Il Meurt Lentement de Pablo Neruda

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu .Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux.

Pablo Neruda

Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto (1904 – 1973) était un poète et écrivain chilien particulièrement opposé au fascisme dans son pays et en Espagne. En 1971, il a reçu le prix Nobel de littérature. Neruda est souvent considéré comme le poète national du Chili et ses œuvres ont été populaires et influentes dans le monde entier. Le romancier colombien Gabriel García Márquez l’appelait autrefois « le plus grand poète du 20ème siècle ».

Le Lundi, c’est poésie !

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous présenter des poèmes extraits de ce livre .

Sur la feuille

Sur la feuille de papier

tu dessines toujours

deux maisons

rondes

comme des joues

entre les deux

une passerelle

pointue

comme un nez

une maison

pour les baisers de maman

une maison

pour les baisers de papa

et ton cœur

entre les deux portes.

Joël Sadeler

(1938-2000)
Né en au Mans en 1938. Il passe son enfance à la campagne et sera toujours attaché au milieu rural. Il est enseignant dans un collège de la Sarthe et animateur de poésie en milieu scolaire et dans les bibliothèques municipales. Il créé également des spectacles de poésie. Il reçoit en 1997, le prix de Poésie Jeunesse du Ministère de la jeunesse et des sports pour son recueil « L’enfant partagé ». Amoureux des mots, des sons et des images il rend sa poésie, parfois grave mais souvent drôle, accessible à un jeune public.

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Joël Sadeler

Né en au Mans en 1938. Il passe son enfance à la campagne et sera toujours attaché au milieu rural. Il est enseignant dans un collège de la Sarthe et animateur de poésie en milieu scolaire et dans les bibliothèques municipales. Il créé également des spectacles de poésie. Il reçoit en 1997, le prix de Poésie Jeunesse du Ministère de la jeunesse et des sports pour son recueil « L’enfant partagé ». Amoureux des mots, des sons et des images il rend sa poésie, parfois grave mais souvent drôle, accessible à un jeune public.

Petit ver

Petit ver

Petit ver

Qui dès l’été

Viens manger les pommes du verger

Sache le bien

Je ne suis pas fâché

Comme je te comprends

C’est si rare en notre temps

Un vrai fruit

sans produits

Pas surveillé

Pas pulvérisé

Petit ver

Qui dès l’été

Viens manger les pommes du verger

Quelle joie

Que tu sois

Encore là

Mais

Gare à toi mon pote

Si maman fait des compotes.

Philippe Mathy

 Né à Manono (Congo) le 17 juillet 1956, Philippe Mathy rejoint dès l’âge de 4 ans la Belgique. Il vit son enfance à Saint-Denis ( Mons ), petit village entouré de bois et d’étangs. ll a fondé avec son épouse une galerie d’art, d’exposition et de rencontre, Le Front aux vitres, où il accueille poètes et plasticiens. Reconnu depuis ses débuts (prix Lockem décerné par l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique),

Dans l’album  » chaque enfant est un poème  » Des poètes saisissent des instants d’enfance, d’autres interpellent le jeune lecteur d’aujourd’hui. Aux quatre coins du monde, l’enfance et la poésie nous racontent l’essentiel de ce qui nous réunit. Les superbes illustrations sont de Solenn Larnicol.

À Aurore de George Sand

À Aurore

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

Evidemment de Sylvain Laisne

Évidemment

Évidemment
On n’est pas toujours ce que l’on croit
Les images qu’on a
Les messages que l’on envoie

De temps en temps
Retrouver l’enfant qui est en soi
Les sentiments
Poussés au large de l’entendement

Un océan
De pensées sans fondements
Des oasis
Qui nous empêchent d’être tristes

Quand tout fout le camp
Les amis comme les envies
Quand tout fout le camp
Les apparences comme l’espérance

Alors je suis au ciel
Et j’embrasse les nuages
Je recherche le substantiel
Dans ce monceau d’éternel

Sylvain Laisné

Ma maison d’Élodie Santos

Ma maison

J’aime ce rêve où j’écris mes poèmes
où je respire le temps qui passe
où j’écoute les oiseaux chanter
Ce rêve, c’est ma maison

J’aime cet océan où je navigue seule
où les vagues sont douces
où les poissons sont feu
Cet océan, c’est ma maison

J’aime ce livre ouvert aux autres
où les pages sont écrites à l’encre de lumière
où les mots virevoltent autour de moi
Ce livre, c’est ma maison

Élodie Santos

Le coucher du soleil romantique de Charles Baudelaire

Le coucher du soleil romantique

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
– Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !

Je me souviens ! J’ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite …
– Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L’irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

Charles Baudelaire (1821-1867)

Été de Kamal Zerdoumi

Été

La mer
à la robe bruissante de bleu
pose l’émeraude de son regard
sur le carrosse d’or éphémère
qui nous attend
passants lumineux
pour un voyage insouciant
dans la saison
où la royauté
privilège du mystère
est maintenant une couronne solaire
posée
sur nos vies humbles

Kamal Zerdoumi

Kamal Zerdoumi est né en1953 à Casablanca, de père algérien et de mère juive. Il entreprend en 1973, des études de lettres modernes à l’université de Lille 3. Il obtient une maîtrise es lettres modernes. Kamal Zerdoumi a enseigné le français a Casablanca- douze années – puis dans les Hauts-de-France. Il a commencé à écrire des poèmes médiocres à l’âge de dix-neuf ans. Son premier vrai poème date de 1991. Il s’intitule » Nomades » et fera partie de « Au gré de la lumière », le premier recueil publié, a compte d’auteur, à Paris. C’est en novembre 2011 en effet que paraît, aux éditions L’Harmattan, « L’exil et la mémoire », son véritable acte de naissance en tant que poète.

« Elle » …de Sandrine Davin

« Elle » …

Elle était belle dans la nuit
A la lueur de la lune ronde
Des rubans dansent dans ses cheveux
Et le vent rie à ses côtés ;

Sur les chemins parsemés d’étoiles
Elle brille de mille feux
Ses mains implorent le ciel
Au temps qui se suspend.

Une envolée d’oiseaux nous rappelle
Qu’elle était belle,
« Elle » …

Sandrine Davin

L’image provient de Jieun Lee via Pixabay

Chopin de Marcel Proust

Chopin

Chopin, mer de soupirs, de larmes, de sanglots
Qu’un vol de papillons sans se poser traverse
Jouant sur la tristesse ou dansant sur les flots.
Rêve, aime, souffre, crie, apaise, charme ou berce,
Toujours tu fais courir entre chaque douleur
L’oubli vertigineux et doux de ton caprice
Comme les papillons volent de fleur en fleur;
De ton chagrin alors ta joie est la complice:
L’ardeur du tourbillon accroit la soif des pleurs.
De la lune et des eaux pale et doux camarade,
Prince du désespoir ou grand seigneur trahi,
Tu t’exaltes encore, plus beau d’être pâli,
Du soleil inondant ta chambre de malade
Qui pleure a lui sourire et souffre de le voir…
Sourire du regret et larmes de l’Espoir!

Marcel Proust, Les Plaisirs et les Jours, Portraits de peintres et de musiciens 1896