Challenge illimité, les départements français en lectures.

Flaubauski du site Babelio a proposé ce challenge .

Les règles :
– lire un.e auteur.e qui est né.e dans le département concerné ;
– lire une œuvre d’un.e auteur.e français.e dont l’intrigue, ou une partie de l’intrigue, se passe dans le département concerné.

Les contraintes : pas de contraintes de type d’œuvres, parce que cela sera sûrement ardu pour certains départements : romans, nouvelles, poésie, théâtre, non-fiction, BD… tout est accepté ! J’accepte aussi les livres audio !

C’est un challenge ILLIMITÉ, et prend en compte les lectures à partir du 1er mars 2022.

Mes lectures ;

03 – AllierAliénor d’Aquitaine – Marie-Noelle Demay –

14- Calvados En apesanteur – Karine Langlois Née à Bayeux

15 – Cantal Les feuilles volantes – Alexandre Clérisse

31 – Haute-GaronneDans les brumes de Capelans – Olivier Norek – Né à Toulouse

50 Manche On le reconnait tout de suite – Michael Herpin Né dans la Manche

54 – Meurthe et MosellePanique à Drouot – Eric Mercier Né à Nancy

56 – Morbihan – Cruels sont les rivages – Eric Le Nabour – Le roman se situe dans le Morbihan

63 – Puy de Dôme Seule en sa demeure – Cécile Coulon Née à Aurillac

– Né à Castres

77 – Seine et Marne – La Page blanche – Boulet Né à Meaux – P.Bagieu

81 – TarnAutomne en baie de Somme – Philippe Pelaez – Né à Castres

88 – Vosges Le Souffle d’ Ange de Gilles Laporte – Né à Igney et le roman se situe dans les Vosges

N’hésitez pas à nous rejoindre pour ce tour de France et des Territoires d’Outre Mer !

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Rentrée Littéraire 2022, Stardust de Léonora Miano

« Stardust est le premier roman que j’aie composé dans l’intention de le faire publier. Écrit il y a plus de vingt ans, il relate un moment marquant de ma vie, cette période au cours de laquelle je fus accueillie dans un centre de réinsertion et d’hébergement d’urgence du 19ème arrondissement de Paris. J’étais alors une jeune mère de 23 ans, sans domicile ni titre de séjour. Mon souhait était surtout de me pencher sur ma vie à l’intérieur de ce foyer, de me libérer des histoires, des visages qui, plusieurs années après, continuaient de me hanter.

Mon avis

Par ce livre, Leonora Miano a osé publier sur ses années passées , à 49 ans, elle décide de sortir de ce silence qui la hante. La jeune Léonora, ici présente sous le nom de Louise, arrive de son Cameroun natal à 18 ans, pour étudier à Paris la littérature anglo-saxonne. Elle vit en couple, mais son compagnon ne peut plus assumer la vie à deux et bientôt à trois. Elle doit finalement quitter l’université , elle vient de mettre au monde , Bliss . Mais sans papier, sans domicile, sans carte de séjour, elle ne peut confier Bliss à personne. Le père de Bliss n’assume pas ses responsabilités, elle décide donc de le quitter. Elle se réfugie dans des hôtels minables, avant d’intégrer un premier centre d’hébergement d’urgence et de réinsertion , rue de Crimée à Paris.

Aujourd’hui comme hier, on peut entrer en France de façon tout à fait régulière et perdre le droit d’y résider. Les accidents de la vie poussent des personnes de toutes origines et conditions sociales dans le fossé de l’exclusion; »

Elle découvre ici des femmes désœuvrées, qui se sentent inutiles. Chaque femme a son histoire, mais elles doivent rentrer avant le couvre-feu, autrement elles dormiront dans la rue. Elle a vu mourir Véronique, Prudence et rencontrer le fantôme de Virginie.

Toutes ces femmes ont quitté leur pays pour des raisons diverses, et pour trouver un semblant de bonheur dans « cette France » qui fait tant rêver. Mais la réalité est toute autre, il faut se battre . Les assistantes sociales sont prises dans des démarches administratives qui ne sont pas simples. Ces femmes ressentent un sentiment d’abandon. Il leur est difficile de se construire une nouvelle vie.

Léonora Miano a transmis son passé, avec toute la révolte qu’elle a ressentie face à sa situation précaire.

Ce fut une lecture intéressante, pour comprendre le vécu de toutes ces femmes . Elle fait réfléchir sur les conditions d’accueil , sur les démarches administratives que doivent subir ces femmes. Les mères isolées sont plus exposées à la précarité . La résilience est possible, même si parfois le doute s’insinue. Il faut toujours persévérer. Comme l’a fait Louise

Stardust – Leonora Miano – Grasset – Parution 31/08/2022 – EAN : 9782246831839

Merci à NetGalley et aux Éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur.

#Stardust #NetGalleyFrance

Quelques citations :

« Il n’a fallu qu’un court laps de temps pour sentir le poids de la souffrance qui s’entassait là. Elle a vite compris qu’il faudrait s’en protéger le plus possible. »

Tout le monde sait où se trouve le fossé Tous les jours, on voit quelqu’un s’en approcher un peu trop près. On le regarde . De loin. Tendre la main, c’est déjà côtoyer l’abysse. Parfois cela arrive à ceux que l’on aime. Ça ne change rien. L’amour n’est pas toujours plus fort que la peur. Surtout celle-là de nos jours. La peur du déclassement. La terreur qu’inspire l’exclusion sociale.

Cela , je te le promets. Je marcherai debout. Et quand j’aurai marché, je signalerai ma présence à chacun. Pour que tu ne m’aies pas aimée en vain, rêvée en vain. Je ferai quelques chose. Et je serai libre.

Mhambe…

Tu ne peux me dire, à présent qui je suis. Il me faudra le découvrir. Je ne t’écrirai plus. Sache cependant qu’il ne s’écoulera pas une journée sans que je pense à toi. Pas une journée, sans que je pense à toi.

Ta poussière d’étoiles.

A propos de l’auteur ;

Léonora Miano est née en 1973 à Douala au Cameroun. Elle s’installe en France en 1991, d’abord à Valenciennes puis à Nanterre, pour étudier la littérature américaine. La première œuvre de Léonora Miano, L’intérieur de la nuit, reçoit un bon accueil de la critique francophone. Elle reçoit six prix : Les lauriers verts de la forêt des livres, Révélation (2005), le prix Louis-Guilloux (2006), le prix du premier roman de femme (2006), le Prix René-Fallet(2006), le prix Bernard-Palissy (2006), et le Prix de l’excellence camerounaise (2007). Le magazine Lire le qualifie de meilleur premier roman français de l’année 2005…….( source Wikipédia)

Avant que le monde ne se ferme de Alain Mascaro

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Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au cœur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d’un cirque, entouré d’un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce  » fils du vent  » va traverser la première moitié du  » siècle des génocides « , devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d’un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l’homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l’Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent. A la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l’écriture ample et poétique. Alain Mascaro s’empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.

Tout commence dans la steppe, dans le cercle des regards qui crépitaient avec le feu de camp. La voix du violon de Jag planait par dessus l’hiver immobile qui parfois arrêtait le cœur des hommes . Ainsi le vieux Johann était il mort trois jours plus tôt. Jamais il ne connaîtrait l’enfant à venir.

C'est un long voyage que nous propose Alain Mascaro, dans son premier roman. Une belle plume empreinte de poésie qui nous conte la vie de ce peuple tzigane, bien souvent méconnu. C'est un voyage à travers les pays, l'Histoire et les peuples.

Tout débute dans la steppe kirghize, dans un cirque, le cirque Torvath celui où Anton nait et grandit . Membre de la communauté tzigane, “fils du vent” et dresseur de chevaux, on lui annonce que sa destinée sera d’être la mémoire de son peuple nomade, de leur folklore et culture si particulière.

Ainsi, il traverse l’Europe en guerre, il sera accompagné de trois personnes Jag, le violoniste, qui prend Anton sous son aile. Il lui apprend à utiliser les plantes médicinales, à observer le monde qui l’entoure mais également, à lire et à comprendre le pouvoir des mots.

Dans la Kumpania, on se méfiait beaucoup de ceux qui savaient lire. Les livres étaient des prisons pour les mots, des prisons pour les hommes. Les premiers comme les seconds n’étaient libres qu’à virevolter dans l’air ; ils dépérissaient sitôt qu’on les fixait sur une page blanche ou un lopin de terre .

Simon, le médecin philosophe, avec sa complicité, Anton échappe à la mort, il prend l’identité d’un juif décédé. et Yadia, ancienne officier de l’Armée rouge. Ils seront témoins d’une époque troublée où la violence règne , où il n’est plus possible de voyager. Les Nazis interdisent aux Tziganes de travailler. Malgré cela , Anton veut continuer C’est une épopée pleine de rebondissements à travers de nombreux pays secoués et meurtris, mais Anton est toujours à la recherche de la beauté du monde, visible à qui sait la voir.

Rares sont les romans français qui abordent le « Porajmos », le génocide tzigane perpétré par les nazis et leurs alliés, et qui nous rappellent à quel point les peuples nomades ont été incompris dans leur volonté d’être, à la fois, de partout et de nulle part et d’avoir pour seul abri le toit du monde.

Si les fils du vent parcourent la peau du monde, ce n’est pas pour le simple plaisir d’aller d’un endroit à un autre ou pour simplement connaître l’errance ; c’est une façon de dire que leur pays n’est pas ici ou là, pour la simple raison qu’il n’est nulle part, en tout cas pas enclos entre des frontières ! Nous ne sommes que de passage, comprends-tu ?

L’auteur fait entendre la voix de ces oubliés de l’Histoire à travers ce chant empli de douleur et d’espoir. Un chant des errants surgi du passé et qui résonne pourtant étrangement en nous, tant il fait écho aux temps que nous vivons.

Avant que le monde ne se ferme est à la fois un hommage vibrant au peuple tzigane, une ode à la liberté, une leçon de fraternité et une dénonciation de la folie des hommes. Une très belle découverte que ce premier roman mélancolique et puissant, qui donne à méditer .

Avant que le monde ne se ferme – Alain Mascaro – Éditions Autrement – EAN : 9782746760899 – Parution 18/08/2021 –

Alain Mascaro est professeur de lettres, il a tout plaqué il y a deux ans pour voyager avec sa compagne.
Il a obtenu le prix Pégase de la nouvelle 1990 et 1992 et le prix Club Internet Publibook pour « La Sourate de la Répudiation » en 2001.
L’auteur a reçu pour son premier roman « Avant que le monde ne se ferme » le Prix Première Plume et Talents Cultura 2021.

Vous pouvez suivre les voyages d’Alain Mascaro sur son site ; Transhumances.eu