En attendant Bojangles de Ingrid Chabert, Olivier Bourdeaut, Carole Maurel

C’est un univers particulier qui s’offre à nous, Georges et sa femme dansent dans le salon sur la chanson de Nina Simone, M. Bojangles , sous l’œil de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique. L’oiseau, qui souvent, est promené en laisse. L’enfant découvre le monde, leur monde où tout est parfait. Les parents reçoivent des amis, laissent le courrier s’accumuler, n’ouvrent pas les lettres.La mère est extravagante.

Mais à l’école , des règles strictes s’appliquent, l’enfant doit s’y soumettre. Une seule solution, l’enfant suivra l’école à la maison, sous la direction de son père.

Le narrateur est le petit enfant, le père intervient parfois dans cette histoire loufoque.L’amour unit tous les membres de la famille.

Les couleurs douces et chatoyantes des planches changent suivant les humeurs du personnage féminin. Sous cette joie de vivre, cette euphorie se cache la maladie, sournoise qui envahit , mais on l’oublie en écoutant l’air de Nina Simone.

Le lecteur retient l’évasion légère, le rythme musical, l’intense liberté des personnages et le merveilleux amour.

J’ai bien aimé la construction du récit qui se fait à deux voix .

Cette BD est un conte fantasque , un récit d’amour fou et tendre. Une écriture musicale où se cache dans un univers décalé, un drame à venir.


EAN : 9782368461099
104 pages
Éditeur : Steinkis Éditions (01/11/2017 )

Glenn Gould, une vie à contretemps de Sandrine Revel

Cette Bande-dessinée retrace la vie de ce célèbre pianiste canadien. Pourquoi a -t-il abandonné la scène ?

Ce génie du piano était un solitaire.

Sandrine Revel donne dans cette BD, des indices pour comprendre cet artiste hors du commun. Elle raconte sa chaise, assez basse, fabriquée par son père qu’il ne va jamais quitter alors qu’elle couine – cela s’entend sur certains enregistrements.

Mais aussi son piano fétiche, un Steinway 174, détruit par accident en 1957. Glenn Gould chantonnait quand il jouait, et perturbait certaines captations. Le livre n’oublie pas sa phobie de l’avion ou son besoin d’être toujours dans des pièces surchauffées.

Glenn Gould, né en 1932 à Toronto, donne ses premiers concerts dans les années 1950, avant d’arrêter de se produire en public en 1964 pour ne se consacrer qu’à son travail pour Radio-Canada. Il est l’une des premières personnalités à quitter volontairement la scène médiatique en pleine gloire. Comment un homme va t-il abandonner ses tournées pour se consacrer uniquement aux enregistrements ? Le psychisme de l’artiste est complexe, à la limite de l’autisme.

Avec un dessin subtil, une alternance habile dans le découpage, Sandrine Revel nous emmène avec finesse sur les pas du meilleur interprète des Variations goldberg de Bach. C’est un voyage dans le génie et la solitude.

J’ai lu cette BD dans le cadre du Printemps des artistes.

A mains nues de Leila Slimani

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Avec A mains nues, l’écrivaine Leïla Slimani et le dessinateur Clément Oubrerie rendent un hommage vibrant à Suzanne Noël, une femme d’exception, médecin et féministe.

Tome 1 -1900-1921

Avec ce roman graphique , nous découvrons la vie de Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique dans un monde médical dominé par les hommes. En 1897, elle épouse Henri Pertat, un dermatologue.

Elle a une vie oisive, qui ne lui convient pas. Elle aspire à d’autres ambitions et veut se rendre utile.

« Quand Henri a fini sa journée , nous allons ensemble aux salons de peinture ou à l’opéra comme de véritables parisiens « 

Elle veut reprendre ses études, elle passe son baccalauréat en candidate libre. Elle veut devenir médecin. Son mari la soutient et l’aide. Elle s’inscrit en Faculté de médecine, et sort diplômée en 1913. Elle tombe amoureuse d’un autre étudiant, André Noël, qui deviendra son second mari. Elle décide de vivre sa vie de femme libre en partageant son temps entre son travail, son mari qui s’occupe de leur fille, Jacqueline et de son amant.

Elle devient une pionnière dans la chirurgie esthétique . Elle compense aussi les flétrissures de l’âge chez les femmes qui lui demandent – par exemple, les rides de Sarah Bernhardt. Elle répare aussi « Les gueules cassées de la Première Guerre Mondiale « .

Suzanne Noël est aussi une féministe engagée, elle lutte pour le droit de vote des femmes et leur indépendance professionnelle.

Le dessin de Clément Oubrerie retranscrit bien cette époque, , ce Paris des années 1920 avec des couleurs sobres. Les textes rédigés sont simples et poétiques.

J’ai hâte de connaître la suite.

Je propose ce roman graphique dans le cadre du défi de lectures,  » le printemps des artistes »crée par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles« 

Monet, nomade de la lumière de Salvo Rubio & Efa

Je ne suis pas fan de BD, mais celle-ci m’a fait de l’œil.. J’aime la peinture, et je dois dire que j’ai aimé lire cette BD. Elle retrace la vie romancée du célèbre peintre que fut Monet.
La préface de cet ouvrage est écrite par le directeur de la « fondation Claude Monet »et du musée Giverny; En déplaçant la focale, en peignant les tableaux de l’artiste et ceux de ses amis d’un point de vue différent, Salva Ribio et Ricard Efa nous font découvrir les œuvres de Monet sous un jour nouveau » explique t-il. « A travers un subtil jeu de miroirs, où le peintre et ses œuvres deviennent à leur tour les modèles, ils nous offrent de pénétrer dans cet espace que Monet affectionnait tant, entre le motif et la toile… »


Pour Monet, le motif était secondaire. Il disait vouloir peindre avant tout une sensation, au détriment du détail.
a première planche de la BD est noire, pourquoi ? » le lecteur se retrouve dans les yeux de Monet. Des yeux que le peintre vieillissant et célèbre garde obstinément fermés. La raison? Il refuse de se faire opérer de la cataracte au moment où le docteur Coutela (ca ne s’invente pas) approche son couteau (Eh oui, à l’époque on taillait dans le vif sans anesthésie), car il redoute de perdre la vue, sa raison de vivre. L’ami qui l’accompagne et va finalement le convaincre après l’avoir traité de poule mouillée, n’est autre que celui qu’on surnommait le Tigre, un certain Clémenceau… »


On retrouve ici toute la vie de Monet, avec ses joies mais aussi ses peines à ne pas subvenir aux besoins de sa famille.
Ce roman graphique est suivi d’annotations portant sur les peintures.
Un bel ouvrage à lire et à relire pour apprécier toute la grandeur de Monet.

J’ai lu cette BD pour le défi de lectures,  » le printemps des artistes »crée par Marie-Anne du blog « La Bouche à Oreilles« 

Cassandra Darke de Posy Simmonds

Cette Bande dessinée est un peu spéciale. Elle alterne des planches découpées et des textes illustrés. Le titre est sans équivoque, le personnage principal est Cassandra Darke, qui est-elle ? Cassandra Drake a 71 ans, elle est marchande d’art à Londres. En 2017, ses escroqueries sont révélées au grand jour : elle vendait des copies de sculptures. De remords, de scrupules, elle n’en a pas parce qu’elle a tendance à se montrer coriace, mauvaise, aigrie et malpolie. Cassandra est plutôt odieuse, elle se fiche de ce qu’on pense d’elle.

Son mari l’a quittée pour sa sœur.

Elle héberge sa nièce sous son appartement, dans sa cave en échange de services .. L’histoire se construit autour d’un fait divers, une rencontre, l’installation de sa nièce et une dispute. Un révolver et un gant retrouvés, une enquête policière , la confrontation des classes sociales, le rythme va s’accélérer pour parvenir à un retournement de situation final.

Cassandra Darke est un album original que j’ai pris plaisir à lire.

Quatrième de couverture:

Trad. de l’anglais par Lili Sztain.

Cassandra Darke, Londonienne pur jus, vieille teigne misanthrope, mauvaise coucheuse en surcharge pondérale, n’est pas sans rappeler le célèbre Scrooge de Dickens. Elle ne pense qu’à elle-même et aux moyens de préserver le confort dont elle jouit dans sa maison de Chelsea à 8 millions de livres. La galerie d’art moderne de son défunt mari a été le théâtre de fraudes qui l’ont mise en délicatesse avec la justice et au ban de son milieu. Mais Cassandra s’accorde le pardon, au prétexte qu’«à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige». Ses fautes n’impliquent «ni violence, ni arme, ni cadavre». Hélas, dans son sous-sol, une ex-locataire, la jeune et naïve Nicki, a laissé une surprise qui pourrait bien s’accompagner de violence et d’au moins un cadavre.

Hope One tome 2 de Fane

Devils lake, Dakota du nord, Novembre 1971

Ainsi commence ce tome 2, de la série Hope…Surprenant, me direz-vous ? est-ce bien la suite du premier tome ?

Hope One tome 1

Le shérif Brimley a disparu, sa fille Jamie le remplace quand l’agent du FBI, Lavigne vient reprendre l’enquête. Jamie est alors confrontée à deux disparitions, celle de son père et celle de l’ actrice Eve Tozer. Le shérif Brimley tentait de retrouver Eve Tozer, la belle et jeune vedette d’un film qui se tournait dans le village où sont implantés des studios depuis longtemps.A moitié alcoolique, acariâtre et sûr de lui, Lavigne va s’associer avec Jamies Brimley . Lavigne entre deux verres, va reprendre l’enquête depuis le début et interroger tous les suspects liés de près ou de loin à Eve Tozer dans sa jeunesse. Remuer le passé permettra peut-être de résoudre cette affaire.

Perturbant est le mot qui pourrait caractériser ce second volet. Nous avons quitté Mégan et Adam en orbite autour de la terre, et nous nous retrouvons dans la neige du Dakota du Nord en pleine enquête policière sur la disparition d’une actrice de cinéma.

Y aurait-il un lien avec la première histoire, tout le suspens est là .. On se retrouve avec de nouveaux personnages dont Lavigne, désagréable au possible mais tellement vrai et naturel, ce qui dit en passant donne une force incroyable à l’album. Et pour clore le tout, une vieille enquête policière. On est bien loin de l’espace.

Et bien, il y a un lien entre les deux tomes et ces deux histoires. A vous de le découvrir .

Hope One Tome 2 – Fane – Grelin ( Illustrateur ) Éditeur ; Glénat – EAN 978233104629

Bandes dessinées YA – Ado- adultes.

Hope One T 1 de Fane

J’ai été attirée par la couverture qui m’a donné envie de lire cette BD. Je ne regrette pas mon choix. L’histoire débute par le réveil d’une jeune femme, elle ne sait pas ni qui elle est et ni où elle se trouve.

On est en 2020, Megan, vous avez dormi 49 ans.

En 1971, les tensions entre américains et russes finissent par déclencher un conflit mondial qui mènera la planète à sa perte. Les USA et quelques pays alliés pouvaient alors activer le projet sur lequel ils travaillaient depuis déjà quelques temps. Lancer des « Hope » dans l’espace. Quelques personnes se sont montrées volontaires, des hommes et des femmes sont envoyés dans le but de repeupler la sphère bleue, après une longue phase d’endormissement. Mégan est une de ces volontaires C’est ce que lui explique Adam .

Mais Megan ne se souvient de rien . Elle ne parvient pas à retrouver ses souvenirs.

Comment voulez-vous que je contrôle mes pensées, je suis amnésique !!!

Plus on avance dans l’histoire, plus le huis clos devient angoissant, déroutant. plus les angoisses de Megan semblent légitimes.

Je me suis interrogée sur la suite , sur une menace. Les couleurs atténuent cette sensation d’angoisse, de non-dits. Quel sera l’avenir ?

Le tome deux vous le dira.

Série – Hope one – Scénario et dessin : Fane – Couleurs : Isabelle Rabarot – Genre: Huis clos, Science-fiction – Éditeur: Glénat/Comix Buro ( 16/01/2019) – ISBN ; 9782344031407

Ravel, un imaginaire musical de Guillaume Metayer

1936. Ravel entreprend de conter son histoire à son fidèle ami et disciple Roland-Manuel. On assiste à la création de Gaspard de la nuit, de Daphnis et Chloé, du Concerto pour la main gauche et du Boléro. Le musicien se lance dans une évocation bigarrée de sa vie, tissée d’amitiés indéfectibles et de fulgurances musicales, où l’on croise Debussy, Fauré, Ida Rubinstein ou Colette.

 

 

Ravel, un imaginaire musical retrace la vie de ce musicien. Pour réaliser cette biographie dessinée, le compositeur et pianiste Karol Beffa, le chercheur au CNRS et traducteur de Nietzsche, Guillaume Métayer et le dessinateur Aleksi Cavaillez ont décidé de narrer le dialogue en 1936 entre Maurice Ravel et son ami musicologue Alexis Roland-Manuel, à qui il a décidé de confier ses souvenirs.

Les auteurs n’oublient pas de révéler des anecdotes sur la jeunesse de Ravel. J’ai suivi avec plaisir les prémices de la suite pour piano de « Ma mère l’Oye », du ballet « Daphnis et Chloé » et du mythique « Boléro » (1928). J’ai eu plaisir à retrouver d’autres musiciens, comme Claude Debussy, Erik Satie et Georges Gershwin.

Ravel, un imaginaire musical », de Karol Beffa, Guillaume Métayer, Aleksi Cavaillez (aux éditions Seuil/Delcourt, 200 p., 24, 95 €

 

 

Appelez-moi Nathan de Catherine Castro

CVT_Appelez-moi-Nathan_2226Catherine Castro
Quentin Zuttion (Illustrateur)

ISBN : 2228921629
Éditeur : Payot et Rivages (05/09/2018)
Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette erreur génétique avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par mois. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.
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Lila a tout pour être heureuse, des parents qui l’aiment, des amis. Mais Lila ne l’est pas, crise d’adolescence, non. Dans son corps, elle ne se sent pas fille. Née dans un corps de fille, elle ne s’est jamais considérée comme telle. Elle se sent différente. Toujours habillée en « garçonne »Qui est-elle ? Est-elle homosexuelle ? Elle tente de comprendre qui elle est vraiment.

Alors qu’elle se scarifie, sa mère est convoquée par l’infirmière du collège. Puis un soir, à la maison, un dialogue avec ses parents :

« – Ma chérie… qu’est-ce qui se passe ? Tu veux devenir un garçon, c’est ça ?

– Ma ta gueule ! Tu ne comprends rien ! Je suis un garçon ! Un garçon !!! Vous m’avez fait des seins pourris et une voix de merde !!! J’suis pas un fille !!! Vous n’avez pas de fille. » C’est le début du long parcours du combattant pour changer d’identité et de sexe…

La transformation de son corps, de petite fille à femme, sa poitrine naissante la confortera dans son choix.  Elle a réussi à savoir ce qu’elle voulait vraiment .Le parcours n’est pas simple, il est semé d’embûches.
Alors elle demande à ses parents de l’appelez Nathan.
Inspirée de faits réels, cette BD traite tout en délicatesse et bienveillance d’un sujet peu médiatisé, le transgenre. Le roman graphique met tout d’abord en avant le mal être, au combat de Lila. Puis dans la seconde partie, le cheminement vers la transformation, les rendez-vous multiples chez le psy, chez l’endocrinologue. L’ablation des seins, les démarches administratives fastidieuses rythment donc  la nouvelle vie de Nathan.
La grande chance de Nathan est qu’il est né dans une famille compréhensive et qui va l’accompagner tout au long de son parcours.
Appelez-moi Nathan sait raconter la transidentité avec une rare tendresse, portée par de superbes illustrations .

 Des planches tout en délicatesse, qui sont dessinées par Quentin Zuttion . Ses superbes couleurs à l’aquarelle lui permettent de restituer les ambiances chaleureuses et parfois violentes de cet merveilleux album. Il y a aussi de la sensualité et de l’émotion dans ces très belles pages.

Appelez-moi Nathan : un album qui fait du bien à tout le monde, un parcours de vie qui a valeur d’exemple.

Aiôn de Ludovic Rio

Aiôn – Ludovic Rio

Genre : BD Science-Fiction

Éditions Dargaud (17/05/2019)

ISBN : 978-2-205-07936-4

Quand son vaisseau intercepte un message de détresse, Lexi Néel voyage déjà depuis plusieurs années à travers la galaxie, dans le système d’Alpha-Centaur, à une distance de 4,2 années-lumière de la Terre. Une procédure de réveil est enclenchée, réveillant Lexi. L’humanoïde chargé de veiller sur elle lui explique que le signal provient d’une colonie scientifique qui étudie certaines particularités de l’espace-temps.
Ce centre de recherche est situé sur la petite planète d’AIÔN, proche du vaisseau : le protocole prévoit que le vaisseau doit porter secours à la colonie… Ce que Lexi croyait être une simple mission de sauvetage va l’entraîner au cœur d’une expérience dont elle deviendra elle-même le cobaye !

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Je ne suis pas une adepte de Bandes Dessinées, ni de science -fiction. Cette BD m’a attirée, et je ne fus pas déçue de mon choix.

Les Éditions Dargaud proposent une nouvelle collection de science fiction. Visions du futur est justement le titre et le premier opus « Aiôn » de Ludovic Rio.

Dès le début, nous entrons dans une ambiance  inquiétante, renforcée par la palette de couleurs froides.

En 2312, Le  premier réveil du capitaine Lexi Néel s’effectuera au son de la chanson « I Got You Babe », un clin d’œil manifeste au film culte d’Harold Ramis. Lexi répond au signal de détresse en se rendant au centre de recherche. Elle est en route pour la Terre, pour retrouver sa fille. Elle est accueillie par Maxine, l’androïde de la station qui lui ouvre la porte et l’enferme dans une pièce.

Je suis Maxine, l’intelligence artificielle en charge de cette station.

Le lecteur  est embarqué dans un huit clos glacial où les apparences sont trompeuses et les rapports complexes.

Les thèmes principaux de cette BD sont le voyage dans le temps, l’intelligence artificielle, quels en sont les enjeux ? Dans son intrigue Ludovic Rio joue avec le temps.