En Apesanteur de Karine Langlois

Karine Langlois est née en 1978, à Bayeux. Elle est professeur de français au CNED. Elle a écrit plusieurs six livres, des recueils de textes, poésies et trois romans. Celui-ci rend hommage à l’Art et aux artistes dans ce nouveau roman.

La couverture est un ‘un extrait d’une fresque de 8 mètres réalisée en 2020 par l’artiste peintre normande Marion Alexandre Cantaloube, qui l’a autorisée à la reproduire.

L’histoire du roman se passe dans un cabaret, Marius y revient, il l’avait quitté il y a vingt ans. Il se présente sous un faux nom. Que vient-il y chercher, les démons du passé le hantent – ils ? . Il est embauché comme transformiste. Il apparaît sur scène, sous un personnage féminin.

Il aime ce moment où il s’observe avec ses cheveux d’homme et son regard de femme, si profond qu’il semble rempli des visions du passé et de l’avenir.

il peut aussi être chanteur, magicien. Il rencontre Lolita qui est la directrice artistique du lieu. Elle est sensible, sous le charme de cet homme aux multiples talents. Au fil des pages, le passé de Marius se dévoile, et la vérité arrive brutale et douloureuse.

Marius a bâti sa vie autour de l’Art, d’un côté il se met à nu sur scène et de l’autre, il se cache, il ne sait pas faire face et choisit la fuite.

Karine Langlois nous livre dans ce roman une réflexion sur la personnalité. C’est aussi une histoire de famille avec de nombreux rebondissements. J’ai apprécié l’écriture de Karine Langlois, sa sensibilité . Ses mots m’ont touchée. Malgré tout ce qui se passe, l’Art est présent.

En Apesanteur – Karine Langlois – Éditions La Rémanence – 160 pages -29/11/2021 – EAN : 9782378700195

Quatrième de couverture ;

Transformiste, chanteur, magicien, Marius est un artiste aux multiples talents. Le voilà de retour dans la ville de son enfance après vingt ans d’absence, vingt années de fuite. Il retrouve le cabaret qu’il aimait tant, mais qu’il avait dû abandonner dans des circonstances troubles. Il y rencontre la jeune Lola, qui l’attire et ne semble pas indifférente à son charme. Il devra élucider l’origine de leur évidente complicité en se confrontant à son passé, tout en ombres et lumières. L’Art sous toutes ses formes aura un rôle essentiel à jouer.

Ce roman entre dans le cadre du défi « Le Printemps des Artistes » proposé par Marie-Anne du blog  » La Bouche à Oreilles d’avril à juin 2022.

Le tour des arènes d’Anny Duperey

Née le 28 juin 1947 à Rouen, Anny Duperey fait partie des actrices françaises de cinéma et de théâtre les plus populaires. Également passionnée d’écriture, Anny Duperey publie régulièrement. Son roman autobiographique « Le Voile noir », publié en 1992, revient sur son histoire familiale.

En mars 2022, ce livre « Le tour des arènes  » est paru, il y avait 17 ans que l’actrice n’avait pas écrit de roman.

Solange est une jeune femme qui a quitté la Normandie, elle a suivi son mari , il prend en gérance une agence immobilière. Celle-ci se situe à Guéret dans la Creuse. Solange a dû mal à s’adapter. Elle a trouvé du travail comme caissière dans un supermarché. Elle s’ennuie, elle ne va pas bien, un mal la ronge qu’elle n’arrive pas à définir . Un jour ses collègues lui proposent de les accompagner pour un voyage de trois jours à Nîmes. Elle ne sait pas trop si elle doit accepter, veux -t-elle partir sans son mari ?

Elle vient de se heurter à sa famille qui souhaiterait la voir, son père vieillissant et malade. Elle ne veut pas se plier aux demandes de son frère et de sa sœur.

Elle accepte avec l’insistance de son mari de partir.

Le premier jour et la première nuit se passent à Nîmes. Avant la fin du dîner, Solange s’esquive et part à la découverte de cette ville. Elle marche puis s’assoupit contre un mur. Elle est réveillée par un chant qui l’envoûte. La mélodie continue, elle va vers ces sons et se retrouve dans les Arènes .

Et là, moment magique, elle n’en revient pas. Elle est médusée et observe. Le spectacle est là, une silhouette toute de noir vêtue, entourée de chats. Elle les nourrit et ensuite prend « un bain de chats’. Une femme dont un châle lui cache le visage est là dans les arènes.

Solange ne pouvait détachée ses yeux de la scène, à la fois émerveillée et secrètement révulsée. Elle avait toujours eu peur des chats, elle ne savait pas pourquoi.

Cette femme est une une clocharde. Cette rencontre la métamorphose. Elle décide de rester à Nîmes. Deux jours avec cette femme et ses « acolytes  » vont révéler à Solange sa personnalité. On devine qu’elle cache un secret, qu’elle culpabilise, et l’empêche du vivre sa vie. elle renaît enfin.

Ne laisse jamais personne te dicter ta vie, petit fille. Jamais, tu m’entends! Si tu sens qu’on te pousse dans une voie qui n’est pas la tienne, tu te cabres, tu t’envoles! Comme ce cerf-volant, tiens. Moyennant quoi, tu seras la reine de ta vie.

J’ai aimé l’écriture d’Anny Duperey. Elle écrit avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse. L’histoire est originale. Elle est aussi un conte initiatique qui invite à s’écouter soi-même et renouer avec ses instincts profonds.

Le tour des Arènes – Anny Duperey – Éditions du Seuil – ISBN : 9782021495393 – 304 pages –

Parution ; 04/03/2022

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Quatrième de couverture :

Solange est une jeune femme mal dans sa peau, taraudée par un problème d’enfance, un doute qu’elle n’a jamais eu le courage d’éclaircir. Ce malaise, profon­dément refoulé, l’a amenée à rompre avec sa famille, non sans en éprouver une sourde culpabilité dont elle fait injustement payer le prix à son charmant mari…
Au détour d’un voyage à Nîmes organisé avec ses collègues de travail, Solange rencontre, au pied des arènes de la ville, une fabuleuse clocharde qu’elle est persuadée avoir connue brillante et libre femme d’affaires alors qu’elle-même était adolescente. Com­mence alors pour Solange, guidée par un mystérieux instinct, en compagnie de cette femme hors norme et de deux compagnons bateleurs, des « seigneurs de la rue », une aventure humaine et folle de trois jours qui va bousculer sa vision du monde et changer le cours de sa vie.

Canicule sanglante de Pierre Guinot-Delery

D’abord il y a un emballement du thermomètre qui culmine maintenant à presque 43 degrés le jour et se maintient à 25 ou 26 degrés la nuit. Impossible de trouver le sommeil dans cette atmosphère moite et pesante.

La ville de Caen suffoque sous l’effet d’un épisode caniculaire. Un matin, le corps du vice-président de la chambre de commerce, et chef d’entreprise est retrouvé mort devant le palais de justice. La victime a souffert, elle n’a pas été torturée, mais a souffert d’un manque d’eau pendant 48h puis a été tuée.

Le commandant Marion Metayer et son équipe sont chargés de l’enquête. elle a peu de moyen pour effectuer cette enquête et surtout peu d’homme . Comme si un meurtre ne suffisait pas, voici un deuxième corps, quatre jours plus tard, celui d’un sénateur. Que se passe-t-il à Caen ? Les esprits s’échauffent. Avec ce deuxième meurtre, des effectifs supplémentaires sont accordés. Les meurtres vont-ils se succéder ? Tous les moyens et toutes les pistes vont être exploitées pour les résoudre. Un seul homme a commis ces meurtres avec une même arme.

Marion est sur le qui-vive, cette jeune femme aux nuits tourmentées, ne sait plus à qui se fier. Elle pense souvent à son père, ancien policier, atteint de la maladie d’Alzheimer, qui ne peut plus l’aider. Elle doit mener à bien cette enquête.

Écrit dans un style agréable, l’enquête est bien menée, avec des rebondissements. Chaque chapitre débute avec un petit tableau jour, heure, température pour nous indiquer la canicule du jour. J’ai suivi avec intérêt les protagonistes. Quelques passages de texte sont écrits en italique pour transmettre les pensées du tueur.

Un bon moment de lecture

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L’auteur ; Né en 1949, il vit sa retraite en Normandie, Pierre Guinot-Deléry a effectué toute sa carrière dans la haute fonction publique dont la direction générale des services à la mairie de Paris. Il a aussi exercé pendant 12 ans dans le corps préfectoral. Il a notamment été préfet de police à Lyon et préfet du département du Lot. Il est l’auteur de 8 ouvrages (essais et fictions). Canicule sanglante est son deuxième polar.

Canicule sanglante – Pierre Guinot-Delery – Éditions de la Gronde – 07/02/2022 –

EAN : 9791097052232 – 264 pages

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Quatrième de couverture :

Le réchauffement climatique augmente-t-il les risques de passages à l’acte meurtriers ?
La ville de Caen suffoque sous l’effet d’un épisode caniculaire d’une intensité inédite. Dans cette lourde atmosphère assortie de graves perturbations de la production d’électricité, l’assassinat à quatre jours d’intervalle d’un chef d’entreprise en vue, puis d’un sénateur, sème parmi la population locale un émoi considérable qui s’étend à tout le pays.
L’enquête est confiée à Marion Métayer, commandant de police judiciaire. Avec son équipe, elle doit à la fois supporter des températures extrêmes, contenir les pressions politiques dont elle est l’objet et trouver les raisons qui poussent un tueur déterminé à poursuivre sa vendetta jusqu’au bout.
Avertissement : L’atmosphère de Canicule sanglante n’épargnera ni les frissons ni les sueurs froides au lecteur, plongé dans une ambiance implacable où chacun défend sa part de pouvoir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°22 ]

Marie Bisson de Bernard Martin

Présentation de l’éditeur :

En 1912, Marie Bisson devient épicière à Tournai-sur-Dive, petit village dans l’Orne entre Trun et Chambois.
Au début du XXe siècle, les épiceries – des petits commerces de proximité – offrent aux habitants d’une commune denrées alimentaires, tissus, savons, tabac, cidre, torréfaction du café… et toutes sortes de produits pour agrémenter le quotidien. Pendant de nombreuses décennies et jusqu’à l’implantation des grandes surfaces, elles étaient le centre économique et même social d’un village, surtout à la campagne.
Néanmoins, Marie – une femme forte mais d’une grande sensibilité – n’a pas la vie facile : contemporaine d’une première moitié de siècle, âpre et rigoureuse, plusieurs drames viendront endeuiller son existence.

Mon avis :

On découvre la vie de cette famille normande, avec tous les aléas de la guerre. Marie se mariera, apprendra à vivre seule le temps de la guerre . Elle ne ménage pas sa peine . Elle apprendra à surmonter sa peine car la vie ne lui sourit pas.

L’auteur évoque la vie de sa grand-mère. que je ne connaissais pas, cette maladie que les hommes avaient car ils avaient respiré ce gaz jaune. Ce gaz moutarde utilisé par les allemands , Les Français l’appellent ypérite (d’après la ville d’Ypres)où il a été utilisé pour la première fois.

En 1912, Marie Bisson devient épicière à Tournai-sur-Dive, petit village entre Trun et Chambois.Marie fut une femme forte mais d’une grande sensibilité . Plusieurs drames viendront endeuiller son existence.

J’ai aimé suivre la vie de cette femme relatée dans le livre, ainsi que les événements qui se déroulaient pendant cette période. Avec des mots simples, s’appuyant sur des recherches familiales , l’auteur qui n’est autre que le petit fils de Marie Bisson dévoile la vie de sa grand-mère avec beaucoup de délicatesse.

Marie Bisson – Bernad Martin – Éditions Corlet – Date de parution ; 06/10/2021 – ISBN : 978-2847067583

La petite Eau-de-vie de Paul-Eric Letellier

Manon est très fière, aujourd’hui son cou est paré d’un beau collier. Elle ne peut pas le garder, pourtant Mme Raynal lui a donné.

On ne rend pas un cadeau, ce n’est pas poli.

La maman de Manon ne l’entend pas comme cela. Elles vont aller remettre ce bijou à sa propriétaire. Mais la porte est close, et Madame Raynal ne semble pas être sortie de chez elle d’après son voisin. La police est appelée sur les lieux. Pierre Marty et son équipe sont chargés de l’enquête.

Madame Raynal repose sur son canapé, allongée, la tête sur un oreiller, les mains croisées tenant un petit galet. Une odeur de lavande flottait dans l’air. Suicide, meurtre …les enquêteurs sont perplexes. Madame Raynal recevait souvent des SDF.

Sandrine, Hervé, Ahmed et Pierre enquêtent. Le mobile du meurtre est ce collier? Celui-ci est un Lalique.

Et si c’était pour une toute autre raison ? L’enquête ne s’avère pas simple.

L’auteur se sert de ce drame pour nous intéresser à la vie des réfugiés, des migrants, des SDF. Ils sont sur la sellette des enquêteurs.

Un roman policier facile à lire, qui interpelle sur notre façon de vivre, notre relation avec les autres, sur le sens du partage.

Quatrième de couverture :

Elle était allongée comme ça, fit Pierre Marty en désignant la mort d’un geste du menton. les mains croisées sur la poitrine et un petit caillou rond serré contre le cœur, un genre de galet.

Le regard de Sandrine ne quittait plus la femme allongée.

Qu’est-ce que tu faisais dans le jardin ? demanda-t-elle sans lever les yeux du cadavre. »

La Petite Eau de Vie – Paul Eric Letellier – Éditions Racines et Icare – 21/11/2021 –

EAN : 9791093500157 – 312 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°15 ]

Rien ne t’efface de Michel Bussi

Raud Léovanie, Bouvet Marie, Doignon Antoine Narrateurs

Livre audio – édité par Univers Poche – 2021

Synopsis :

Par amour pour un enfant, que seriez-vous prêt à faire ? Maddi, elle, ira jusqu’au bout… Une intrigue magistrale, un twist virtuose pour le nouveau suspense 100% Bussi. 2010. Maddi est médecin généraliste à Saint-Jean-de-Luz, une vie comblée avec Esteban, son fils de 10 ans. Ce jour d’été là, elle le laisse quelques minutes seul sur la plage. Quand elle revient, Esteban a disparu. 2020. Maddi a refait sa vie, et revient sur cette plage en pèlerinage. Au bord de l’eau, un enfant est là. Même maillot de bain, même taille, même corpulence, même coupe de cheveux. Elle s’approche. Le temps se fige. C’est Esteban, ou son jumeau parfait. Maddi n’a plus qu’une obsession, savoir qui est cet enfant. Il s’appelle Tom, il vit à Murol en Auvergne. Elle prend la décision de s’y installer. Plus Maddi espionne Tom, et plus les ressemblances avec Esteban paraissent inexplicables : mêmes passions, mêmes peurs… même tache de naissance. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour découvrir la vérité, et sauver son enfant ? Ou ce garçon qui lui ressemble tant. Ce qu’elle ressent profondément, c’est que Tom est en danger. Et qu’elle seule peut le protéger. Sur le thème puissant de la maternité,

Mon avis :

Une écoute que je n’oublierai pas de sitôt, les narrateurs maitrisent bien le sujet, et donnent tout leur savoir faire. le sujet est grave, et les intonations des voix le montrent bien.

Juin 2010 : Esteban, dix ans, disparaît sur la plage de Saint-Jean-de-Luz. Personne n’a rien vu.

Juin 2020 : sa mère, Maddi, a refait sa vie mais la douleur et l’incompréhension sont toujours là. Elle revient en pèlerinage au Pays basque et, sur la même plage, reconnaît Esteban. Ou son jumeau.

Maddi Libéri est anéantie, depuis la disparition de son fils, Esteban, elle ne vit plus. Elle traque, et ce jour-là encore plus que les autres. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’ Esteban, et là sur cette plage où il a disparu un enfant est là, on dirait Esteban, mais non cela ne peut pas être lui. Pourtant il porte le même short , elle veut en savoir plus. Esteban aurait 20 ans, et ce jeune, Tom va avoir 10 ans.

Le désespoir d’une mère face à une vérité qu’elle n’accepte pas. Esteban ne s’est pas noyé, mais a été enlevé. Maddi Libéri est médecin, elle enquête, elle ira s’installer où habite Tom, elle est sûre que son enfant vit en Tom. Elle s’installe donc en Auvergne. plus elle essaie d’en savoir plus sur Tom, plus le rationnel lui fait défaut, pourtant elle, la scientifique. Se pourrait-il que Tom soit la réincarnation d’ Esteban ?

Bussi nous promène, dans cette Auvergne profonde où les légendes sont ancrées dans la tête des gens, ce lac Pavin, ces grottes de Judas.

Un thriller comme je les aime, où la fin surprend, je ne l’ai pas vue venir. Je me suis attachée aux croyances, à ces petits villages, à la mort qui rôde, à la douleur d’une mère.

Je vous recommande d’écouter ce livre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°12 ]

Nous sommes les chasseurs de Jeremy Fel

Quatrième de couverture :

Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.
Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître. Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

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Un livre surprenant, mais malgré la noirceur de ce qui s’en dégage, j’ai continué ma lecture. Je ne connaissais pas Jeremy Fel, mais il explore le mal sous toutes ces formes. Des chapitres qui s’enchaînent parfois, qui semblent éloignés les uns des autres.. Dix chapitres ayant chacun leurs histoires propres, comme dix nouvelles, mais mais qui finalement , se relient peu à peu.

Un voyage dans le temps, l’histoire débute au Chili, où la terreur règne sous la coupe de Pinochet.Puis, en Allemagne, dans les contrées diverses,le lecteur se promènera du Chili en passant par Los Angeles en passant par la France, du dix-huitième siècle à nos jours. On y croise des personnages immondes, des légendes ancestrales, des demeures hantées dans la forêt jurassienne. Il parlera aussi d’un virus, mais aussi de manipulation mentale.

Un voyage un peu particulier qui explore le paranormal, qui glace le sang . Il n’épargne rien à ses personnages, je crois qu’il y prend un certain plaisir. Il exploite toute sorte de narration. Il n’hésite pas non plus à se servir de ses propres démons, mettre en scène son jumeau décédé.

Son écriture est fluide, son dernier chapitre est un clin d’œil aux cinéphiles, une ode à la douceur revient après des pages où l’horreur, l’angoisse et la mort sont distillés.

Parfois, je me suis arrêtée de lire, mais j’ai terminé ce livre où malgré les images et les mots,, l’auteur réussit à nous « manipuler » afin que nous finissions la lecture. Je n’ai pas écrit la critique aussitôt, l’émotion était intense. Je vais suivre les prochaines parutions de cet auteur, et lire ses deux premiers livres.

je vous invite à vous procurer ce livre, au genre indéfini, roman noir,roman historique, roman d’anticipation.

Date de sortie : 06 octobre 2021

Éditeur : Rivages

Genre : Roman noir

ISBN : 9782743654283

Les sanglots longs des violons de l’automne de Michel Ruffin

Le titre du roman historique de Michel Ruffin ne vous est peut-être pas totalement étranger. En effet, « Les sanglots longs des violons de l’automne », est une phrase tirée de l’un des poèmes les plus célèbres de Paul Verlaine, Chanson d’automne. Ils ont servi, en 1944, à annoncer… le Débarquement en Normandie

Ce roman débute en février 1940, à Caen, où de nombreux quartiers ont été détruits. L’auteur raconte les bombardements et surtout ceux de la ville de Caen. Un enfant Lucien, alias Lulu échappe aux bombes.

Il y avait des bombardements jour et nuit, sans cesse : ceux des Américains, les ripostes des Allemands… C’était l’enfer total !

Il va traverser la Normandie pour retrouver des membres de sa famille. Il chapardera pour pouvoir survivre. On va le voir grandir au fil des pages. Bien souvent, il devra fuir pour échapper à des mauvaises situations.

De petit garçon, il est devenu adulte. Il n’oubliera pas les années passées.

Par ce livre, l’auteur rend hommage à ces victimes, et en particulier à son frère. Il ne souhaite pas que tous les faits passés pendant la guerre tombent dans l’oubli. Cette histoire n’est pas seulement sortie de l’imagination de l’auteur, mais elle s’appuie sur des faits historiques.

Ce fut une agréable lecture.

Michel Ruffin EAN : 9782490742264
370 pages
Éditeur : L.B.S (23/03/2021)

Quatrième de couverture :

Un gamin livré à lui-même va vivre l’Occupation puis l’enfer du débarquement sur la côte normande. Il perdra tout, à commencer par sa famille et ses amis. L’apocalypse durera plus de deux mois. C’est un enfer que va connaître la population et la ville sera dévastée. Ce sera ensuite la longue errance de l’orphelin à travers une Normandie en ruines. Ce voyage sans objet, si ce n’est celui de la survie, va le conduire à des situations dramatiques et extraordinaires.

Western de François-Michel Dupont

L’île enchantée ….
Ce décorum inspirait alors la quiétude atemporelle d’une œuvre impressionniste. Et comme sous le pinceau de Monet, le temps semblait suspendu.

Ce livre est la fin d’une trilogie, mais peut se lire séparément. Ce fut mon cas. Le flic de Caen est confronté à un meurtre, au lieu dit « L’Ile Enchantée », à Fleury-sur-Orne.où un pendu fut découvert. C’est dans le quartier de  » la Grâce de Dieu « , que débute l’enquête. Elle sera menée par le Commandant Pesqueur, qui vit dans le port de Caen, sur son bateau.

Le quartier de la Grâce de Dieu est un quartier où se côtoient toutes sortes de gens, des délinquants comme des gens biens. Jean-Daniel y vit, ancien cadre, déchu de ses fonctions. Il en veut à son patron de l’avoir licencié. Il arrive dans un logement social. il ne se mêle pas à la jeunesse. Seule , sa jeune voisine Aysha, une adolescente rebelle, réussit à l’apprivoiser. Ils aiment tous les deux regarder des « Western », et parler bouquins.

Au fil de pages parsemées de clins d’œil à la vie locale, l’auteur évoque le Festival Bloody Fleury, les ateliers de la Coop 5 pour 100, la librairie Memoranda. L’intrigue est prenante.l’auteur met un accent particulier sur tous les éducateurs qui gravitent dans ce quartier et font un travail remarquable auprès de ces jeunes délinquants.

Aux côtés du commandant Pesqueur , une jeune femme Adèle, romancière et bibliothécaire joue son rôle aussi auprès de ces jeunes de ce quartier. Elle aide Aysha à choisir des livres.

Une agréable lecture que je vous recommande.

François-Michel Dupont – Western – EAN : 9791092828238
256 pages
Éditeur : Le Vistemboir (06/03/2021)

Quatrième de couverture :

Après Mémoire à bout portant et Les ombres du quai, voici le troisième volet de la trilogie consacrée aux aventures du Commandant de police Philippe Pesqueur qui, dans « Western », quitte son bateau amarré dans le port de Caen pour nous plonger dans la vie agitée d’un des quartiers de la ville : celui de…la Grâce de Dieu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°10 ]

Sœurs de sable de Stéphane Héaume

Une nuit sous-marine avait éteint les feux des palais de Portfou. Il ne restait qu’un essaim de lumières accroché aux fenêtres lointaines de la station, plus haut, dans la montagne. La baie n’embrassait plus que des ombres sages voiliers au mouillage, digue déserte, le croissant de la plage, au loin, enfoui sous la lame noire de l’eau. Et tout était noir autour d’eux, noir et lisse, calme. Rien ne pouvait révéler la présence de leur barque, barque lourde, si lourde au large du cap de la Lanterne. Minuscule, perdue dans cette mer sans garde-corps. Portfou leur semblait une crique vacillante, une luciole, là-bas. Vision fragile. Nuit fragile malgré la chaleur qui n’avait pas diminué — il faudrait attendre l’aube. Cela leur paraissait une éternité.

Ainsi commence le roman de Stéphane Héaume, nous allons suivre alternativement la vie de deux femmes . Un roman alternant le passé et le présent, deux femmes battantes séparées par la vie, et unies par un homme. En 1958, Rose , écrivain, qui vivait aux États-Unis, s’est retirée dans une maison, suite à un héritage, à Portfou. Elle a le projet de la remettre en état, mais ses économies ne lui permettent pas. Elle est fauchée, son éditeur ne veut plus lui avancer d’argent. Elle ne peut pas compter sur sa sœur Élisabeth qu’elle déteste. Elisabeth est une femme détestable, elle se vante d’avoir tout ce qu’il faut…

En 2018, Amélia jeune journaliste, aide son voisin à rentrer chez lui après une chute. Allan vit dans une chambre de bonne .Ses murs sont tapissés de photos, une femme s’y trouve souvent. Cette femme l’intrigue. Elle part donc à la recherche de cette belle inconnue.

Les deux histoires vont se chevaucher puis se réunir. Voilà l’histoire de deux femmes battantes et têtues, séparées par une vie entière.

J’ai été happée par cette histoire, les chapitres sont courts, les phrases structurées. Le rythme contraste avec l’atmosphère pesante et le mystère qui plane autour des personnages.

Quatrième de couverture :

1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amélia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.

En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°08 ]