Japon gourmand de Laure Kié

Un grand Merci aux Éditions Mango et à Babelio pour l’envoi de ce livre.

Je vous emmène en voyage avec ce premier livre de l’année 2020. Je fus surprise par son format..Mais qu’importe le contenu est très intéressant. L’auteur Laura Kié, avec sa double appartenance au Japon et à la France (une maman japonaise et un papa français) nous entraîne dans ce pays .

Dans ce livre, vous trouverez de très belles illustrations qui accompagnent des textes clairs, accessibles à tous.Les ingrédients qui composent les recettes sont mis en valeur et expliqués:

Savez-vous « qu’en japonais le mot <riz> (gohan) veut également dire repas. C’est

dire son importance « 

Vous saurez tout sur la culture du riz.

Non seulement la cuisine et ses nombreuses recettes sont décrites ici, mais aussi les traditions ancestrales y sont citées et expliquées.

Quelques leçons de japonais sont aussi enseignées, de simples mots de tous les jours nommés « les bases de survie ». et d’autres mots de la vie de tous les jours.

Ce livre propose des anecdotes, de nombreuses recettes. Quelques unes me tentent bien.

Les illustrations de Haruna Kishi sont très belles. En cliquant sur le lien, vous pouvez voir les différentes pages de ce beau livre.

Voyage culinaire au pays du soleil levant – Japon gourmand de Laure Kie – Éditions Mango  – Novembre 2019 – ISBN : 2317020848

 

 

 

 

Décembre de Emile Verhaeren

Image Thierry Calmettes de Pixabay

Décembre

(Les hôtes)

– Ouvrez, les gens, ouvrez la porte,
je frappe au seuil et à l’auvent,
ouvrez, les gens, je suis le vent,
qui s’habille de feuilles mortes.

– Entrez, monsieur, entrez, le vent,
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée ;
entrez chez nous, monsieur le vent.

– Ouvrez, les gens, je suis la pluie,
je suis la veuve en robe grise
dont la trame s’indéfinise,
dans un brouillard couleur de suie.

– Entrez, la veuve, entrez chez nous,
entrez, la froide et la livide,
les lézardes du mur humide
s’ouvrent pour vous loger chez nous.

– Levez, les gens, la barre en fer,
ouvrez, les gens, je suis la neige,
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver.

– Entrez, la neige, entrez, la dame,
avec vos pétales de lys
et semez-les par le taudis
jusque dans l’âtre où vit la flamme.

Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes,
qui vous aimons – dites, depuis quels temps ? –
pour les peines que nous avons par vous souffertes.

Émile Verhaeren

L’Automne de Anna de Noailles

L’ Automne

Voici venu le froid radieux de septembre :
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l’air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

Comme toutes les voix de l’été se sont tues !
Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
Que la bise grelotte et que l’eau même a froid.

Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain.

Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l’Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S’en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu’il va transfigurer
Tressaille et s’attendrit de le sentir entrer.

Anna de Noailles (1876-1933)
Le coeur innombrable

Évasion de Esther Granek

Évasion

 

Et je serai face à la mer
qui viendra baigner les galets.
Caresses d’eau, de vent et d’air.
Et de lumière. D’immensité.

Et en moi sera le désert.
N’y entrera que ciel léger.
Et je serai face à la mer
qui viendra battre les rochers.

Giflant. Cinglant. Usant la pierre.
Frappant. S’infiltrant. Déchaînée.
Et en moi sera le désert.
N’y entrera ciel tourmenté.

Et je serai face à la mer,
statue de chair et cœur de bois.
Et me ferai désert en moi.
Qu’importera l’heure. Sombre ou claire …

Esther Granek (1927-2016)
De la pensée aux mots

Le lundi, c’est poésie !

Petite mappemonde

Petite mappemonde

Les frontières accumulées
Se dissolvent à l’escale
Dans la nuit nouvelle
Qui recompose le monde

Mon pays porte le nom douloureux de mon amour
Ma ville est celle qui se donne
Aux parfums inégaux
Aux filles de même famille

Feux rouges feux verts
Ici partout ailleurs
Et des visages de fausse promesse
Parfois un corps d’allégresse
Détendu
Comme un noyé qui remonte les étages de la mer
Une pierre une borne un amer
Une pagée de plus le long de la route

Était-ce à Montréal à Paris à Amsterdam
À Copenhague à Florence peut-être

Que de mensonges derrière nous
Comme des globules inséparables
Le lever du jour la femelle le printemps

Que vienne la pluie sur mon espoir
Pour que les mains tendues au-dessus de la vague
Se rejoignent enfin
Dans le silence qui suit la parole

Jean-Guy Pilon

Jean-Guy Pilon est un poète québécois né à Saint-Polycarpe dans la presqu’île de Vaudreuil-Soulanges le 12 novembre 1930.