Nous dormirons ensemble de Louis Aragon

Je viens d’avoir un autre lien pour cette chanson, j’aime l’interprétation, et je vais la partager :

http://www.aupositeur.be/nous-dormirons-ensemble/

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble.

Louis Aragon 

 

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Roumanie, le lundi c’est poésie !

Roumanie : Mihaï Eminescu

Conte de fées

Brumes blanches, scintillantes,
Sourdent de la lune qui
Très soigneusement les pose
Sur les eaux, sur les prairies.

Les fleurs toutes s’y assemblent
Pour se dire des histoires,
Et agrafent des topazes
Sur la robe des nuits noires.

Près du lac, où les nuages
Ont tissé ombres légères
Que les vagues rompent comme
rondes mottes de lumière,

Une enfant regarde l’onde,
Elle appelle un cher visage,
Et des roses jette rouges,
Car l’envoûte du rivage

Et le lac ensorcelé
Et les saules sont soumis
A la douce, à la très-sainte
Notre-Dame-du-Lundi;

Et l’enfant appelle encore,
Et des roses jette blanches,
Car ici commande et charme
Notre-Dame-des-Dimances…

Le grand lac reflète en feux
De l’enfant la douce face;
Et dans ses deux grands yeux bleus
tous les contes bleus s’amassent.

1876 – traduction : D. I. SUCIANU

Mihai Eminescu, de son nom d’état-civil : Mihail Eminovici, (15 janvier 1850 – 15 juin 1889), est un poète romantique, le plus célèbre de Roumanie.
Source ici

 

Un matin que j’allais, attendant le poème de Margot Roisin

Un matin que j’allais, attendant le poème,

Cueillir le chant des pins sagement immobiles

Je surpris l’oiseau-nuit secouer ses ailes

Comme au réveil un tremblement de paupières.

*

Gorgé de rêves, l’essentiel distillé en rosée,

Il serait bientôt l’heure pour son œil grand ouvert

De se fermer dans la transparence du jour.

Pourtant malicieux, il partit en laissant

*

Orphelins, flottants, quelques duvets

Abandonnés au monde dans un départ

Faussement précipité, déjà sur les jeunes joues

Les fantômes d’étoiles atterrissaient

*

Pour mourir aussitôt, telles des larmes

Qui ne seraient délivrées qu’une fois

Tombées au sol.

*

Ainsi l’aube semait ses graines de mystère

Pour qui voudrait les laisser danser au plus secret de la chair.

*

La neige était

Ce que les mots sont au poète :

Petits navires qui, à chaque impulsion du monde,

Tentent de lui répondre par ce qu’ils en ont éprouvé.

Margot Roisin

Je vous invite à lire d’autres poèmes sur  Vers Antares

 

Janvier de François Coppée

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

François Coppée– les mois.

 

Au Nouvel An de Ana Girardot-Simon

Bonjour Monsieur le Nouvel An !
Vous êtes ici le bienvenu.
Mais ne soyez pas trop méchant
Pour qui vous a si bien reçu.
L’autre s’en va, la place est prête.
Venez bien vite, on vous attend.
C’est aujourd’hui votre fête,
Bonjour Monsieur le Nouvel an !

Ana Girardot-Simon

 

Douce nuit de Tino Rossi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douce nuit, blanche nuit,
C’est Noël aujourd’hui
Et pendant que tes clochers joyeux
Carillonnent à la voûte des cieux,
Sous le toit des chaumières
On a le cœur bien heureux.

C’est si joli un sapin vert
Qui sourit les bras couverts
De lumières et de cheveux d’argent,
Près du feu qui s’éteint doucement,
Il apporta tant de joies, Lui,
Le soir où il descendit.

Douce nuit, blanche nuit,
C’est Noël aujourd’hui,
Lui, dans le froid et le vent,
Attendu depuis la nuit des temps,
Pour nous donner en rêve
Un peu de son paradis.
À Noël.

Tino Rossi

 

 JOYEUX NOEL

 

 

 

 

 

Chant de Noël de Marie Noël

Noël ! Noël !
Des clochetons !
Noël ! Noël !
Tous les bourdons
Sautent en chœur jusqu’à la lune,
Noël ! Noël !
Il neige doux,
Noël ! Noël !
Des anges flous,
Emmitouflés, dans la nuit brune,
Sonne, sonnez, sonne, allez donc,
Mes belles cloches, dig, ding, dong !

Dos contrefait,
En capeluche
De blanc duvet,
Chante la bûche…
Les flammes font la ronde autour,
En manteaux vifs
Et décoiffées…
Sus aux hâtifs
Châteaux des fées !

Châteaux des fées !
Le nain rouge grimpe à la tour
Pour délivrer sa dame rose.
Hui !… Frou !… tout se métamorphose.

Noël ! venez,
La table fume.
Ca, joyeux nez,
Renifle, hume !
C’est la fête au fond des escargots
Et dans le jus
Sacré de l’oie…
Vive Jésus !
Et vive joie,
Vous, ô recluses des fagots,
Bouteilles, vieilles mal peignées
En robe de fils d’araignées !

Sans but ni choix,
Ris et paroles,
Tous à la fois
En suites folles
Font des zigzags de papillons.

Noël ! Noël !
Le coeur nous saute,
Noël ! Noël !
Dans la nuit haute,
Jusqu’au battant des carillons…
L’esprit des belles maisonnées
Rit au faîte des cheminées.

La mère rit,
Le père joue,
Le tout petit
Court, se secoue.
Mais notre beau soldat s’assoit
Tout rouge et bleu
Près de grand’mère ;
Le Roi du feu

Les considère
Et s’esclaffe de ce qu’il voit.
Mais il cherche… « Où me l’a-t-on mise ?… »
Aves son promis la promise.

Heu ! crois-je pas
Qu’en l’ombre on cause ?
Que dit-on bas ?
Vers ou bien prose
D’un cantique du temps passé ?
L’air est joyeux,
Les mots sont tendres,
Plus neufs, plus vieux
Que flamme et cendres…
Bûche, menons aux fiancés,
Braises, petites voix bénies,
Le choeur léger des bons génies…

Des clochetons !
Noël ! Noël !
Tous les bourdons

Sautent en choeur jusqu’à la lune,
Noël ! Noël !
Il neige doux,
Noël ! Noël !
Des anges flous,
Emmitouflés, dans la nuit brune,
Sonne, sonnez, sonne, allez donc,
Mes belles cloches, dig, ding, dong !

Hui !… Les maisons
S’ouvrent ensemble.
Sur les tisons,
Un follet tremble
Et meurt après un petit bond.
Chacun vous prend
Sa pélerine.
Les mères-grand
En capeline
Tournent la clef et puis s’en vont.
Le long des seuils muets et ternes,

Il trotte menu des lanternes.

Noël ! Soudain luit un cortège
Vers le lointain
Château de neige
Aux tours sonnantes de cristal
Qui dans la nuit
Vibre et flamboie.
Déjà bruit
De vaste joie
La porte du palais natal
Où le roi dort… « Dodo la Rose. »
Avec une si douce pose.

Là cent beaux airs
Pleins de louanges
Coulent tout clairs
Du sein des anges ;
Trompes d’argent, violes d’or
Chantent d’amour
Dans la nuit noire,

Chantent autour
Du fils de gloire,
Jésus notre Sire qui dort ;
Cent lustres, là, que l’encens voile,
Bercent leurs corbeilles d’étoiles.

Eblouissant,
Le choeur des cierges
Monte et descend,
Telles des vierges,
Les degrés du trône… Noël !
Noël ! Joyeux
Dans la lumière
Le peuple aux cieux
Suit sa prière
Et rit à son Emmanuel.
Les prêtres dorés, à voix basse,
Haut les mains, appellent sa grâce.

Simples de coeur
Qui, l’ange en tête,
De l’âtre au choeur
Menez la fête,
Bénis de Dieu qui l’avez vu.
Bel et mignon
Petit qu’on choie, Quel compagnon !
De quelle joie ! –
Priez pour le coeur dépourvu
Qui dans la nuit émerveillée

Poursuit son amère veillée.

Marie Noël –

Je vous invite à découvrir cette poète  sur le blog d’une flâneuse bretonne, ici 

L’image vient du site Pixabay. 

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