Janvier de François Coppée

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

François Coppée– les mois.

 

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12 réflexions sur “Janvier de François Coppée

  1. Bonjour Claude,

    Aujourd’hui je suis allée signer des exemplaires de mon roman destinés à des journalistes ou blogeurs chez Denoël. Je leur ai parlé de toi et ils voudraient t’envoyer un exemplaire de mon roman puisque tu en as parlé très gentiment. As tu une adresse postale à qui ils peuvent l’envoyer si tu le souhaites ? J’en profite pour te faire un bisou Nath

    J'aime

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