Je sais que tu sais de Gilly MacMillan

Hanté par le meurtre de ses deux amis d’enfance survenu vingt ans plus tôt, Cody Swift, un jeune réalisateur, revient sur les lieux du crime à Bristol. Bien décidé à faire la lumière sur les zones d’ombre qui persistent, Cody interroge les habitants et diffuse ses avancées dans un podcast, réveillant au passage de vieilles blessures et des traumatismes enfouis.
Quand un corps est retrouvé à l’endroit exact où ont été abandonné ceux des enfants des années plus tôt, l’enquête prend une nouvelle tournure. Le détective John Fletcher s’empare alors de ses dossiers poussiéreux et se replonge dans l’affaire. Les meurtres sont-ils liés ?
L’horloge tourne, et d’autres vies sont en danger…

Merci à NetGalley et les Éditions Escales pour ce partenariat.

Nous sommes à Bristol où le corps d’un homme est découvert, à l’endroit même où vingt ans auparavant, les corps de Scott et Charlie, deux enfants de dix et onze ans, ont été retrouvés.

Y-a – t-il un lien entre ces deux affaires ?

Cody, ami de Scott et Charlie, aurait dû être avec ses amis. Il fut puni par sa mère, ne fut pas autorisé à sortir avec eux. Il pense que celui qui fut accusé Sidney Noice, n’est pas coupable. Le récent suicide de Sidney le pousse à « réveiller » cette affaire, qui selon lui a été vite résolue.

Cody décide de lancer une série de podcasts pour faire toute la lumière sur le drame.

Certains ne semblent pas satisfaits que des éléments réapparaissent, ni l’inspecteur en charge de l’affaire, ni la mère de Charlie au comportement étrange. Certaines versions des faits passés paraissent contradictoires.

L’auteur nous présente un thriller psychologique , au rythme lent, avec des personnages complexes et intéressants.J’étais loin d’avoir trouvée le coupable. Le dénouement est surprenant.

Gilly Macmillan

ISBN : 2365694632
Éditeur : Éditions Les Escales (29/05/2019)

Il est d’étranges soirs…de Albert Samain

Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme,

Où dans l’air énervé flotte du repentir,

Où sur la vague lente et lourde d’un soupir

Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir.

Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme,

Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,

Où l’âme a des gaietés d’eaux vives dans les roches,

Où le cœur est un ciel de Pâques plein de cloches,

Où la chair est sans tache et l’esprit sans reproches.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,

Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître,

Le cœur, vieux de mille ans, s’assied sur son butin,

Où le plus cher passé semble un décor déteint

Où s’agite un minable et vague cabotin.

Il est de mornes jours las du poids de connaître,

Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

 

Il est des nuits de doute, où l’angoisse vous tord,

Où l’âme, au bout de la spirale descendue,

Pâle et sur l’infini terrible suspendue,

Sent le vent de l’abîme, et recule éperdue !

Il est des nuits de doute, où l’angoisse vous tord,

Et, ces nuits-là, je suis dans l’ombre comme un mort.

 

Samain, Albert, « Il est d’étranges soirs… », Au jardin de l’infante, Paris, Éditions de l’Art, 1936 [1893].