Carnaval noir de Metin Arditi

Metin Arditi nous propose un voyage dans le temps  à Venise. Deux intrigues dans un même lieu, l »une se passant en 1575, et l »autre de nos jours.

« Janvier 2016 : une jeune étudiante à l’université de Venise est retrouvée noyée dans la lagune. C’est le début d’une série d’assassinats dont on ne comprend pas le motif. Elle consacrait une thèse à l’une des principales confréries du XVI  siècle, qui avait été la cible d’une série de crimes durant le Carnaval de Venise en 1575, baptisé par les historiens « Carnaval noir « 

Benedict Hugues, professeur de latin médiéval à Genève, découvre une lettre cachée dans un manuscrit, qui évoque un attentat en 1575. Cette lettre est très convoitée, et des faits similaires ont lieu de nos jours.

Les deux intrigues sont liées., l’auteur passe d’une époque à l’autre.Mais pourquoi, quel en est donc le motif, quel message est retranscrit ?

Il faut que l’Eglise retrouve sa place. Il faut supplanter le pape, jugé actuellement trop souple, favorable à la venue des migrants.  Pour cela il faut faire quelque chose, terroriser la population, frapper fort. Deux actions sont prévues, et qui va les mener ? Il faut chercher  des islamistes  toujours prêts à mourir en martyr.

De nombreuses informations sont diffusées.

L’histoire dans l’Histoire est intéressante, Métin Arditi sait conter mais ce fut un bon moment de lecture, je n’en garderai pas un souvenir mémorable.

Carnaval noir – Metin Arditi – Grasset -Nombre de pages : 400 -Date de parution : 16 août 2018

 

 

 

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Vieille ferme à la Toussaint de Emile Verhaeren

Vieille  ferme à la Toussaint

La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
Les feuillages fanés des frênes et des aunes.

Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
Et qui, de père en fils, longuement s’éreintèrent,
Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la terre,
A secouer la plaine à grands coups de labeur.

Puis elle songe encor qu’elle est finie et seule,
Et que ses murs épais et lourds, mais crevassés,
Laissent filtrer la pluie et les brouillards tassés,
Même jusqu’au foyer où s’abrite l’aïeule.

Elle regarde aux horizons bouder les bourgs ;
Des nuages compacts plombent le ciel de Flandre ;
Et tristement, et lourdement se font entendre,
Là-bas, des bonds de glas sautant de tour en tour.

Et quand la chute en or des feuillage effleure,
Larmes ! ses murs flétris et ses pignons usés,
La ferme croit sentir ses lointains trépassés
Qui doucement se rapprochent d’elle, à cette heure,
Et pleurent.

Emile Verhaeren, Toute la Flandre

Un bain de forêt de Eric Brisbare

Ce jour, je vous emmène dans la forêt. « Un bain de forêt « , cela vous dit, alors suivez – moi..

Les bains de forêt, « Shinrin-yoku » en japonais, sont un traitement naturel très populaire au Japon pour se débarrasser du stress quotidien en allant se ressourcer et méditer en pleine nature.

La Nature nous entoure, mais savons-nous en tirer les bienfaits ? Eric Brisbare nous en vante tous les aspects.  L’auteur de ce livre est un spécialiste de la sylvothérapie. Il vous invite à faire corps avec les arbres pour se ressourcer : choisir un arbre, le saluer, accoler son buste et ses jambes à son tronc, l’explorer et le caresser, le regarder au plus près, écouter le bruit de l’écorce au passage de sa main, le respirer et même le goûter.

Il partage dans ce livre ses connaissances, et nous dévoile les secrets bienfaisants des arbres pour notre santé.

J’ai aimé parcourir les pages de ce livre et découvrir les conseils . Il nous enseigne comment « ressentir  » la forêt, mettre nos sens en éveil. La forêt nous « déstresse ». En pleine forêt, il est recommandé d’inspirer à plein poumons l’air naturellement riche d’huiles essentielles, les odeurs de mousses, d’écorces, de feuilles mortes… Mais aussi de toucher les arbres et les pierres, d’écouter son propre corps, de se laisser guider par son instinct, de s’arrêter simplement quand l’envie nous en prend . Il n’est pas utile d’aller en pleine forêt, juste dans un parc, loin des bruits de la ville.

Eric Brisbare nous présente quelques arbres en citant toutes leurs vertus. Il nous propose aussi quelques exercices que nous pouvons pratiquer en forêt.

« Le contact avec les arbres nous donne une belle inspiration, une leçon de résilience: rien n’est jamais gagné et l’arbre pousse malgré les épreuves. »

Un bain de forêt – Eric Brisbare- Marabout – ISBN 978501133999 -mars 2018

Dix – sept ans de Eric Fottorino

Une mère, Lina invite ses trois enfants et leur famille pour un déjeuner dominical . Et là elle évoque des souvenirs, des faits vécus et cachés aux yeux de ses enfants. Une enfant mise au monde , et placée, on ne sait où ?

« J’ai mis au monde une petite fille. On me l’a enlevée aussitôt. Je n’ai pas pu la serrer contre moi. »

Puis, quelques années plus tard, Lina met au monde, un enfant qu’elle nommera Eric . Son père est juif marocain  il ne le reconnait pas. La vie de Lina est dévoilée, les frères d’Eric sont touchés par cette révélation. Eric reste de marbre. Chacun va reprendre sa vie, sauf Eric, il n’est plus le même. Il veut comprendre. Pour cela, il va partir quelques jours dans la ville où il est né, Nice. Une ville qu’il ne connait pas, sa mère et lui l’ont quittée peu après sa naissance pour Bordeaux, leur berceau familial.

Eric va découvrir cette ville. Il imagine cette femme à dix-sept ans, arpentant les rues de Nice. Cette femme, qui est sa mère et qu’il a du mal à appeler « Maman ». Il y a cette mère, mais aussi  » l’absente », celle qui a peu existé, une ombre présente, qui empêche peut-être une relation forte entre ces deux êtres. Il va se rendre au petit village d’Ascros où elle logeait, marchant à la rencontre de cette femme qu’il ne connaît pas. Il retrouve ceux qui l’ont connue. Il imagine sa vie seule, espérant peut-être le retour de celui qu’elle a aimé.

Il va alors comprendre la personnalité de sa mère. Mis au jour, les secrets, les blessures n’ont plus le même poids. Le fils trouve alors en lui la force de témoigner la tendresse à sa mère, et de lui prouver son amour.

Ce roman est une quête identitaire. La plume d’Eric Fottorino est magique, elle sait dire les mots, les enveloppe afin de nous livrer un portrait de femme meurtrie, blessée.

Et la fin de ce roman est ..Lisez le et vous saurez !

Dix-sept ans – Eric Fottorino – Gallimard – ISBN :9782070141128- Parution juin 2018

Saisir l’instant d’Esther Granek

Saisir l’instant

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

Esther Granek est une poétesse belge de langue française. Auteur-compositeur de chansons, poèmes, ballades, textes d’humeur et d’humour, elle a publié plusieurs recueils. (source Wikipédia).