Poésie du lundi, mois de l’Europe de l’Est

Poète Russe : Anna Akhmatova

Courage

Nous savons ce qui maintenant est en balance
Et ce qui maintenant s’accomplit.
Nos horloges sonnent l’heure du courage,
Et le courage ne nous abandonnera pas.
Il n’est pas terrible de tomber sous les balles,
Il n’est pas amer de rester sans toit,
Et nous te garderons, langue russe,
Immense parole russe.
Nous te porterons libre et pure,
Nous te transmettrons à nos descendants,
Et nous te sauverons de la captivité,
À jamais.

Extrait de Requiem : Poème sans héros

Anna Akhmatova est née à Odessa le 23/06/1889. Elle est une des plus importantes poétesses russes du XXe siècle. Égérie des acméistes, surnommée la « reine de la Neva » ou « l’Âme de l’Âge d’Argent », Anna Akhmatova demeure aujourd’hui encore l’une des plus grandes figures féminines de la littérature russe.

Elle étudie le droit à l’Université de Kiev puis la littérature et l’histoire à Saint Pétersbourg. Très jeune, elle y fréquente salons et cafés littéraires, publie des vers dans les revues. Ses premiers livres, Soir (1912), Chapelet (1914) rencontrent un accueil fervent. Réservée à l’égard de l’inspiration idéologique de la révolution, Akhmatova refuse cependant de suivre dans l’émigration ou l’opposition, la plupart des écrivains de sa tendance.

En 1922, sa poésie est interdite de publication par les autorités soviétiques. Elle continue toutefois à écrire et vit de traductions (notamment celles de V. Hugo ou de R. Tagore).

Après la mort de Staline, en mars 1953, Anna Akhmatova est lentement réhabilitée et réapparaît progressivement sur la scène littéraire soviétique. Elle poursuit alors la composition de ses ouvrages les plus importants, Poèmes sans héros et Requiem, des œuvres en hommage aux victimes de la terreur stalinienne.

Elle s’éteint le 5 mars 1966 à Moscou.