Le Lundi, c’est poésie ! Mois Espagnol #6

Ana María Moix i Meseguer, née à Barcelone le 12 avril 1947 et morte dans cette ville le 28 février 2014 (à 66 ans)2, est une poétesse et romancière espagnole.

Elle fait partie, avec d’autres intellectuels espagnols des années 1960, de la Gauche divine, puis des « Novísimos », dans les années 1970.

Elle a deux frères, Miguel, de trois ans son aîné, qui meurt lorsqu’elle a quinze ans, et Terenci. Elle est également la cousine des écrivains Yann Moix et Alexandre Moix. Dès l’âge de vingt-deux ans, elle commence à publier ses poèmes. Elle fait partie d’un groupe de neuf jeunes poètes d’avant-garde, avec Pere Gimferrer, Félix de Azúa. Elle reçoit le prix Vizcaya de Poésie avec No Time for Flowers en 1970. Elle compte parmi ses amis Ana María Matute et Cristina Peri Rossi.

Après ces débuts retentissants, elle a cependant très peu écrit sur une longue période, se consacrant surtout à l’écriture d’articles ou de livres pour enfants. Ce silence relatif a attiré l’attention de la critique sur le thème du silence dans ses dernières œuvres. Elle reçoit le Prix de la ville de Barcelone en 1985 et en 1995. Elle publie en 2002 De mi vida real nada sé.

En 2006 elle reçoit la Croix de Saint-Georges, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

Entre 2006 et avril 2010, elle est directrice de la maison d’édition Bruguera.

Elle meurt le 28 février 2014 à Barcelone ( source Wikipedia )

Nancy Flor dansera toujours par Ana María Moix

Nancy Flor dansera toujours
parce que Johnny est déjà mort.
Un coquin lui a donné la mort,
personne ne sait où il s’est enfui.

Un roi armé a
été vu dans les bars de New York,
puis passé au geôlier
a raconté l’histoire dans un bloc.

Jim, Johnny et Nancy Flor
trois personnages d’anthologie, d’excuses,

d’étrange histoire de terreur.

Elle avait les yeux gris, Johnny peignait des fleurs d’oranger, Jim était doux,

rêveur.

Elle dansait tous les soirs,
Jim la rêvait dans un bazar
entouré d’autres poupées qui l’adoraient
pour sa candeur.

Ils étaient frères les deux adorateurs de Nancy Flor.

Tous les trois
marchaient en silence dans la rue, mais le cœur n’est pas silencieux,
traître.
Et Jim savait.
Il était midi dans le coucou.

Le soleil se couchait sur
le trottoir et Dulce Jim a vu un grand amour
dans les deux ombres de Johnny et Nancy Flor
rejointes au niveau du sol.

La douleur brûle
à peine quand rien ne reste dans le creux
d’un cœur ancien.

Le meurtrier a fui la justice
mais est hanté par l’écho
d’une folle illusion
qui, avec une malice
diabolique, persiste à avoir raison.

Une fleur était Nancy pour Jim, mais une fleur peinte
une fois par un seul amant
qui n’était pas Jim,
mais John.

Quelques poèmes d’Ana Maria Moix en espagnol.

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Le Lundi, c’est poésie !

Ode à la Mer

Ici dans l’île
la mer
et quelle étendue!
sort hors de soi
à chaque instant,
en disant oui, en disant non,
non et non et non,
en disant oui, en bleu,
en écume, en galop,
en disant non, et non.


Elle ne peut rester tranquille,
je me nomme la mer, répète-t-elle
en frappant une pierre
sans arriver à la convaincre,
alors
avec sept langues vertes
de sept chiens verts,
de sept tigres verts,
de sept mers vertes,
elle la parcourt, l’embrasse,
l’humidifie
et elle se frappe la poitrine
en répétant son nom….

Pablo Neruda

Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto (1904 – 1973) était un poète et écrivain chilien particulièrement opposé au fascisme dans son pays et en Espagne. En 1971, il a reçu le prix Nobel de littérature. Surtout connu par son nom de plume devenu son nom légal plutard, il était aussi diplomate et ancien sénateur du Chili. Neruda est devenu connu comme poète dès l’âge de 13 ans et a écrit dans une variété de styles, y compris des poèmes surréalistes, des épopées historiques, des manifestes ouvertement politiques, une autobiographie en prose et des poèmes d’amour éternels tels que ceux de son recueil 20 Poèmes d’Amour.( source Poèmes )

Mois Espagnol #4

Le Lundi, c’est poésie !

José Agustín Goytisolo est un écrivain, traducteur et poète catalan du 20ème siècle, écrivant aussi bien en catalan qu’en Castillant.

C’est un des écrivains les plus importants de la Génération de 50, et de ce que l’on a appelé l’école poétique de Barcelone.
Son œuvre associe les préoccupations sociales à une recherche sur les possibilités esthétiques du langage.
En 1985 il a reçu la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

Le chanteur Paco Ibáñez a fait une tournée avec lui en 1993 et a beaucoup contribué à le faire connaître en France.
Le dernier album de Paco Ibáñez sorti en 2004 est entièrement composé de poèmes de José Agustín Goytisolo, il s’intitule Paco Ibáñez canta a José Agustín Goytisolo.

Tú no puedes volver atrás,
Porque la vida ya t’ empuja,
Como un aullido interminable,
Interminable.


Te sentirás acorralada,
Te sentirás, perdida o sola,
Tal vez querrás no haber nacido,
No haber nacido.


Pero tú siempr’ acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Com’ ahora pienso.

La vida es bella ya verás,
Com’ a pesar de los pesares,
Tendrás amigos, tendrás amor,
Tendrás amigo.


Un hombre solo, una mujer,
Así tomados, de uno en uno,
Son como polvo, no son nada,
No son nada.

Entonces siempr’ acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Com’ ahora pienso.

Otros esperan que resistas,
Que les ayude tu allegria
Que les ayude tu cancion
entre otros canciones…

Nunca te entregues, ni te apartes,
Junto al camino, nunca digas
No puedo más y aquí me quedo,
Y aquí me quedo.

Entonces siempr’ acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Com’ ahora pienso.

La vida es bella ya verás,
Como a pesar de los pesares,
Tendrás amigos, tendrás amor,

Tendrás amigo.

No sé decirte nada más,
Pero tú debes comprender,
Que yo aún estoy en el camino,
En el camino.

Pero tú siempr’ acuérdate
De lo que un día yo escribí
Pensando en ti, pensando en ti,
Com’ ahora pienso.

Artiste : Paco Ibáñez
Album : La poésie espagnole de nos jours et toujours
Date de sortie : 1969

Paroles pour Julia

Tu ne peux revenir en arrière,
Parce que la vie te pousse,
Comme un hurlement sans fin
Sans fin.

Tu te sentiras coincée,
Tu te sentiras perdue ou seule,
Parfois tu souhaiteras de ne pas être née,
ne pas être née.

Mais tu dois toujours te rappeler
De ce que j’ai écrit un jour
en pensant à toi, pensant à toi
Comme maintenant, j’y pense.

La vie est belle, tu verras
Parce que, malgré tout,
Tu auras des amis, tu auras un amour
Tu auras un ami.

Un homme seul, une femme,
Ainsi pris un à un,
sont comme de la poussière, ils ne sont rien,
Ils ne sont rien.

Mais tu dois toujours te rappeler
De ce que j’ai écrit un jour
en pensant à toi, pensant à toi
Comme maintenant, j’y pense.

D’autres espèrent que tu résistes
Que les aide ta joie
Que les aide ta chanson
entre d’autres chansons

Ne cède jamais, ni te détourne pas
Le long du chemin, ne dis jamais
Je n’en peux plus, je reste ici
Je reste ici.

Mais il faut toujours te rappeler
De ce que j’ai écrit un jour
en pensant à toi, pensant à toi
Comme maintenant, j’y pense.

La vie est belle, tu verras
Parce que, malgré tout,
Tu auras des amis, tu auras un amour
Tu auras un ami.

Je ne sais te dire rien de plus,
Mais tu dois comprendre,
Je suis toujours sur la route,
Sur la route.

Mais il faut toujours te rappeler
De ce que j’ai écrit un jour
en pensant à toi, pensant à toi
Comme maintenant, j’y pense.

José Agustín Goytisolo (né le 13 avril 1928 et mort le 20 mars 1999)

Mois Espagnol #2

Le Lundi, c’est poésie !

Aujourd’hui je voyage avec Sharon en Espagne. Je vous présente quelques poèmes de Gustavo Adolfo Becquer. Poète espagnol de renom qui a écrit principalement des poèmes d’amour. Il utilisait souvent un langage simple et un rythme qui rendait ses poèmes faciles à lire et à mémoriser..

Gustavo Adolfo Bécquer est né le 17 février 1836 à Séville et est décédé le 22 décembre 1870 à l’âge de 34 ans à Madrid. Il a écrit sur sa propre vie et a influencé de nombreux écrivains d’autres époques, et continue d’influencer de jeunes écrivains et poètes aujourd’hui.

on œuvre la plus célèbre est sans aucun doute Rhymes and Legends, un recueil de ses poèmes et de ses histoires. Aujourd’hui, ce dernier est considéré comme l’un des classiques et des incontournables de la littérature hispanique.

Et le poème le plus célèbre du poète Bécquer est la Rima LII (Volverán las oscuras golondrinas), acclamée par la critique. (source Labelleseville )

.Rima LII

Les hirondelles noires vont revenir
sur votre balcon leurs nids à accrocher,
et encore avec l’aile à ses cristaux
en jouant à l’appel.
Mais ceux dont le vol a été retenu
ta beauté et ma joie de la contempler,
ceux qui ont appris nos noms,
ceux… ils ne reviendront pas !
Les chèvrefeuilles denses reviendront
des murs de votre jardin pour grimper
et encore plus belle le soir
leurs fleurs vont s’ouvrir.
Mais ces caillés de rosée

dont nous avons vu les gouttes trembler
et tombent comme les larmes du jour….
ceux… ils ne reviendront pas !
Ils reviendront de l’amour dans vos oreilles
les mots enflammés à prononcer,
ton cœur sort de son profond sommeil
peut-être qu’il va se réveiller.
Mais muet, absorbé et à genoux,
comme on vénère Dieu devant son autel,
comme je vous ai aimés…, soyez désenchantés,
Ils ne voudront pas de vous comme ça !

La harpe oubliée


De son propriétaire, peut-être oublié,
silencieux et couvert de poussière,
la harpe a été vue.
Quelle note a dormi sur ses cordes,
comme l’oiseau dort dans les branches,
en attendant la main de la neige
qui sait comment les arracher !
Hélas, j’ai pensé, combien de fois le génie a t-il
alors il dort dans les profondeurs de l’âme,
et une voix comme celle de Lazare attend
pour lui dire « Lève-toi et marche ! »

Mois Espagnol #1

Le Lundi, c’est poésie ! Art poétique de P.Verlaine

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !


Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Paul Verlaine

Recueil : Jadis et naguère (1884).


Ce billet  entre dans le cadre du défi « Le Printemps des Artistes » proposé par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles d’avril à juin 2023

Je ne peux pas finir cette poésie sans vois offrir en ce 1 mai un joli bouqutt de muguet.

Le Lundi, c’est poésie !

Le haïku désigne une poésie caractéristique du Japon, dont les maîtres sont Buson, Shiki et Issa.

Le haïku (俳句) est une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne. C’est une forme très concise, dix-sept temps en japonais (onji), en 3 vers (5-7-5), un nombre restreint dans d’autres langues (l’anglais s’accommode de 3-5-3).

Quelques exemples de haïku par Buson 

Je me lave les pieds
Le baquet coule
Comme le printemps !  
Le printemps qui s’éloigne
Hésite
Parmi les derniers cerisiers  
Tombent les fleurs de cerisier
Entre les branches
Un temple apparaît  
Si frais
Le souffle de la cloche
Quand il quitte la cloche  
Nuit brève  
La chenille retient  
Les gouttes de rosée  
Dans le vieux puits
Un poisson gobe un moustique
L’eau fait un bruit noir  
Pour celui qui part
Pour celui qui reste
Deux automnes  
Automne des moissons
Si triste
Le visage de la folle !  
Les montagnes au loin
Reflet dans les prunelles
D’une libellule  
Dans la chambre
Ce froid vif sous mon pied
Le peigne de ma femme morte  
Nuit de gel
Mes os
Raclent le matelas !  
A travers la neige
Les lumières des maisons
Qui m’ont claqué la porte au nez  

Le poète japonais, Yosa Buson est un fils de paysan, né en 1716 dans une banlieue d’Osaka. Sa passion pour la peinture s’est révélée dès son plus son âge. En grandissant, il s’intéresse également à la littérature. Il devient ainsi un grand poète du XVIIIe siècle.

Le poète connu quitte son village pour se rendre à Edo. Son objectif est d’étudier la poésie et d’approfondir son art. Le poète célèbre apprend le haïku aux côtés de Hayano et de Senzan. Yosa Buson voyage beaucoup après le décès de son maître. Il passe son temps à écrire et à peindre au cours de ses périples. Il finit par s’installer à Kyoto en 1750 afin de perfectionner ses techniques de peinture.

Source ; Poetry Foundation

En parallèle à son activité de peintre, il crée une association poétique. Il acquiert une grande réputation en tant que peintre. Son talent pour le haïku est également reconnu. Il fait d’ailleurs partie des quatre maîtres spécialisés dans ce domaine.

Buson par lui-même

Un mois au Japon #6

Le lundi, c’est poésie ! Les lys me semblent noirs, le miel aigre à outrance de Théodore Aggrippa d’ Aubigné

Les lys me semblent noirs, le miel aigre à outrance,
Les roses sentir mal, les œillets sans couleur,
Les myrtes, les lauriers ont perdu leur verdeur,
Le dormir m’est fâcheux et long en votre absence.

Mais les lys fussent blancs, le miel doux, et je pense
Que la rose et l’œillet ne fussent sans honneur,
Les myrtes, les lauriers fussent verts, du labeur,
J’eusse aimé le dormir avec votre présence,

Que si loin de vos yeux, à regret m’absentant,
Le corps endurait seul, étant l’esprit content :
Laissons le lys, le miel, roses, œillets déplaire,

Les myrtes, les lauriers dès le printemps flétrir,
Me nuire le repos, me nuire le dormir,
Et que tout, hormis vous, me puisse être contraire.

Théodore Agrippa d’Aubigné

Ce lundi, poésie entre dans le cadre du défi « Le Printemps des Artistes » proposé par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles d’avril à juin 2023

Le lundi, c’est poésie, Le Printemps des Artistes #2

Ce mois- ci , les poésies seront axées sur les arts dans le cadre du Printemps des Artistes.

Fantaisies

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

22 mai 1808 : Naissance de Gérard de Nerval Le poète Gérard de Nerval naît en 1808, d’un père médecin militaire et d’une mère qu’il n’a pas l’occasion de connaître. Elle décède alors que le petit Gérard n’est âgé que de deux ans. C’est son grand-oncle maternel qui se charge de son éducation, jusqu’à ce que son père soit libéré de ses fonctions militaires. Gérard de Nerval passe son enfance dans le Valois, qui sert plus tard de décor à nombre de ses œuvres.

1854 : Édition du recueil Les Filles du feu de Gérard de Nerval L’écrivain Gérard de Nerval écrit le recueil de nouvelles et de poésies nommé Les Filles du feu. Le livre est édité en 1854 pendant que l’écrivain est interné dans la clinique de Passy, à cause de ses problèmes de santé. Le recueil contient une dédicace à Alexandre Dumas ainsi que huit nouvelles et douze sonnets. C’est l’une des plus grandes œuvres de l’écrivain, qui se suicide l’année suivante.

26 janvier 1855 : Gérard de Nerval se suicide À 47 ans, Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, se pend à une grille, rue de la Vieille-Lanterne, près de la Place du Châtelet, à Paris. Figure emblématique du romantisme, Nerval souffrait depuis 1841 de crises d’hallucinations et de délires. Bouleversé par la mort de sa mère dans sa petite enfance, il donne une place prépondérante dans sa vie et son œuvre au mythe féminin. Fantaisies (1832), Les Filles du feu (1854), mais aussi Aurélia ou le rêve de la vie (1855) publiés après sa mort, en sont le parfait témoignage. (source Linternaute)

Le Lundi, c’est poésie !

Je souhaitais proposer une poésie sur le printemps écrite par un poète de l’Est.

Mes recherches furent vaines.

Vous trouverez une poésie de Attila József, poète Hongrois.

Plaine Hongroise


Grande plaine Hongroise – le problème : les collines ;
Temple en épi ;

Sol de lait caillé profond, mais 
Volent des pierres rectangulaires.

Peuple hongrois – drapeau en chiffon ;

Un bol ;

Nous, nation d’herbes sans valeur, 
pieds nus nous arrive la mort !

Venez poète ! Morte est la lune ;



Cordon ombilical ;

Soudain brûle la ville, ta plume

Fume sans une allumette !


O femme sous les nuages,

Lamentables petits sureaux –
Regardez sur la route, en silence

La migration des peupliers!

image de Anna de Pixabay

Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato

Attila Jozsef
1905-1937

Attila József, ou József Attila dans l’ordre usuel en hongrois, né en 1905, mort en 1937, est un poète hongrois.

Fils d’Áron József, ouvrier dans l’industrie savonnière, et d’une paysanne Borbála Pőcze, il est né à Ferencváros, un quartier pauvre de Budapest. Il avait deux grandes soeurs: Eta et Jolán. Il n’avait que 3 ans quand son père abandonna sa famille. Ils vécurent dans l’extrême pauvreté: sa mère pouvait à peine s’occuper de ses trois enfants et payer la location du petit appartement où ils vivaient. Elle confia Etelka et Attila à des parents adoptifs du village d’Öcsöd, où ce dernier travailla dans une ferme. Là-bas, son père adoptif ne respectait pas même son prénom et l’appelait ‘Pista’. Les conditions de vie y étaient si médiocres qu’il s’enfuit pour retrouver sa mère à Budapest.

Sa mère mourut en 1919, à l’âge de 43 ans. Après cela son beau-frère Ödön Makai, avocat et époux de sa soeur, le prit en charge et lui offrit des études dans un bon lycée. Plus tard il fut reçu à la Faculté des Lettres de l’Université de Szeged – son rêve était de devenir enseignant – mais il s’en détourne à cause d’un conflit avec un professeur scandalisé par la provocation de l’un de ses poèmes.

A partir de ce moment, il essaya de se prendre en charge lui-même grâce au peu d’argent qu’il gagnait en publiant ses poèmes. Il commença à montrer des signes de schizophrénie, et il fut traité par des psychiatres. Il ne se maria jamais et mais il tombait fréquemment amoureux de ses compagnes.

Il mourut le 3 décembre 1937 à l’âge de 32 ans, à Balatonszárszó, en se jetant sous un train. Un mémorial est érigé non loin de l’endroit où il eut son dernier souffle. La thèse généralement acceptée est celle du suicide, mais certains experts prétendent que sa mort fut accidentelle. ( source Babelio)