Tristesses de la lune de Charles Baudelaire

Tristesses de la lune

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal

3 réflexions sur “Tristesses de la lune de Charles Baudelaire

  1. Lune d’azur au ciel de sable
    ————————–

    La lune bleue incite une âme à la paresse,
    Et je trouve que c’est conforme à la raison ;
    La rumeur du feuillage est comme une caresse,
    Un silence de rêve entoure la maison.

    Il est temps de songer à des enchanteresses
    Dont le charme éternel fut sans comparaison ;
    Il est temps de songer à des temps d’allégresse,
    Tandis que le jardin offre ses floraisons.

    Lune et poète sont deux entités oisives,
    Leur peine est éternelle et leur joie est furtive ;
    En écrivant cela, je tombe de sommeil.

    La ronde des saisons rassure une âme pâle,
    Surtout quand vient briller cette lune d’opale ;
    Seuls les hyperactifs préfèrent le soleil.

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