Le lundi, c’est poésie !

Automne

Vois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil,
Se gonfler doucement aux regards du soleil !
Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde,
L’emplit, on le dirait, de volupté profonde.

Sous les feux d’un soleil invisible et puissant,
Notre coeur est semblable à ce fruit mûrissant.
De sucs plus abondants chaque jour il enivre,
Et, maintenant mûri, il est heureux de vivre.

L’automne vient : le fruit se vide et va tomber,
Mais sa gaine est vivante et demande à germer.
L’âge arrive, le cœur se referme en silence,
Mais, pour l’été promis, il garde sa semence.

Ondine Valmore

Les sanglots longs des violons de l’automne de Michel Ruffin

Le titre du roman historique de Michel Ruffin ne vous est peut-être pas totalement étranger. En effet, « Les sanglots longs des violons de l’automne », est une phrase tirée de l’un des poèmes les plus célèbres de Paul Verlaine, Chanson d’automne. Ils ont servi, en 1944, à annoncer… le Débarquement en Normandie

Ce roman débute en février 1940, à Caen, où de nombreux quartiers ont été détruits. L’auteur raconte les bombardements et surtout ceux de la ville de Caen. Un enfant Lucien, alias Lulu échappe aux bombes.

Il y avait des bombardements jour et nuit, sans cesse : ceux des Américains, les ripostes des Allemands… C’était l’enfer total !

Il va traverser la Normandie pour retrouver des membres de sa famille. Il chapardera pour pouvoir survivre. On va le voir grandir au fil des pages. Bien souvent, il devra fuir pour échapper à des mauvaises situations.

De petit garçon, il est devenu adulte. Il n’oubliera pas les années passées.

Par ce livre, l’auteur rend hommage à ces victimes, et en particulier à son frère. Il ne souhaite pas que tous les faits passés pendant la guerre tombent dans l’oubli. Cette histoire n’est pas seulement sortie de l’imagination de l’auteur, mais elle s’appuie sur des faits historiques.

Ce fut une agréable lecture.

Michel Ruffin EAN : 9782490742264
370 pages
Éditeur : L.B.S (23/03/2021)

Quatrième de couverture :

Un gamin livré à lui-même va vivre l’Occupation puis l’enfer du débarquement sur la côte normande. Il perdra tout, à commencer par sa famille et ses amis. L’apocalypse durera plus de deux mois. C’est un enfer que va connaître la population et la ville sera dévastée. Ce sera ensuite la longue errance de l’orphelin à travers une Normandie en ruines. Ce voyage sans objet, si ce n’est celui de la survie, va le conduire à des situations dramatiques et extraordinaires.

Western de François-Michel Dupont

L’île enchantée ….
Ce décorum inspirait alors la quiétude atemporelle d’une œuvre impressionniste. Et comme sous le pinceau de Monet, le temps semblait suspendu.

Ce livre est la fin d’une trilogie, mais peut se lire séparément. Ce fut mon cas. Le flic de Caen est confronté à un meurtre, au lieu dit « L’Ile Enchantée », à Fleury-sur-Orne.où un pendu fut découvert. C’est dans le quartier de  » la Grâce de Dieu « , que débute l’enquête. Elle sera menée par le Commandant Pesqueur, qui vit dans le port de Caen, sur son bateau.

Le quartier de la Grâce de Dieu est un quartier où se côtoient toutes sortes de gens, des délinquants comme des gens biens. Jean-Daniel y vit, ancien cadre, déchu de ses fonctions. Il en veut à son patron de l’avoir licencié. Il arrive dans un logement social. il ne se mêle pas à la jeunesse. Seule , sa jeune voisine Aysha, une adolescente rebelle, réussit à l’apprivoiser. Ils aiment tous les deux regarder des « Western », et parler bouquins.

Au fil de pages parsemées de clins d’œil à la vie locale, l’auteur évoque le Festival Bloody Fleury, les ateliers de la Coop 5 pour 100, la librairie Memoranda. L’intrigue est prenante.l’auteur met un accent particulier sur tous les éducateurs qui gravitent dans ce quartier et font un travail remarquable auprès de ces jeunes délinquants.

Aux côtés du commandant Pesqueur , une jeune femme Adèle, romancière et bibliothécaire joue son rôle aussi auprès de ces jeunes de ce quartier. Elle aide Aysha à choisir des livres.

Une agréable lecture que je vous recommande.

François-Michel Dupont – Western – EAN : 9791092828238
256 pages
Éditeur : Le Vistemboir (06/03/2021)

Quatrième de couverture :

Après Mémoire à bout portant et Les ombres du quai, voici le troisième volet de la trilogie consacrée aux aventures du Commandant de police Philippe Pesqueur qui, dans « Western », quitte son bateau amarré dans le port de Caen pour nous plonger dans la vie agitée d’un des quartiers de la ville : celui de…la Grâce de Dieu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°09 ]

Traverser la nuit de Hervé Le Corre

L’auteur explore les âmes malmenées, Louise, la mère de famille harcelée, élève seule son fils. Elle fut souvent violentée par son ex. Elle garde en mémoire ses jours sombres. Elle ne survit que pour son petit garçon, Sam et quelques personnes âgées, chez lesquelles elle travaille comme auxiliaire de vie. Louise rêve de partir ailleurs, loin de tout ce marasme et de refaire sa vie.

Le commandant Jourdan est un flic à la dérive. Sa femme et sa fille s’éloignent peu à peu de lui. Il vit avec des fantômes.

Christian, lui est un ancien militaire, qui vit sous la coupe de sa mère incestueuse, et qui se venge en agressant sauvagement des femmes, la plupart du temps des prostituées. La victime devient bourreau.

La rencontre est inévitable, y en -a t-il un qui va «  traverser la nuit «  ?

l’auteur raconte , ne porte pas de jugement. Il évoque la violence faîte aux femmes, les gilets jaunes, la détresse des personnes seules et âgées.

Hervé Le Corre – Traverser la nuit – EAN : 9782743651732
300 pages
Éditeur : Payot et Rivages (06/01/2021)

Quatrième de Couverture :

Louise élève seule son fils Sam, son « petit magicien », seul capable d’enchanter un peu une vie qu’elle a reconstruite à grand-peine après un deuil terrible et des années de dérive. harcelé et brutalisée par son ancien compagnon, elle va croiser la route du commandant Jourdan. Cet homme tour à tour sombre, révolté et désemparé, enquête avec son groupe sur des meurtres de femmes : un tueur sévit dans les rues de Bordeaux,

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°08 ]

Sœurs de sable de Stéphane Héaume

Une nuit sous-marine avait éteint les feux des palais de Portfou. Il ne restait qu’un essaim de lumières accroché aux fenêtres lointaines de la station, plus haut, dans la montagne. La baie n’embrassait plus que des ombres sages voiliers au mouillage, digue déserte, le croissant de la plage, au loin, enfoui sous la lame noire de l’eau. Et tout était noir autour d’eux, noir et lisse, calme. Rien ne pouvait révéler la présence de leur barque, barque lourde, si lourde au large du cap de la Lanterne. Minuscule, perdue dans cette mer sans garde-corps. Portfou leur semblait une crique vacillante, une luciole, là-bas. Vision fragile. Nuit fragile malgré la chaleur qui n’avait pas diminué — il faudrait attendre l’aube. Cela leur paraissait une éternité.

Ainsi commence le roman de Stéphane Héaume, nous allons suivre alternativement la vie de deux femmes . Un roman alternant le passé et le présent, deux femmes battantes séparées par la vie, et unies par un homme. En 1958, Rose , écrivain, qui vivait aux États-Unis, s’est retirée dans une maison, suite à un héritage, à Portfou. Elle a le projet de la remettre en état, mais ses économies ne lui permettent pas. Elle est fauchée, son éditeur ne veut plus lui avancer d’argent. Elle ne peut pas compter sur sa sœur Élisabeth qu’elle déteste. Elisabeth est une femme détestable, elle se vante d’avoir tout ce qu’il faut…

En 2018, Amélia jeune journaliste, aide son voisin à rentrer chez lui après une chute. Allan vit dans une chambre de bonne .Ses murs sont tapissés de photos, une femme s’y trouve souvent. Cette femme l’intrigue. Elle part donc à la recherche de cette belle inconnue.

Les deux histoires vont se chevaucher puis se réunir. Voilà l’histoire de deux femmes battantes et têtues, séparées par une vie entière.

J’ai été happée par cette histoire, les chapitres sont courts, les phrases structurées. Le rythme contraste avec l’atmosphère pesante et le mystère qui plane autour des personnages.

Quatrième de couverture :

1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amélia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.

En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°07 ]

Le Lundi, c’est poésie !

Marine

L’Océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,

Rugit le tonnerre
Formidablement.

Paul Verlaine

La Rochelle de G.Artal

Récurrence en ce mai à revoir La Rochelle
Au soir illuminant sa façade atlantique
Sur mon séant songeant à Rupella la belle
D’une image historiée au cadre romantique

Je l’a fait gloire et or dans ses tours destinées
J’en prise les détours, les espaces verdoyants
Fruits des rêves d’attente et visions exhortées
Je fixe la beauté de ces pôles attrayants

Les pas sous les arcades, la ville bien inspirée
Aux heures des pressés bravant le temps perdu
Longue étape de vie que souffle passionnée
La vieille horloge ornée d’un historique vécu

Elle ne fanit jamais ni même se flétrit
Ses pans épanouis d’une pierre qui dure
Aux senteurs des marées, l’onde qui la nourrit
Que je veux glorifier par l’ode la plus pure

Raconte le conteur le choix de mes avis
Ces hauts lieux d’attention qui ne sauraient tarir
Les temps forts et ceux beaux d’un agrément exquis
La ville Charentaise au suprême avenir

Copyright ; Photos Livres d’un jour.

Le Lundi, c’est poésie !

AMPHIBIA, la reinette
A-t-on vu une grenouille
Qui a peur de l’eau ?
Des cuisses couleur citrouille
Agrippées à un poteau ?
A-t-on vu une reinette
Fuyant les gouttelettes ?
Cette précieuse coquette
N’est pas coiffée de frisettes !
Sous un grand parapluie
D’une jolie couleur fleurie,
À l’abri de la pluie
La voilà qui sourit …
Amphibia que fais-tu
Perchée sous un tutu ?
Ce sont ces gouttes d’eau
Qui t’ont fait grimper si haut ?
Sous un grand parasol
Amphibia, loin du sol,
Rêvait d’un chapeau tournesol ….
Avouez … c’est pas de bol ! …


15 Août 2017 – Jeannine Castel

source : Les poèmes de Chatnine