A la lune de Léon -Pamphile Le May

moon-1859616_960_720A la lune

Quand tu luis au-dessus de la forêt mouvante,
On dirait que des feux s’allument tout au fond.
Tu donnes un baiser à l’océan profond,
Et l’océan frémit comme une âme vivante.

Es-tu notre compagne ? Es-tu notre servante ?
Ton éclat nous ravit, ton pouvoir nous confond.
Sous ton voile brillant comme l’or qui se fond,
N’es-tu qu’un astre mort où règne l’épouvante ?

Donne au toit sans lumière un rayon de pitié,
Au rêve du poète, une aile audacieuse,
Et sur les nids d’amour plane silencieuse.

Tu n’offres à nos yeux souvent qu’une moitié…
De même faisons-nous, blonde lune que j’aime ;
Cachons-nous des défauts par ce vieux stratagème.

Léon Pamphile Le May

Merci à Eveline de m’avoir fait connaître ce poète Québécois.

Léon-Pamphile Le May, né le à Lotbinière et décédé le (à 81 ans) à Deschaillons, est un romancier, poète, conteur, traducteur, bibliothécaire et avocat québécois.

 

De pierre et d’os de Bérangère Cournut

De pierre et d’os

Bérangère Cournut

Éditions Le Tripode (29/08/2019)

ISBN : 2370552123

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman).

De pierre et d’os a reçu le prix du roman Fnac 2019.

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Une nuit, dans cette contrée du monde, un choc scinde la banquise en deux. D’un côté  Uqsuralik et de l’autre sa famille. La jeune Inuit doit affronter le froid, la solitude, la faim. Il ne lui reste que ses cinq chiens de sa vie passée.

Elle va rechercher à se rapprocher de ses semblables, elle va devoir composer face à la nature. Elle aidera à pourvoir en nourriture les peuples qu’elle rencontrera sur son chemin. Elle découvrira la sociabilité, son désir de femme ainsi que la maternité. Elle cohabitera avec des tribus comme avec les bêtes peuplant le Grand Nord : baleines, morses, renards arctiques, ours.. Elle sera initiée au chamanisme.

Au milieu des pages, quelques chants s’y glissent, en voici  l’un : Le chant du renard arctique

Je suis un flocon de neige

Qui est tombé du ciel

Jusqu’à une banquise inconnue

Je suis un souffle au creux de la nuit polaire

Je suis un renard blanc qui a fondu.

J’ai vécu moins de deux lunes

Au milieu d’un peuple de lanternes

J’ai vu des hommes qui vivent sous la glace

D’une mer antique à jamais disparue

Je suis le garçon qui cherchait la femme de pierre

Je suis l’enfant de l’ourse et de l’homme lumière

Mon père fait peur aux humains qui ne le connaissent pas

Aucun de leurs défunts n’a voulu me donner

Me donner un nom qui soit le sien

Je reviendrai sous une autre forme, à un autre moment

Je suis une étincelle qui n’a vécu qu’un instant

Sous le ventre  lisse et poreux de ma mère.

C’est un magnifique voyage que nous propose Bérangère Cournut .  Elle a étudié tout ce qui se rapportait au Groenland : le fonds polaire de Jean Malaurie, celui de Paul-Emile Victor, des écrits de missionnaires oubliés, le célèbre récit de Knud Rasmussen, des photographies, cartes et dessins, des livres écrits par les Inuits eux-mêmes. Elle a fréquenté deux ethnologues spécialisées, Bernadette Robbe et Joëlle Robert-Lamblin. De fait, cet ethno-romanest ­augmenté en fin de volume d’un cahier de ­photographies en noir et blanc.

Le récit est aussi captivant que dépaysant. Ce livre  est à la fois un roman d’aventures, un récit d’apprentissage, une expérience ethnographique, un conte poétique, ce fut pour moi  un excellent moment de lecture.

Au matin de Lucie Delarue-Mardrus

Au Matin.
 
Quand je chauffe mes mains au soleil du jardin
Dont l'automne a rouvert toute la perspective,
Un invisible oiseau, quelque merle anodin,
Vient siffler près de moi sa chanson instinctive.
 
De même que cet humble et fragile gosier
Exalte la splendeur et l'amour de la vie,
Du plus large tilleul au plus chétif rosier
Chaque arbre ou chaque branche en plein azur dévie;
 
Et mon âme s'ajoute aux choses du jardin,
A votre élan rameux, branches originales,
A toi, merle flûtiste aux multiples finales,
Pour célébrer aussi le charme du matin.

Aiôn de Ludovic Rio

Aiôn – Ludovic Rio

Genre : BD Science-Fiction

Éditions Dargaud (17/05/2019)

ISBN : 978-2-205-07936-4

Quand son vaisseau intercepte un message de détresse, Lexi Néel voyage déjà depuis plusieurs années à travers la galaxie, dans le système d’Alpha-Centaur, à une distance de 4,2 années-lumière de la Terre. Une procédure de réveil est enclenchée, réveillant Lexi. L’humanoïde chargé de veiller sur elle lui explique que le signal provient d’une colonie scientifique qui étudie certaines particularités de l’espace-temps.
Ce centre de recherche est situé sur la petite planète d’AIÔN, proche du vaisseau : le protocole prévoit que le vaisseau doit porter secours à la colonie… Ce que Lexi croyait être une simple mission de sauvetage va l’entraîner au cœur d’une expérience dont elle deviendra elle-même le cobaye !

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Je ne suis pas une adepte de Bandes Dessinées, ni de science -fiction. Cette BD m’a attirée, et je ne fus pas déçue de mon choix.

Les Éditions Dargaud proposent une nouvelle collection de science fiction. Visions du futur est justement le titre et le premier opus « Aiôn » de Ludovic Rio.

Dès le début, nous entrons dans une ambiance  inquiétante, renforcée par la palette de couleurs froides.

En 2312, Le  premier réveil du capitaine Lexi Néel s’effectuera au son de la chanson « I Got You Babe », un clin d’œil manifeste au film culte d’Harold Ramis. Lexi répond au signal de détresse en se rendant au centre de recherche. Elle est en route pour la Terre, pour retrouver sa fille. Elle est accueillie par Maxine, l’androïde de la station qui lui ouvre la porte et l’enferme dans une pièce.

Je suis Maxine, l’intelligence artificielle en charge de cette station.

Le lecteur  est embarqué dans un huit clos glacial où les apparences sont trompeuses et les rapports complexes.

Les thèmes principaux de cette BD sont le voyage dans le temps, l’intelligence artificielle, quels en sont les enjeux ? Dans son intrigue Ludovic Rio joue avec le temps.

Échec à la reine de Katie Reus

81WYyVh8zVL._SL1500_Éditeur : Bookelis – KR Press LLC
Date de sortie : 25 septembre 2019
Collection : romance contemporaine
Langue : Français
ISBN-10 : 1635561353
ISBN-13 : 978-1635561357

Quand tous les trois se retrouvent en danger, les frères et sœur de la famille Bishop sont sur la corde raide. Grâce à leurs liens familiaux, ils survivront peut-être… mais seul l’amour peut leur donner une raison de vivre. Lisez Échec à la reine, le premier roman de la toute nouvelle et palpitante trilogie des Bishop !

 

Merci à NetGalley et aux Éditions BOOKELIS pour ce partenariat.

Evie est une ancienne agent de la CIA. Elle effectue sa dernière mission, dans sa ville natale de Miami. Elle s’est réfugiée chez son frère, qui a disparu. Quand une ancienne collègue vient blessée, frapper à sa porte, elle ne peut que l’accueillir et la protéger. Pour cela, elle va l’abriter chez son ex, Dylan Blackwood, qu’elle a quitté précipitamment et  sans explication.

Nous allons suivre Evie, qui enquête pour savoir qui a tiré sur son amie, où est son frère et pourquoi son autre frère est-il à l’hopital?. L’intrigue se met en place, les tueurs rôdent . Les langues se délient. Dylan, quand à lui, n’a qu’une envie savoir pourquoi Evie a fui sans rien lui dire.

Le récit est rythmé, les personnages sont attachants, et de nouveaux rebondissements se produisent tout au long du livre.

Un zeste de romance, un zeste d’espionnage, un zeste de policier, tout cela concocte un livre que l’on a envie de continuer

Une lecture différente,  mais finalement je ne suis pas déçue et j’ai envie de savoir la suite de la trilogie.

Les cheveux gris de Jean Cocteau

Les cheveux gris …

Les cheveux gris, quand jeunesse les porte,
Font doux les yeux et le teint éclatant ;
Je trouve un plaisir de la même sorte
A vous voir, beaux oliviers du printemps.

La mer de sa fraiche et lente salive
Imprégna le sol du rivage grec,
Pour que votre fruit ambigu, l’olive,
Contienne Vénus et Cybèle avec.

Tout de votre adolescence chenue
Me plaît, moi qui suis le soleil d’hiver,
Et qui, comme vous, sur la rose nue,
Penche un jeune front de cendres couvert.

Jean Cocteau (1889-1963)

Décembre de Emile Verhaeren

Image Thierry Calmettes de Pixabay

Décembre

(Les hôtes)

– Ouvrez, les gens, ouvrez la porte,
je frappe au seuil et à l’auvent,
ouvrez, les gens, je suis le vent,
qui s’habille de feuilles mortes.

– Entrez, monsieur, entrez, le vent,
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée ;
entrez chez nous, monsieur le vent.

– Ouvrez, les gens, je suis la pluie,
je suis la veuve en robe grise
dont la trame s’indéfinise,
dans un brouillard couleur de suie.

– Entrez, la veuve, entrez chez nous,
entrez, la froide et la livide,
les lézardes du mur humide
s’ouvrent pour vous loger chez nous.

– Levez, les gens, la barre en fer,
ouvrez, les gens, je suis la neige,
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver.

– Entrez, la neige, entrez, la dame,
avec vos pétales de lys
et semez-les par le taudis
jusque dans l’âtre où vit la flamme.

Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes,
qui vous aimons – dites, depuis quels temps ? –
pour les peines que nous avons par vous souffertes.

Émile Verhaeren