Les papillons de Gérard de Nerval

Les papillons


De toutes les belles choses

Qui vous manquent en hiver,
Qu’aimez-vous mieux ?
– Moi, les roses;
– Moi, l’aspect d’un beau pré vert;
– Moi, la moisson blondissante,

Chevelure des sillons;
– Moi, le rossignol qui chante;
– Et moi, les beaux papillons.
Le papillon, fleur sans tige
Qui voltige,


Que l’on cueille en un réseau;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l’oiseau

Gérard de Nerval

A propos de l’auteur

Gérard de Nerval naît le 22 mai 1808, sous le nom de Gérard Labrunie. Son père, médecin militaire dans l’armée du Rhin, n’est que peu présent. Le jeune Gérard grandit donc aux côtés de sa mère jusqu’en 1810, année durant laquelle elle meurt. C’est son grand-oncle maternel qui l’élève alors, jusqu’au retour de son père, en 1814. C’est dans le Valois, lieu qui va plus tard inspirer particulièrement ses œuvres, qu’il passe son enfance. Sur les bancs du collège, il fait la connaissance de Théophile Gautier. C’est là qu’il commence à écrire ses premiers poèmes. Après ses études parisiennes, il s’adonne à l’écriture et, attiré par l’Allemagne, réalise une traduction réussie du Faust de Goethe en 1828. À partir de 1830, Gérard fait alors partie du cénacle de Victor Hugo, où il côtoie les autres grands romantiques dont Alfred de Vigny, Charles Nodier et Honoré de Balzac.