Tes nuits sont devenues mes jours de Béatrice Bonhomme

Tes nuits sont devenues mes jours de Béatrice Bonhomme

la poupée voyageant avec moi.

je partirai avec ton amour en bandoulière.

une ardoise magique, même passée et repassée, laissant apparaître des traces.

écrit à l’encre sympathique ne cherche qu’un révélateur pour réapparaître.

c’était venu sans rime ni raison.

je n’ai qu’une vie. je n’ai qu’un ami. je n’ai qu’un je t’aime.

j’espère que tu as bien fait ta chasse au trésor.

ce petit dessin d’un chapeau de fête.

mes journées qui étaient tes nuits.

en me promenant juste dans les rues ou les petits parcs j’ai croisé plusieurs écureuils, un raton laveur et une loutre.

me retrouver à t’envoyer une vraie lettre d’un aéroport.

c’est curieux de t’écrire autre chose que ces messages arrachés à l’urgence et au temps, ces signes qui sont comme des cris, comme des appels, comme des écorchures de l’âme, et d’avoir un espace pour te dire mon amour comme un peu plus tendrement que d’habitude.

te parler toujours dans le silence de ta réponse.

être assujettie à ce rituel de ces mots vers toi.

te dire je t’aime par l’intermédiaire de ces mots écrits qui se poseront sur toi comme des plumes, des flocons, des miettes de vie, si précaires et si nues.

 

Béatrice Bonhomme : Source –

Ô longs désirs, Ô espérances de Louise Labé

Ô longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
A engendrer de moi maintes rivières,
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines !

Ô cruautés, ô durtés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières,
Du cœur transi ô passions premières,
Estimez-vous croître encore mes peines ?

Qu’encor Amour sur moi son arc essaie,
Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards,
Qu’il se dépite, et pis qu’il pourra fasse :

Car je suis tant navrée en toutes parts
Que plus en moi une nouvelle plaie,
Pour m’empirer, ne pourrait trouver place.

Louise Labé, Sonnets

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 Le Printemps des Poètes : Du 13 au 29 mars 2021

Édition 2021
Le Désir

Quelle profonde inquiétude, quel désir d’autre chose,
Autre chose qu’un pays, qu’un moment, qu’une vie,
Quel désir, peut-être d’autres états d’âme…

S’exclamait Fernando Pessoa sous le masque d’Álvaro de Campos. En portugais aussi, le désir nous relie aux étoiles. Tout droit tombé des astres et des regrets latins : desiderare qui vient de sidus, sideris.
Comme un ciel étincelant d’absences. Une aimantation vitale. Un souhait ancestral, jamais élucidé, jamais rassasié, jamais exaucé.

Des longs désirs de Louise Labé aux désirs obstinés d’Olivier de Magny. Du désir de gloire des chansons de geste jusqu’au rude chemin des plus hauts désirs de René Daumal. De l’anéantissement, qui mène au rien du nirvana, jusqu’au désir sans fin d’Éros.

Alors oui, après L’Ardeur, La Beauté et Le Courage, voici venu le Printemps du Désir.

Les corps se vendent la nuit de Barry Eisler

L’inspectrice Livia Lone, spécialiste des crimes sexuels, est de retour à un poste au sein d’une unité d’élite gouvernementale luttant contre les trafics d’êtres humains. C’est l’occasion rêvée de se rendre en Thaïlande pour liquider Rithisak Sorm, la tête pensante de la machination dont elle a été victime dans son enfance. Mais après le fiasco d’une première tentative, Livia découvre qu’un ancien sniper de la marine, Dox, veut lui aussi régler le compte de Sorm.

Ils comprennent vite que, malgré leurs différences, une collaboration sera nécessaire s’ils veulent atteindre leur objectif et rendre justice. Mais, ils ignorent qu’en menaçant Sorm, ils mettent aussi en danger un trafic de grande envergure incriminant les plus hautes sphères des services du renseignement américain.

Éliminer Sorm s’avérera finalement l’objectif le plus simple de la mission… Le véritable défi sera de déjouer les plans de vengeance de ses protecteurs.

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Après avoir lu Livia Lone 

J’avais très envie de connaître la suite de l’histoire, seul inconvénient le livre se présentait sous forme de PDF. Je sais que le premier, je l’ai lu entièrement sur mon ordinateur. Mais Euréka, j’ai trouvé comment lire les PDF sur ma liseuse.

Je remercie NetGallay et les éditions Amazon publishing pour ce partenariat.

On retrouve Livia Lone, elle est devenue flic à Seattle. Un agent Little BD va lui proposer une mission de six mois en Thaïlande,  démanteler un trafic d’enfants , ses démons se réveillent.

Livia Lone vient de ce pays. Ses parents l’ont vendue avec sa sœur. Sur le bateau qui les emmènent ailleurs, elles ont été violées par des flics corrompus. Ceux-là, elle espèrent bien les retrouver un jour et les tuer.

Avant de donner sa réponse, elle part seule dans ce pays et retrouvent ses tortionnaires. Elle n’est pas la seule à les chercher.

Elle rencontrera un homme Dox, un ancien marine,avec qui elle devra faire équipe, malgré elle pour  mener sa tâche comme elle l’entend. Elle va très vite être sur la piste de Sorm, un ancien responsable Kmer rouge, qui continue ses actions de vols d’enfants et plus, tout en étant protégé par quelques services de renseignement.

le trafic d’enfants est malheureusement encore bien actuel. l’auteur a su l’évoquer. Les chapitres dédiés à Livia sont difficiles, ils traitent de violence. Que ne ferait-on pas pour l’argent ?

La fin du livre engendre des questions, doit-on donner libre court à sa vengeance ? Livia est en paix, mais à quel prix ?

 

Les corps se vendent la nuit, de Barry Eisler, est publié aux États-Unis en janvier 2018 sous le titre « The Night Trade » . Il est publié aux éditions Amazon Publishing le 12 mai 2020 dans une traduction de Marie Chabin. EAN : 9782496701913 –

Près d’ Avranches de Victor Hugo

La nuit morne tombait sur la morne étendue.

Le vent du soir soufflait, et, d’une aile éperdue,
Faisait fuir, à travers les écueils de granit,
Quelques voiles au port, quelques oiseaux au nid.

Triste jusqu’à la mort, je contemplais le monde.
Oh ! que la mer est vaste et que l’âme est profonde !

Saint-Michel surgissait, seul sur les flots amers,
Chéops de l’occident, pyramide des mers.

Je songeais à l’Egypte aux plis infranchissables,
A la grande isolée éternelle des sables,
Noire tente des rois, ce tas d’ombres qui dort
Dans le camp immobile et sombre de la mort.

Hélas ! dans ces déserts, qu’emplit d’un souffle immense
Dieu, seul dans sa colère et seul dans sa clémence,
Ce que l’homme a dressé debout sur l’horizon,
Là-bas, c’est le sépulcre, ici, c’est la prison.

Victor Hugo

photo©Livresdunjour

Au bord de l’eau de René-François Sully Prudhomme

Au bord de l’eau

S’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe,
Le voir passer ;
Tous deux, s’il glisse un nuage en l’espace,
Le voir glisser ;
À l’horizon, s’il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;
Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S’en embaumer ;
Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l’écoutent,
Chante, écouter…
Entendre au pied du saule où l’eau murmure
L’eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;
Mais n’apportant de passion profonde
Qu’à s’adorer ;
Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;
Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,
Sentir l’amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

René-François Sully Prudhomme.

Il pleure dans mon cœur de Verlaine

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

 

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie,

Ô le chant de la pluie !

 

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ?…

Ce deuil est sans raison.

 

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine