

Le Vietnam, qu’il avait quitté des années avant, est resté le même. La liberté n’est accessible qu’aux touristes.

Le livre comprend 656 pages, les chapitres sont courts.

J’ai aimé les paysages décrits, la jungle environnante, mais mon avis reste mitigé pour le livre en lui-même.

Marc Charuel – Le disparu du Mékong – EAN : 9782810009404
656 pages – Éditeur : Éditions du Toucan (18/03/2020)

 

La fille aux papillons de René Denfeld

En enquêtant sur la disparition de sa sœur, Naomi, « la femme qui retrouvait les enfants », croise le chemin d’une fille des rues de Portland nommée Celia. Naomi tente de faire reconnaître le viol dont a été victime Celia et remonte la trace d’une série de meurtres de jeunes filles. Un roman réaliste et sensible sur le monde de l’enfance meurtrie.

 

 

Une écriture agréable et poétique nous permet d’aborder des sujets graves. D’un côté, Célia, une jeune adolescente qui s’est enfuie de chez elle, vit dans la peur chaque minute de sa vie. Elle a laissé une mère alcoolique, un beau-père qui lui a fait subir la pire des choses, et sa petite sœur. Celle-ci , elle veut la sauver malgré tout. Célia vit dans la rue , aux côtés de jeunes comme elle,tel que Rich et la Défonse, ils vont s’épauler les uns et les autres.

Célia arrive à s’évader de ce contexte, en se rendant dès qu’elle le peut à la bibliothèque. Là elle prend toujours le même livre, un livre sur les papillons. La bibliothécaire lui donne du papier et un crayon.  Elle dessine de jolis papillons, qu’elle imagine voleter autour d’elle. Un moment magique pour elle, où elle oublie l’univers dans lequel elle vit.

« Elle qui ne croyait en rien d’autre qu’à elle-même, et aux papillons savait que les pires terreurs de la rue sont toujours réelles. »

De l’autre, Naomi  recherche sa sœur disparue depuis vingt ans. Elle va croiser la route de Célia, cette jeune affamée, abandonnée dans les rues. Naomi enquête dans cette ville de Portland où des jeunes filles disparaissent, puis sont retrouvées quelques jours plus tard, noyées dans la rivière.

les deux histoires vont se croiser, les avis de Célia et Naomi vont se chevaucher. L’auteur sait créer un courant d’empathie autour de Célia avec les enfants des rues et de Naomi. Malgré les situations tragiques , il y a toujours une once d’espoir même minime de découvrir la vérité.

Je vous recommande cette lecture.

La fille aux  papillons Rene Denfeld

EAN : 9782743650193
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2020)

Et toujours les forêts de Sandrine Collette

   Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence….

 

le Grand Prix RTL-Lire 2020 a été décerné  à Sandrine Collette pour Et toujours les forêts, paru en janvier chez JC Lattès. Elle avait déjà été récompensée il y a deux semaines par le prix de la Closerie des Lilas pour ce roman de fin du monde. 

Corentin a été balloté dans des familles d’accueil jusqu’au jour où sa mère décide de le confier à  la vieille Augustine,la grand-mère du père de Corentin. Elle habite dans un petit hameau de la vallée des Forêts.

« Un territoire à part, colossal, charnu d’arbres centenaires, de chemins qui s’effaçaient chaque saison sous la force de la nature. Un territoire maléfique, disaient certains qui ne savaient plus pourquoi, mais c’était un réflexe, chaque fois qu’un malheur s’abattait par ici, les vieilles et les vieux se tordaient les mains en hochant la tête : ce sont les Forêts. »

Il trouvera un peu de répit, il grandira puis un jour partira faire ses études à la ville. Il vivra sa vie de jeune étudiant, participera à des fêtes souvent bien arrosées, qui ont lieu dans des caves souterraines.

Lors d’une de ces fêtes, un bruit se fit entendre, un tremblement de terre ? Chacun se fige. Ils remontent à la surface et découvrent des corps , les hommes et les animaux sont brûlés vifs. Tout autour d’eux n’est plus que ruine.

Corentin décide de quitter ce lieu et va tenter de retrouver sa vieille Augustine.

Ce roman bascule dans le post-apocalyptique, le monde n’est plus. Avec quoi peut-on envisager de reconstruire quelquechose, s’il n’y a plus rien ? Peut-on en créer un nouveau ? Voici quelques questions évoquées par Sandrine Collette dans ce roman noir, à travers le destin tragique de Corentin. Elle va s’intéresser à la vie d’après lorsqu’on a tout perdu et qu’il faut tout reconstruire.

Le rythme est lent, pour mieux appréhender Corentin, ses sensations, sa rage de vivre en insistant sur la nécessité de vivre, ou plutôt de survivre.

C’est ma première rencontre avec Sandrine Collette, et je peux dire que cela ne sera pas la dernière. Ce roman est un beau roman noir, sur des questions existentielles.

Et toujours les Forêts » – Sandrine Collette – JC Lattès – 334 pages

Survivre de Vincent Hauuy

2035. La Terre est en sursis : les catastrophes climatiques se multiplient, les sociétés sont en ébullition et les réserves d’eau potable se raréfient. Le survivalisme prend de l’ampleur. Survivre devient à la fois un défi et une obsession. C’est aussi le thème et le nom du grand jeu télévisé que lance le milliardaire Alejandro Perez, magnat des intelligences artificielles.

Dans l’énorme complexe construit ad hoc dans l’Idaho, le lancement de Survivre s’annonce spectaculaire. Mais lorsqu’un agent de la DGSE infiltré dans l’organisation de Perez disparaît, son frère, l’ex-journaliste Florian Starck, se décide à intégrer l’émission. Et découvre un envers du décor aussi mystérieux que terrifiant. Car la promesse d’un grand divertissement dissimule un objectif beaucoup plus sombre. Dès la première épreuve, le compte à rebours commence. Pour les candidats. Pour Florian Starck. Et pour nous tous.

_________________________________________________________

Je remercie Net Galley et les éditions Hugo Thriller.

Nous sommes en 2035, Vincent Hauuy nous entraine dans un monde de demain, où tout semble dérégler. La terre est en grande difficulté, le climat est complètement déréglé, la chaleur est excessive, les glaciers fondent. La population fuit la misère, les climats arides allant d’un endroit à un autre, on les appelle les réfugiés climatiques.

Et dans ce contexte, un homme, Florian Starck, tente de survivre , il a perdu récemment sa femme et sa fille dans un ouragan .Ancien journaliste, il a tenté en vain d’ouvrir les yeux de ses contemporains sur l’imminence de la catastrophe climatique qui s’annonçait. Personne n’a daigné l’entendre .

Il s’est réfugié dans les Alpes, vit dans une cabane, au milieu de nulle part. Il a crée son potager, et vit malgré tout. Il sait qu’ailleurs la violence, les pillages, les sectes sévissent.

Il va être sollicité de sortir de sa zone de confort par un appel de sa sœur, ministre de l’intérieur de la France, qui lui demande de reprendre contact, car leur frère, Pierrick, espion pour le compte de la DGSE, a disparu. Il réalisait un reportage sur Alejandro Perez,

Il va donc se faire « embaucher » par la production de cette émission de télé-réalité, créé par Alejandro Perez, milliardaire précurseur dans la création des intelligences artificielles. Au fil des pages , on découvre un monde où tout se négocie, même les organes. On ne parle pas seulement de vivre mais de « survivre ». Il va « coacher  » Zoé, jeune candidate qui va tenter de survivre dans ce jeu.

Ce thriller mêlé d’anticipation  nous donne à réfléchir sur notre vie actuelle ( surtout en ce moment, en plein  Covid 19), sur notre vie, nos ressources, notre façon de consommer. Vincent Hauuy a fait un travail de recherches, n’est – il pas visionnaire ?

Vraiment un bon moment de lecture !

Le Mystérieux évadé de Daniel Devaux

Au Siècle des Lumières, en 1756.
Imaginez un homme, jeune, intelligent et bien de sa personne, un peu retors et emprisonné — injustement évidemment — dans la célèbre Prison des Plombs à Venise.
Il se réveille un matin en France, de nos jours, complètement nu et au milieu d’une vaste pelouse.
Tout lui est étranger.
Comme cet objet étonnant, plat et orné au dos d’une gravure représentant une pomme croquée. Il s’illumine parfois en émettant un son et — le croirez-vous ? — son possesseur le porte alors à l’oreille et parle !
Naturellement, son comportement atypique et ses réactions curieuses étonnent tout le monde.
Trop. Car on le traque.
Mais par bonheur, il peut compter sur l’aide de Sébastien et de ses deux amies.
Lui — mais est-ce bien lui ? — il n’a qu’une seule envie, une obsession : retourner avec leur aide à Venise…et en 1756.
Est-ce raisonnable, ou même sensé ?
Réussira-t-il enfin à revenir chez lui ? Et surtout à son époque ?

_________________________________________________________

Cette lecture est une lecture imposée. Ce livre est en lice pour le Prix de la Reine Mathilde de Cheux.

Que diriez-vous de vous réveiller un matin sur une pelouse, alors que la veille vous vous trouviez dans une cellule de prison à Venise, en 1756 ? C’est ce qui est arrivé à cet homme qui se nomme Giacoma Girolamo Casanova .

Ce thriller fantastique va nous plonger dans la Venise du XVIII siècle et la Normandie du XXI siècle.

Giacoma a tenté une expérience insolite, être propulsé dans la Venise du XVIII siècle. Il oscille entre deux mondes, et là le retour est plutôt inattendu, Giacoma au XXI siècle est inconnu de ses concitoyens , comment est-ce possible, alors qu’il était célèbre dans sa Venise ?

Dans la Normandie du XXI siècle, cet homme présente deux identités, il peut être soit Giacomo, soit le célèbre Jacques Cazeneuve qui a tenté et réussi son voyage dans le temps.

«  Tu te rends compte Jacques Cazeneuve en italien peut se traduire par Giacomo Casanova « 

Les us et coutumes sont différentes.

P 161 « Dans la société qu’il connaissait les femmes dévoilaient volontiers la naissance, et même parfois plus, de leur poitrine. Mais elles dissimulaient leurs jambes et la vue d’une cheville dévoilée fugitivement provoquait, chez les hommes, les plus vifs émois.

Ici, c’était l’inverse. Anne exhibait généreusement ses jambes, semblant trouver cela normal, alors que ses épaules et sa poitrine étaient recouvertes d’un mantelet léger. Pourtant, malgré sa mine hardie, elle ne se conduisait pas comme une courtisane. »

Qui sera -t -il demain au réveil ? l’homme du XVIII siècle ou celui du XXI siècle ? Chaque soir, il écrit des notes afin de les trouver le lendemain matin suivant son identité en ayant une trace de la veille.

Une histoire loufoque mais agréable à lire, un voyage dans le temps qui nous fait réfléchir sur les us et coutumes de ces époques si différentes.

Daniel Devaux – Le mystérieux évadé – ISBN : 2378737904 – Éditeur : Ex Aequo (30/10/2019)

Angkar de Christian Blanchard

Champey est une jeune mère courage qui tente de se reconstruire après la trahison ignoble de son ex-mari. À leur fille de 6 ans, elle invente un bon père, mort dans un accident de voiture, alors que Mau était bébé. Mentir plutôt que la laisser découvrir la vérité sur son géniteur.
Mais une nuit, Champey fait un cauchemar qui la transporte au Cambodge dans la peau d’une autre femme. Elle vit les bombardements, le sang, l’horreur. Les revit les nuits suivantes….

________________________________________________

Je remercie Net Galley et les Éditions Belfond pour ce partenariat.

Champey est une jeune femme  d’origine cambodgienne, qui élève seule sa fille. Mère d’une petite Mau âgée de 6 ans, Champey lui ment sur ses origines. Elle dissimule avec beaucoup de détermination l’identité de son vrai père et lui en idéalise un autre décédé dans un accident. Elle lui crée un faux album de famille.  Peut-on vivre dans le mensonge ?

D’horribles cauchemars viennent  perturber ses nuits. Elle se retrouve au Cambodge sous les traits d’une autre femme, avant même qu’elle ne soit née au milieu des bombardements . Un pays dont elle est originaire mais ne connait pas du tout, ayant été adoptée en France peu après sa naissance. Que lui arrive -t-il donc ?

Dès le début j’ai été happée par l’histoire, Christian Blanchard propose une intrigue complexe et pleine de rebondissements. Il s’interroge sur les mystères des origines, deux  survivantes au passé complexe. Il entre dans l’ Histoire de ce pays, dans la terreur qu’ont semé les Kmers rouges. Il a tout fait pour restituer les événements vécus par ce pays, violences, tortures.

Elle décide de partir dans le pays qui l’a vu naître avec l’accord de son psychiatre. Elle visitera la prison de Tuol Sleng, appelée camp S21, où Pol Pot a fait déporter, torturer et exécuter 17000 personnes. Lorsque Champey arrive au camp S-21 au Cambodge pour remonter le fil de son histoire, je fus comme suspendue à ses émotions.

La première partie  aborde la mémoire transgénérationnelle et l’épigénétique.

Un événement inattendu l’oblige à rentrer en France. Cette première partie fut haletante, j’aurai aimé que cela continue.

Dans ce deuxième opus, les scènes d’actions se multiplient.  L’accent est mis sur le père de Mau, qui sévit en prison. La fin arrive un peu vite et est un peu rocambolesque. Les réponses n’arriveront qu’à la fin du livre.

Plusieurs thèmes abordés dans ce roman noir, l’histoire des Kmers rouges, ils furent aussi cruels que les nazis. Puis il y a le thème du Darknet, où le mal existe aussi, et est parfois difficile à déceler, et  la pédophilie.

L’écriture est fluide, très agréable à lire.Un roman noir puissant à lire. Âme sensible s’abstenir . Angkar – Christian Blanchard Éditeur : Belfond, 288 pages, date sortie : 13 février 2020 ISBN : 2714493262 

Mois du polar 2020 chez Sharon

Sharon, du blog « Des livres et Sharon  » organise tout au long de l’année un challenge polar/ thriller. Elle l’ accentue au mois de février, un mois spécial polar.

Voici mes lectures du mois de février  :

 

 

 

La disparue du Venezuela de Diane Kanblaz

« Et tout de suite, le visage de Cécile lui revient en mémoire. Cette fille est vivante, il le sait, il le sent. Il la sent toute proche. Mais où ? »
Philippe Larcœur, policier attaché à l’ambassade de France à Caracas, est appelé sur une affaire d’enlèvement. Une ressor­tissante française a disparu dans l’une des zones les plus dangereuses d’Amérique latine… Faisant progres­sivement de cette enquête une affaire personnelle, Larcœur n’hésitera pas à braver le danger dans un pays où la ­corruption, la mort et la trahison sont monnaie courante. Il finira par tenter le tout pour le tout pour sauver la jeune femme en même temps que son âme, quitte à se mettre à dos tant sa hiérarchie que la pègre locale !

————————————————————————————————–

Vous voulez voyager, embarquons dans ce pays , le Venezuela.

L’auteur  décrit un pays pauvre, la misère, la corruption, la violence sont là au quotidien. Une jeune française, Cécile est enlevée à Mérida,  récemment arrivée dans le pays. Trois semaines plus tard, l’enquête est au point mort. Le Quai d’Orsay prend contact avec Caracas. L’affaire est alors confiée au capitaine Philippe Larcoeur, officier de liaison détaché à l’ambassade de France. Celui-ci se serait bien passé de cette affaire, il n’a qu’un objectif, être à Paris pour l’anniversaire de sa fille le 26 décembre. Il reste peu de jours avant cette date.

Larcoeur rencontre d’abord le commissaire Lazares, personnage haut en couleurs, flic ou truand ?, puis la famille française arrivée en urgence dans le pays. Puis peu à peu Larcoeur est pris par cette enquête, il veut retrouver Cécile par tous les moyens. Il enfreint les règles, il fait de cette enquête une affaire personnelle. Larcoeur n’hésite pas à prendre des risques pour lui-même et pour les autres. À plusieurs reprises il compromet la suite même de l’enquête.

L’auteur semble bien connaître le pays. Les gangs dictent leur loi. La violence et la corruption restent souvent impunies. Le danger rôde en permanence.

Pour son premier roman, Diane Kanbalz nous livre un polar documenté, sans temps morts, envoûtant.

Diane Kanbalz, La disparue du Venezuela, éditions de l’aube, coll. « Noire », octobre 2017, 268 p., 22 €.

Lu en numérique.

 

La nuit des lavandières de Guénaël Le Duc

Caen, la ville sombre, se blottit, séduite par les charmes de la nuit. Une nuit au cours de laquelle pourtant, on allume des bûchers ardents. Une maison est retrouvée incendiée. Des jeunes femmes enlevées subissent des autodafés.Qui est ce corbeau qui prévient les gendarmes par des courriers morbides ? Quel est ce fantôme que le lieutenant Bauman de la gendarmerie va chasser, secondé par Clémence Weber sa troublante collègue ? À moins que ce ne soit lui la proie. Les deux gendarmes vont affronter le passé pour faire la lumière, mais faire la lumière, ce n’est pas forcément rendre les choses lumineuses, et la recherche de la vérité est parfois un jeu de dupes.

_________________________________________________________

L’histoire se déroule en Normandie, avec une petite virée dans le Poitou. Ce roman est lu dans le cadre d’un prix littéraire, donc une lecture imposée.

Qui allons nous rencontrer dans ce polar ? Un lieutenant Bauman et Clèmence son adjointe, un duo fort sympathique qui vont être amené à   ces terribles énigmes.

Disparition inquiétante de deux personnes dont la voiture,  aux portes ouvertes, est abandonnée sur une  route. Leurs papiers, sac et bagages sont restés dans la voiture, des questions surgissent, enlèvement ?

Non loin de ce lieu, une maison est incendiée, deux corps retrouvés carbonisés. Pourquoi ?

Des jeunes filles disparaissent mystérieusement, certaines sont attachées  et brulées sur des bûchers, quelle est la raison de cette barbarie ?

Et si tout ceci remontaient à des temps anciens, autant de pistes données aux lecteurs, et qu’évoque cette couverture, un souvenir de vacances ?

Au commissariat on commence à recevoir des lettres anonymes adressées à Bauman, et il en reçoit même chez lui. Pourquoi, quel est ce lien mystérieux avec  » le corbeau » de tous ces drames ?

L’auteur présente une  une écriture rythmée, et maitrise le suspens .

Je dois dire que j’ai aimé suivre  cet inspecteur parfois dans des situations cocasses, qui permettent de dédramatiser les situations dramatiques.

J’ai hâte de lire la suite des aventures du lieutenant Bauman et de Clémence.

Je vous invite à lire ce premier roman  » La nuit des lavandières »de  Guénaël Le Duc, édité par les Éditions des Falaises  

Paru en Juin 2019 –  isbn : 978-2-84811-422-4