Le Lundi, c’est poésie ! Le Passé de Louise Glück

Petite lumière dans le ciel
soudainement entre
deux branches de pin, leurs fines aiguilles

maintenant gravée sur la surface rayonnante
et au-dessus de
ce ciel haut et duveteux —

Sentez l’air. C’est l’odeur du pin blanc,
plus intense lorsque le vent souffle à travers lui
et le son qu’il produit est tout aussi étrange,
comme le bruit du vent dans un film

Des ombres en mouvement. Les cordes
qui font le bruit qu’elles font. Ce que vous entendez maintenant
sera le son du rossignol, Chordata,
l’oiseau mâle qui fait la cour à la femelle —

Les cordes se déplacent. Le hamac
se balance dans le vent, attaché
fermement entre deux pins.

Sentez l’air. C’est l’odeur du pin blanc.

C’est la voix de ma mère que vous entendez
ou est-ce seulement le son que font les arbres
lorsque l’air passe à travers eux

car quel son ferait-il,
ne passant à travers rien ?

Louise Glück

traduit par Romain Benini.

Les œuvres de Louise Glück : « Ses œuvres se caractérisent par un souci de clarté. L’enfance et la vie de famille, la relation étroite avec les parents et les frères et sœurs, est une thématique qui est restée centrale chez elle. »

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