Cruels sont les rivages d’Eric Le Nabour

Voilà trois ans que Laura Delgado a démissionné de la police parisienne après que son mari, Romain, également policier, a été tué en mission. Préoccupée par l’avenir de ses filles, Angèle et Victoire, elle s’est réfugiée en Bretagne où vit son père, ancien docker. Alors qu’elle pensait avoir retrouvé une certaine stabilité, Laura découvre un message suspect sur l’ordinateur de Victoire donnant rendez-vous à sa fille sur une plage de Quiberon. Affolée, elle s’y précipite. Elle y apprendra que les rivages, eux aussi, peuvent être cruels. Pour en finir avec un lourd passé, Laura, redevenue, au grand dam de ses ex-collègues, le « lieutenant Delgado », devra mettre sa vie et celle de sa famille en danger. Et tenter de résoudre ce mystère : qui était vraiment Romain ?

Mon avis

J’ai été attirée par la couverture du livre, puis par le synopsis. J’ai découvert peu à peu Laura Delgado,

Elle ne demandait plus rien. Elle avait épuisé son lot de souffrance, elle était devenue vide et sans force pour la rancœur
.

Laura Delgado a quitté la police après le décès de son mari Romain. Il travaillait aussi dans le service des Stups et a péri dans l’incendie d’un immeuble. Effondrée, Laura quitte le service et part se réfugier en Bretagne avec ses filles , Victoire et Angèle deux adolescentes. Elle renoue avec son père, avec qui elle était en froid depuis son adolescence.

Un soir, en rentrant chez elle, elle trouve la maison vide. Ses filles sont absentes, elle trouve un message d’un inconnu sur l’ordinateur de Victoire, qui leurs donnait rendez-vous sur une plage. Affolée, Laura quitte la maison et arrive sur le lieu, et là stupeur, l’homme qui est avec ses filles, n’est autre que Romain. Elle n’a pas le temps de se manifester qu’il est abattu sous ses yeux. Après cette mort, Laura va enquêter, que lui a t-on caché ?Elle veut savoir et pourquoi le dossier a t-il disparu ?

Laura s’aperçoit vite que ceux dont elle croyait avoir toute la confiance, ne sont pas dignes de cette qualité. Elle va devoir côtoyer des gens douteux dont les affaires sont internationales. La tension s’installe peu à peu , Laura va de découverte en découverte, elle se met de plus en plus en danger. Laura ne reculera pas, elle ira jusqu’au bout, même si cela la mène en enfer.

Un thriller mené tambour battant qui dénonce tous les trafics internationnaux, armes, drogues et argent. L’auteur maîtrise son histoire. Une écriture fluide, le rythme va crescendo au fil des pages dans la Bretagne ensorcelante.

Je vous recommande ce livre si vous aimez les thrillers palpitants.

Cruels sont les rivages – Eric Le Nabour – Les Presses de La cité – 13/10/2022 – EAN : 978B0BF7Y55QG

Je remercie NetGalley et Les Presses de la Cité de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur

#Cruelssontlesrivages #NetGalleyFrance

Citations

Jour et nuit, la petite phrase d’Alice au pays des merveilles trottait dans sa tête : Je serai le juge et je serai le jury, j’instruirai seul toute l’affaire et je vous condamnerai à mort.

T’es vraiment sûre de vouloir remuer la merde ?
– Non. Mais si je ne le fais pas, je ne saurai jamais si elle a un parfum d’ecstasy ou une odeur de vestiaire du 36 !

A propos de l’auteur ;

Il est né à Caen en 1960 et commence à écrire dès l’âge de sept ans. A quinze ans, première rencontre avec Alain Decaux. A seize ans et demi, premier contrat d’édition signé chez Jean-Claude Lattès. Premier ouvrage publié à l’âge de dix-neuf ans : Charles X, le dernier roi. La préface, élogieuse, est signée par Alain Decaux. Il est à la fois auteur professionnel, journaliste, romancier et historien. Il écrit à la fois des ouvrages historiques, des romans, des articles de presse.

Challenge Thrillers et Polars chez Sharon du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023 – Lecture N 10

Challenge des départements français et des Territoires d’Outre-Mer

56 – Cruels sont les rivages – Eric Le Nabour – Le roman se situe dans le Morbihan

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Un homme sans titre de Xavier Le Clerc

« Si tu étais si attaché à ta carte d’ouvrier, c’est sans doute parce que tu étais un homme sans titre. Toi qui es né dépossédé, de tout titre de propriété comme de citoyenneté, tu n’auras connu que des titres de transport et de résidence. Le titre en latin veut dire l’inscription. Et si tu étais bien inscrit quelque part en tout petit, ce n’était hélas que pour t’effacer. Tu as figuré sur l’interminable liste des hommes à broyer au travail, comme tant d’autres avant toi à malaxer dans les tranchées. »En lisant Misère de la Kabylie, reportage publié par Camus en 1939, Xavier Le Clerc découvre dans quelles conditions de dénuement son père a grandi. L’auteur retrace le parcours de cet homme courageux, si longtemps absent et mutique, arrivé d’Algérie en 1962, embauché comme manœuvre à la Société Métallurgique de Normandie.

Mon avis

Ce livre est un hommage émouvant au père de l’écrivain et à toute une génération d’algérien qui ont fui leur pays, et aussi les conditions déplorables pour venir s’installer en France.

Les écrits d’Albert Camus évoqués au début du livre vont permettre à l’auteur de combler sa méconnaissance sur l’Algérie, sur les conditions de vie, sur les non-dits de son père.

Dans ce récit, Xavier Le Clerc évoque la vie de son père, Mohand-Saïd Aït-Taleb qui a grandi, dans un village kabyle, sans eau ni électricité. Son grand-père Saïd est mort pour la France, en 1917, dans les tranchées de Verdun. Son père, Abdallah, marchait des heures et des heures pour aller travailler sur les terres de colons.

Mohand-Saïd Aït-Taleb est arrivé d’Algérie en 1962. Après avoir travaillé cinq ans dans la construction des câblages, il est embauché à la SMN en 1968, il y travaillera 24 ans pour nourrir sa femme et ses neuf enfants. Il sera mis en préretraite forcée.

A travers ce portrait Xavier Le Clerc rend hommage à tous ces hommes , très souvent illettrés qui ont contribué à reconstruire la France d’après-guerre.

Le jeune Hamid -Aid-Taleb , devenu Xavier Le Clerc rend un vibrant hommage à son père Mohand-Saïd,décédé en 2020, cet homme sans titre. Hamid Aid Taleb trouve refuge à l’école, dans la lecture des livres de bibliothèque, chez Camus, Rimbaud …

Ce livre est poignant, c’est le récit de toute une vie. Chaque mot semble avoir été choisi minutieusement. Ce ne sont pas des pages pour dénoncer , mais pour faire réfléchir à mieux cerner ce que fut le colonialisme et ses excès et les révoltes qui ont suivi.

Un homme sans titre – Xavier Le Clerc – Gallimard – Rentrée littéraire 2022 – 01/09/2022 – EAN : 9782072987885

A propos de l’auteur :

Xavier Le Clerc, né en Algérie en 1979, vit aujourd’hui et travaille à Paris. Il a publié De grâce sous son premier nom Hamid Aït-Taleb. Son deuxième roman Cent vingt francs évoquait son arrière-grand-père kabyle, mort pour la France dans les tranchées de Verdun. Puis, l’auteur qui a fait ses études en France, en Normandie, a demandé la nationalité française et est devenu Xavier Le Clerc. Il explique le choix du prénom le X de Xavier comme la croix dont usait son père pour signer. Sachant que Aït-Taleb veut dire le clerc, l’homme savant celui qui aime les lettres, (ce qui est son cas), il se l’approprie, car l’écriture a toujours été son horizon. 

Musique :

Redemption song de Bob Marley m’avait bouleversé sans trop savoir pourquoi Le chanteur du ghetto du Kingston était un messie rasta.

Dimanche gourmand !

En ce moment, je cuisine l’automne avec IsabelleHilde et Lou

Pour ce dernier dimanche de novembre, je vais vous parler d’une recette de gelée de pommes que j’ai réalisée fin octobre. Une amie m’ a donné des pommes de son jardin.

J’ai fait quelques pots de compote.

J’ai gardé les épluchures, ainsi que les pépins et les trognons.

Après les avoir lavées, les pommes n’étaient pas traitées, j’ai pu déposer les épluchures, les pépins et trognons dans un faitout. J’ai ajouté de l’eau et j’ai fait cuire pendant 40 minutes.

Pendant ce temps j’ai ébouillanté les pots et les couvercles.

Puis j’ai recueilli le jus. Pour un litre de jus, j’ai ajouté le jus d’un citron.et 500 g de sucre.

J’ai remis sur le feu et laisser cuire jusqu’à la prise de la gelée.

Bon dimanche !

Allons voir ce que Isabelle a concocté

Autobiographie d’une chamane française de Brigitte Pietrzak

Quatrième de couverture ;

Brigitte Pietrzak révèle ici son parcours intime et personnel, des premières étapes de son cheminement spirituel jusqu’à la découverte de ses dons de chamane en Mongolie.
« Je devais, à travers les mots et les histoires des autres, trouver ma place et accepter de me dévoiler. Je devais, moi aussi, parler vrai. »
Ainsi, c’est une aspiration à la réciprocité qui pousse Brigitte Pietrzak à se raconter. Avançant de découverte en découverte, elle pratique d’abord la peinture, donne longtemps des cours de piano, poursuit une psychanalyse, tombe amoureuse, fréquente assidûment les cercles Gurdjieff, arpente les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle avec sa compagne…
Puis, un jour, mystérieusement, elle ressent un appel puissant qui la mène jusqu’en Mongolie.
« Pourquoi as-tu mis si longtemps ? » lui demande la chamane mongole Enkhtuya, lorsque Brigitte la rencontre enfin. C’est le début d’une grande amitié et d’une longue initiation.
Dans ce livre sensible et sincère, le visible et l’invisible se conjuguent pour révéler le chemin spirituel d’une femme affirmant sa mission de vie avec le cœur.

Mon avis

Brigitte Pietrzak fut à la fois musicienne et artiste. Elle a toujours eu « une petite voix » qui l’emmenait ailleurs, dans son univers spirituel. La musique et la création occupaient ses journées.

J’ai été touchée par le parcours de cette femme hors du commun, qui partage dans ce livre, toutes ses émotions avec beaucoup de sensibilité. Elle a toujours su que l’invisible existait. Elle s’est dirigée naturellement vers des pratiques artistiques.

Elle a aussi expérimenté différentes techniques de peinture allant vers la calligraphie « Zen ».

Elle a donné des cours de piano, qui ont pris aussi une place importante dans sa vie.

Sa rencontre avec Charlotte Calmis lui a permis de faire le lien avec entre son goût pour l’art et son appel pour la spiritualité.Depuis toujours elle aimait le contact direct avec les gens. Elle a aussi suivi la voie du Bouddhisme Zazen; appris à tirer le tarot de Marseille avec Alejandro Jodorowsky; lu les grandes mystiques chrétiennes; étudié l’œuvre de Sri Aurobindo et de Mère et suivi une longue psychanalyse : « J’étais insatiable. Ma curiosité ne semblait pas avoir de fond ». Elle a aimé passionnément et a toujours vécu avec son cœur pour seul guide.

Après avoir suivi le chemin de Compostelle avec sa compagne, Anne, elles se dirigent ensuite vers la Bolivie, puis vers la Mongolie, où là, Brigitte retrouve sa sœur d’âme. Ensemble elles vont pratiquer, pour qu’ensuite Brigitte Pietrzak puisse exercer en tant que chamane en France.

En consultant Internet, j’ai pu lire que Brigitte Pietrzak avait quitté ce monde le 17 septembre, laissant deux nouveaux ouvrages qui seront publiés, en 2023, par ses éditeurs et “amis” : Mama éditions.

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu d’autobiographie, mais en ce moment , je ne suis pas en pleine forme. Je fus loin de mon ordinateur et j’ai besoin de me tourner vers d’autres lectures.

Je remercie NetGalley et Mama Éditions de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur #Autobiographiedunechamanefrançaise #NetGalleyFrance !

Quelques citations ;

On nait chamane, on ne le devient pas. décrète Enkhtuya, chamane mongole qui a initié Brigitte Pietrzak.

À l’époque la musique et la peinture occupaient la plupart de mes journées. Quoi que je fasse, c’est la spontanéité du geste que je privilégiais. La création devait partir d’un mouvement intérieur. (…) Quoi de mieux pour aborder l’invisible que de tenter de le représenter

La musique aussi avait son importance dans ce qu’elle me permettait d’échanger et de transmettre. Depuis mon plus jeune âge, le piano m’avait appris la rigueur et la jubilation de voir courir mes doigts pour harmoniser des sons. Je donnais des cours à domicile, dans un réel goût de partager cette passion, aussi bien aux enfants qu’aux adultes. J’étais attachée à mes élèves. Peinture et musique se conjuguaient dans mon existence pour me rapprocher de ce que je considérais être l’essentiel dans cette tranche de vie

Je me mettais dans un état de vacuité pour recevoir à travers le geste la figure qui souhaiterait s’inviter dans la forme. C’était un exercice spirituel qui me demandait d’être corps et âme en éveil

J’avais l’intuition que la conscience devait rejoindre la matière et abolir définitivement sa séparation avec l’esprit

Sagesse amérindienne

Tout passe, les heures, les nuages dans le ciel,
la vie des hommes emportés de la naissance vers la mort.
Ne t’attache pas à la chronologi affective des choses.
C’est une très mauvaise manière de voir le monde.
Fais de chaque seconde une expérience enrichissante,
sans t’inquiéter du temps qui fuit et des matins
qui ne reviennent plus.
Le présent est la seule chose qui n’ait pas de fin.

Mourir avant que d’apparaître de Rémi David

Lorsque Jean Genet rencontre Abdallah, qui sera un jour la figure centrale de son magnifique texte Le Funambule, le jeune homme a dix-huit ans à peine et vit à Paris. Genet, à quarante-quatre ans, est déjà un écrivain consacré. Il est aussitôt ébloui par le charme de cet acrobate, qui a travaillé plusieurs années au cirque Pinder. Il entreprend le projet fou de le hisser jusqu’à la gloire : son agilité, son expérience du cirque devraient lui permettre de devenir un artiste hors pair.
Mais comment, après la chute, demeurer le funambule qui danse dans la lumière, le prodige que le poète a forgé de ses mains ?

Dans ce premier roman, Remi David s’inspire de la vie de Genet et d’Abdallah pour nous livrer un texte court mais intense.

. Abdallah fut confié très tôt par sa mère au cirque Pinder. Sa mère allemande, immigrée était handicapée et seule, son père, algérien, les a abandonnés après leur arrivée en France.,

Abdallah a dix ans. Il se lie d’amitié avec Ahmed et devient acrobate comme lui. Après sept ans sur les routes, c’est avec Ahmed qu’il s’installe dans un minuscule appartement à Paris et c’est par l’intermédiaire de Diane Deriaz, une ancienne trapéziste de Pinder, amie d’Olivier Larronde, qu’il se retrouve un soir dans le même salon que Genet. Il rencontre Jean Genet, sans savoir qu’il était déjà reconnu comme écrivain le plus célèbre de sa génération.

Et là, Genet tombe sous le charme d’Abdellah. Jean Genet est exigeant, il veut que sa muse devienne un funambule.Il veut vraiment initier ce jeune homme à cet art subtil, où se reflète toute la beauté. Genet lui dédie un poème « Le funambule « .

Genet, lors des entraînements ne pardonnait rien à Abdallah, ne laissait rien passé. Son numéro était absolument splendide. Pour Genet, ça n’était pas assez, ça n’était pas parfait . Il était Pygmalion. Il sculptait Abdallah tout comme Giacometti sculptait une statue.

Le titre du roman est extrait d’une citation du poème, « Le funambule « 

Abdallah a beau travaillé, il n’atteint pas le firmament tant convoité par Genet, et s’éteint seul dans sa petite chambre. Les dernières années de Genet ne furent pas les plus heureuses, il a délaissé la plume. Il n’oublie pas sa muse.

Remi David a su trouver les mots pour faire revivre Genet et ses passions, décrire sa vie et ses amours . Il nous livre là un beau récit de vie rempli de poésie.

Ce fut pour moi, une belle découverte que je vous recommande.

Mourir avant que d’apparaître – Rémi David – Gallimard – Premier roman – Rentrée littéraire 2022

A propos de l’auteur ,

Rémi David est né à Cherbourg en 1984. À quinze ans, il est récompensé par le Prix du Jeune Écrivain pour une nouvelle, « Adeline », publiée au Mercure de France. Quinze ans plus tard, en 2015, les éditions Le Tripode publient un de ses textes, Lava, relevant de la poésie expérimentale.Depuis, il navigue entre différents genres, de la poésie à l’essai, en passant par la littérature jeunesse ou la constitution d’anthologies.

En août 2022, les éditions Gallimard publient son premier roman : Mourir avant que d’apparaître.

Magicien parallèlement à sa pratique de l’écriture, il a fondé en 2012 l’association M’Agis qui propose, en France ainsi que partout dans le monde, des spectacles et ateliers de magie auprès de populations en grande difficulté.( Source Remi David )

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Le lundi, c’est poésie ! un poème de Michael Kruger

Rede des Langsamen

Die Geschichte wird schneller,
bald holt sie uns ein und
läuft uns im Eilschritt voran.
Dann sehen wir die Eiszeit
Von hinten, Griechenland,
Rom, die Französische Revolution,
Stalins Nacken, die Rücklichter
von Hitlers Auto.
Seltsam, daβ sie nicht müde wird
und fällt.
Manchmal dreht sie sich um
und zeigt uns ihr Gesicht
mit dem offenen Mund
und den verfaulten Zähnen.

Discours de l’homme lent

L’histoire s’accélère
nous rattrape et
vite nous dépasse.
Nous voyons l’ère glaciaire,
la Grèce,
Rome, la Révolution française,
la nuque de Staline, la voiture d’Hitler
et ses feux arrière.
Curieux comme elle ne se fatigue
ni ne tombe.
Elle se retourne parfois,
nous montre son visage,
bouche ouverte,
les dents pourries.

Michael KRÜGER

Michael Krüger (né le 9 décembre 1943 à Schnaudertal en Allemagne) est un écrivain, éditeur, et traducteur allemand. Il a reçu en 1996 le prix Médicis étranger pour son roman Himmelfarb.

Prix Reine Mathilde 2022

Il y avait cinq nominés . Parmi ceux – là , le Prix Reine Mathilde 2022

Le Lauréat est «  Canicule sanglante  » de Pierre – Guinot Delery .

Dimanche gourmand !

En ce moment, je cuisine l’automne avec Isabelle, Hilde et Lou

Cette semaine je vous propose une idée de recette gourmande de la courge Patidou à la chair onctueuse et savoureuse.

Revisite de l’œuf cocotte :

Lavez la courge et coupez le chapeau. Ensuite retirez les pépins et mettez la au four pour la précuire environ 45 min à 180 degrés avec son chapeau à côté.

Je les ai cuites à la vapeur 10 minutes.

Pendant ce temps faites revenir des champignons, oignons et lardons. J’ai modifié la recette initiale, je n’ai pas mis ces ingrédients..

Retirez la courge du four, déposez une cuillère de crème fraîche au fond de la courge,des lanières de jambon blanc et un œuf entier. Recouvrez d’une cuillère à soupe de crème fraîche,salez et poivrez

Faites cuire au four 180 degrés pendant 15 minutes environ. La chair de la courge doit être fondante.

Au moment de servir présentez la courge recouverte de son chapeau.

Elles furent très appréciées, à refaire avec les ingrédients de la recette initiale.

Bonne dégustation et bon dimanche !

Allons voir ce que Isabelle a concocté

Le Lundi, c’est poésie ! un poème de Sepp Mall

Wo ich herkomme
ist der Winter keine Jahreszeit
sondern ein Zustand
die im Speichel fest-
gefrorenen Zungen
lösen sich einmal im Jahr
Wie / soll ich erklären
was mir ein Wort bedeutet
wie Frühling
Die Tiere / die über die Erde ziehn
und sterben / ohne Laut
stehn uns am nächsten
Und die Dinge / unverrückbar
in ihrem Schweigen
singen dein Lied

Là d’où je viens
l’hiver n’est pas une saison
mais un état
les langues gelées
prises dans la salive
se libèrent une fois l’an
Comment / puis-je expliquer
ce que signifie pour moi un mot
comme printemps
Les animaux / qui migrent sur la terre
et meurent / sans bruit
sont ce qu’il y a de plus proche de nous
Et les choses / immuables
dans leur silence
chantent ta chanson

Sepp MALL
(traduit par Marianne Dautrey)

A propos de l’auteur :

Sepp Mall , né en décembre 1955 dans le Tyrol du sud, est un écrivain de langue allemande. Il a enseigné de nombreuses années dans un collège. Il écrit des nouvelles , des romans et des poèmes. Il est membre fondateur de l’Association des auteurs du Tyrol sud,

.Poésie dans le cadre des Feuilles allemandes.

Lundi c’est Poésie ! Deux poèmes de Goethe

Dans le cadre des Feuilles Allemandes de novembre 2022, organisées par Patrice, Eva et Fabienne, je vous parlerai de la poésie de Goethe, traduite par Anna Griève . Dans son ouvrage « Le Processus d’individuation chez Goethe », elle analyse plusieurs poèmes de Goethe. Ces poèmes sont donnés ici en allemand et en français. Le texte allemand est repris de la Hamburger Ausgabe. La traduction en français est d’Anna Griève.

Im Herbst 1775

Fetter grüne, du Laub’,
Am Rebengeländer,
Hier mein Fenster herauf.
Gedrängter quillet,
Zwillingsbeeren, und reifet
Schneller und glänzend voller.
Euch brütet der Mutter Sonne
Scheideblick, euch umsäuselt
Des holden Himmels
Fruchtende Fülle.
Euch kühlet des Monds
Freundlicher Zauberhauch,
Und euch betauen, ach,
Aus diesen Augen
Der ewig belebenden Liebe
Volle schwellende Tränen.

Autmone 1775

Verdis plus dense, feuillage
De la vigne montante
Ici le long de ma fenêtre.
Jaillissez plus serrées
Baies jumelles, et mûrissez
Plus vite, de plénitude plus luisantes.
De chaleur maternelle vous entoure
Le regard d’adieu du soleil, le souffle fécondant
Du ciel inépuisable
De bienveillance vous environne,
Vous rafraîchit l’effluve
Magique de la lune amie,
Et de ces yeux, hélas,
Tombent en rosée sur vous
De l’amour éternellement vivifiant
Les larmes, les très lourdes larmes.

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Auf dem See

Und frische Nahrung, neues Blut
saug’ ich aus freier Welt ;
Wie ist Natur so hold und gut,
Die mich am Busen hält !
Die Welle wieget unsern Kahn
Im Rudertakt hinauf,
Und Berge, wolkig himmelan,
Begegnen unserm Lauf.

Aug mein Aug, was sinkst du nieder ?
Goldne Träume, kommt ihr wieder ?
Weg, du Traum, so gold du bist :
Hier auch Lieb und Leben ist.

Auf der Welle blinken
Tausend schwebende Sterne,
Weiche Nebel trinken
Rings die türmende Ferne ;
Morgenwind umflügelt
Die beschattete Bucht,
Und im See bespiegelt
Sich die reifende Frucht.

(Juin 1775)

Sur le lac

Et du libre univers nourriture nouvelle
En moi j’aspire, sang neuf dans mes veines ;
Comme Nature est bienveillante et bonne
Qui me presse contre son sein !
La vague berce notre barque
Vers l’amont au rythme des rames,
Et les montagnes, dressées dans les nuages,
Rencontrent notre course.

Mes yeux, mes yeux, pourquoi vous fermez-vous ?
Rêves dorés, revenez-vous ?
Va-t-en, rêve, si doré que tu sois ;
Ici aussi est l’amour, ici aussi la vie.

Sur la vague scintillent
Mille étoiles flottantes,
Les brumes moelleuses boivent
Les hautes masses des lointains alentour ;
La brise du matin volète
Sur les bords de la baie ombreuse,
Et dans le lac se reflète,
Mûrissante, la moisson à venir.

A propos de l’auteur Anna Griève (1937 – 2021)

Elle est normalienne et agrégée d’allemand. Elle consacre ses recherches au
romantisme allemand, à l’œuvre de Goethe et de C. G. Jung.

Sa carrière se déroule ensuite dans un lycée où elle est chargée de la classe de Lettres Supérieures.

A travers des textes inédits, une approche tantôt poétique, tantôt analytique de l’aventure intérieure, sous-tendue par une réflexion psychologique et éthique qui l’amène à penser la double nature du mal et l’existence d’un mal radical, qu’elle s’attache à définir. Elle applique cette distinction tant à l’interprétation des contes merveilleux et de certaines œuvres littéraires qu’à la compréhension d’événements historiques et de phénomènes de société.
Anna Griève a publié un ouvrage intitulé « Les Trois corbeaux, ou la science du mal dans les contes merveilleux » (Imago, février 2010)

Poésie dans le cadre des Feuilles allemandes.