Sensation de Arthur Rimbaud

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Arthur Rimbaud, Poésies

Sur le seuil de Patrick Sénécal

II se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. La parution de ses romans d’horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ? Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme banal.

La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer peu à peu son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent.

Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses…

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Ce n’est pas souvent que je plonge dans un thriller fantastique, je dois dire que je fus happée par l’histoire et l’ai lue en peu de temps.

Le roman débute lentement. On découvre la vie d’un psychiatre, Paul Lacasse, le narrateur qui semble blasé de tout. Il envisage de prendre sa retraite prochainement.

Le cas ‘Thomas Roy » l’interpelle. Imaginez, le plus grand auteur de romans de terreur  du Québec est retrouvé chez lui, mutilé.L’auteur est dans un état catatonique. Il va être « interné » dans le service de ce psychiatre.

Agression, suicide ?

Le psychiatre avec sa collègue, fan de cet auteur  vont tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé. Ils découvrent des faits troublants,  inimaginables, des événements monstrueux. Les conséquences pourraient être terrifiantes.

L’auteur distille des pensées personnelles, une intéressante réflexion sur la croyance en la psychiatrie, sur la frontière entre la science, le surnaturel et la religion.

Maintenant, à vous de choisir, lecteurs, vous restez » sur le seuil « ou vous continuez votre lecture et vous plongez dans l’horreur.

Patrick Senécal – Éditeur : Bragelonne (24/10/2006)

-ISBN : 2352940052 

La maison des mensonges de Ian Rankin

Le corps d’un détective privé, porté disparu en 2006, est découvert dans une voiture cachée dans la forêt près d’Édimbourg. Un comble pour sa famille et pour la police locale car cette région avait à priori déjà été fouillée par les officiers à l’époque. L’inspecteur Siobhan Clarke reprend l’enquête et se voit obligée d’examiner les nombreuses erreurs commises par ses prédécesseurs. Les rumeurs d’incompétence et de corruption courent depuis toujours et à présent, plus de dix ans après, il est temps de découvrir la vérité. Tous les officiers en poste à l’époque sont interrogés et il s’avère que tout le monde a quelque chose à cacher. Même John Rebus…

Traduit de l’anglais par Freddy Michalski

Merci à NetGalley et aux éditions du Masque pour ce partenariat.

Rebus est un enquêteur bien connu, c’est la première fois que je le rencontre. Nous sommes en Écosse, dans l’univers de la police d’Édimbourg.  L’enquête est très complexe, le corps d’un détective privé va être découvert après plusieurs années de recherches vaines. L’enquête va être ré-ouverte. l’inspecteur Siobhan Clarke va être chargée de celle-ci.

Les personnages sont multiples, Rebus , bien qu’à la retraite , va à sa façon participer à l’enquête. Malcom Fox doit vérifier que l’enquête précédente menée par Rébus, avait été  complète. Un duo de policiers ripoux vient se mêler à celle-ci. Il ne faut pas perdre le fil de l’histoire, afin de juger tous les protagonistes.

J’ai trouvé l’intrigue bien menée, j’ai eu envie de savoir la fin de l’histoire. L’écriture est fluide, facile à lire. Cela me donne envie de connaître un peu plus cet auteur et de lire les précédentes enquêtes de Rebus.

éditeur : éditions du Masque – date de parution  : 29 mai 2019 –
ISBN : 2702449271

 

 

Challenge Polar et Thriller 2019/2020

Je renouvelle ma participation à ce challenge, qui est proposé par Sharon, du blog , Des livres et Sharon

Le challenge a commencé le 10 juillet 2019 et se terminera le 10 juillet 2020.

Sharon a écrit :

« Le principe du challenge ne change pas : lire des romans policiers, tous les romans policiers possibles et imaginables, que ce soit des romans, des romans noirs, des recueils de nouvelles, des thrillers, des romans policiers fantastiques, des romans historiques, des mangas, des bandes dessinées, des romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Bref, vous l’aurez compris, tous les genres, toutes les destinations sont permis, de l’Europe à l’Australie en passant par l’Amérique du Sud. Vous pouvez aussi lire l’oeuvre intégrale d’un auteur, vous concentrer sur un seul enquêteur, ne pas quitter votre pays de prédilection, peu importe, l’important est de prendre plaisir à lire. Oui, il ne faut pas l’oublier : lire est un plaisir avant tout de chose, et ce challenge me permet de partager ma passion pour les romans policiers. »

Voici les différentes catégories. Elles ne sont pas obligatoires, simplement des indications pour celles et ceux qui auraient envie de se fixer des objectifs :

– jusqu’à cinq livres lus : Imogène.
– de cinq à quinze livres lus : Montalbano.
de quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple.
– de vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur Sveinsson.
– de cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Jules Maigret.
– de soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.
– plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.

et enfin, la dernière catégorie, plus de deux cents livres lus : Lucky Sherlock, pour les personnes qui lisent plus vite que leur ombre.

Je choisis la catégorie ! Miss Marple .

 

Lundi, c’est poésie !

Ode au Saint-Laurent

Ce paysage est sans mesure
Cette figure est sans mémoire

J’écris sur la terre le nom de chaque jour
J’écris chaque mot sur mon corps

Phrase qui rampe meurt au pied des côtes

J’ai refait le geste qui sauve
Et chaque fois l’éclair disparut

Tu nais seul et solitaire ô pays

L’homme de mon pays sort à peine de terre
Et sa première lettre est un feuillage obscur
Et son visage un songe informe et maladroit
Cet homme fait ses premiers pas sur terre
Il s’initie au geste originel
Et ses poignets saignent sur la pierre sauvage
Et les mots écorchent sa bouche
Et l’outil se brise dans ses mains malhabiles

Et c’est toute sa jeunesse qui éclate en sanglots

Tout commence ici au ras de la terre
Ici tout s’improvise à corps perdu

Ma langue est celle d’un homme qui naît
J’accepte la très brûlante contradiction

Je suis la première enfance du monde
Je crée mot à mot le bonheur de l’homme
Et pas à pas j’efface la souffrance
Je suis une source en marche vers la mer
Et la mer remonte en moi comme un fleuve
Une tige étend son ombre d’oiseau sur ma poitrine
Cinq grands lacs ouvrent leurs doigts en fleurs
Mon pays chante dans toutes les langues

Je vois le monde entier dans un visage
Je pèse dans un mot le poids du monde

Gatien Lapointe
Ode au Saint-Laurent

 

Photo personnelle @Claude

 



Le lundi, c’est poésie !

Petite mappemonde

Petite mappemonde

Les frontières accumulées
Se dissolvent à l’escale
Dans la nuit nouvelle
Qui recompose le monde

Mon pays porte le nom douloureux de mon amour
Ma ville est celle qui se donne
Aux parfums inégaux
Aux filles de même famille

Feux rouges feux verts
Ici partout ailleurs
Et des visages de fausse promesse
Parfois un corps d’allégresse
Détendu
Comme un noyé qui remonte les étages de la mer
Une pierre une borne un amer
Une pagée de plus le long de la route

Était-ce à Montréal à Paris à Amsterdam
À Copenhague à Florence peut-être

Que de mensonges derrière nous
Comme des globules inséparables
Le lever du jour la femelle le printemps

Que vienne la pluie sur mon espoir
Pour que les mains tendues au-dessus de la vague
Se rejoignent enfin
Dans le silence qui suit la parole

Jean-Guy Pilon

Jean-Guy Pilon est un poète québécois né à Saint-Polycarpe dans la presqu’île de Vaudreuil-Soulanges le 12 novembre 1930.

 

Le Lundi, c’est poésie !!

Speak white


il est si beau de vous entendre
parler de Paradise Lost
ou du profil gracieux et anonyme qui tremble
dans les sonnets de Shakespeare

nous sommes un peuple inculte et bègue
mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue
parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et
Keats
speak white
et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse
que les chants rauques de nos ancêtres
et le chagrin de Nelligan

speak white
parlez de chose et d’autres
parlez-nous de la Grande Charte
ou du monument de Lincoln
du charme gris de la Tamise
De l’eau rose du Potomac
parlez-nous de vos traditions
nous sommes un peuple peu brillant
mais fort capable d’apprécier
toute l’importance des crumpets
ou du Boston Tea Party
mais quand vous really
speak white
quand vous get down to brass tacks

pour parler du gracious living
et parler du standard de vie
et de la Grande Société
un peu plus fort alors
speak white
haussez vos voix de contremaîtres
nous sommes un peu dur d’oreille
nous vivons trop près des machines
et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

speak white and loud
qu’on vous entende
de Saint-Henri à Saint-Domingue
oui quelle admirable langue
pour embaucher
donner des ordres
fixer l’heure de la mort à l’ouvrage
et de la pause qui rafraîchit
et ravigote le dollar

speak white
tell us that God is a great big shot
and that we’re paid to trust him
speak white
c’est une langue riche
pour acheter
mais pour se vendre
mais pour se vendre à perte d’âme
mais pour se vendre

ah! speak white
big deal
mais pour vous dire
l’éternité d’un jour de grève
pour raconter
une vie de peuple-concierge
mais pour rentrer chez-nous le soir
à l’heure où le soleil s’en vient crever au dessus des ruelles
mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
chaque jour de nos vies à l’est de vos empires
rien ne vaut une langue à jurons
notre parlure pas très propre
tachée de cambouis et d’huile

speak white
soyez à l’aise dans vos mots
nous sommes un peuple rancunier
mais ne reprochons à personne
d’avoir le monopole
de la correction de langage

dans la langue douce de Shakespeare
avec l’accent de Longfellow
parlez un français pur et atrocement blanc
comme au Viet-Nam au Congo
parlez un allemand impeccable
une étoile jaune entre les dents
parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression
speak white
c’est une langue universelle
nous sommes nés pour la comprendre
avec ses mots lacrymogènes
avec ses mots matraques

speak white
tell us again about Freedom and Democracy
nous savons que liberté est un mot noir
comme la misère est nègre
et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

speak white
de Westminster à Washington relayez-vous
speak white comme à Wall Street
white comme à Watts
be civilized
et comprenez notre parler de circonstance
quand vous nous demandez poliment
how do you do
et nous entendes vous répondre
we’re doing all right
we’re doing fine
We
are not alone

nous savons
que nous ne sommes pas seuls.

Michèle Lalonde
Speak white

Michèle Lalonde est une écrivaine, poète, dramaturge et essayiste québécoise née à Montréal, le . Ses ouvrages se concentrent sur l’identité québécoise.

Elle a écrit le fameux poème Speak White en 1968, crée dans le cadre des récitals Poème et Chants de la résistance, qu’elle lut à La Nuit de la poésie 27 mars 19701, fondé sur l’injure utilisée par les anglophones envers les francophones du Canada quand la langue française était utilisée en public. (Wikipédia)

Le Lundi, c’est poésie !

Le poète de ce lundi est né dans le pays  où je suis actuellement en vacances. Mes poésies du mois seront québecoises et canadiennes.

Il y a certainement quelqu’un

Il y a certainement quelqu’un
Qui m’a tuée
Puis s’en est allé
Sur la pointe des pieds
Sans rompre sa danse parfaite.

A oublier de me coucher
M’a laissée debout
Toute liée
Sur le chemin
Le cœur dans son coffret ancien
Les prunelles pareilles
À leur plus pure image d’eau

A oublié d’effacer la beauté du monde
Autour de moi
A oublié de fermer mes yeux avides
Et permis leur passion perdue

Anne Hébert, Le tombeau des rois, 1953,
Paris, © Les Éditions du Seuil, 1960.

Anne Hébert, née le à Sainte-Catherine de Fossambault, et morte le à Montréal, est une écrivaine, poétesse, dramaturge et scénariste québécoise.

La fête du Canada1, aussi appelé le Jour de la Confédération, est un jour férié commémorant la date de formation de la fédération canadienne. C’est la reine Victoria, alors reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, qui a, le 22 mai 1867, pris une proclamation fixant la date de formation au 1er juillet 1867.(Wikipédia)

J’aime beaucoup cette chanteuse canadienne, bonne écoute !